10 - 13 SEPTEMBRE 2013 – J+43 à J+46 – Belogradtchik SPITZKOPPE, BLUE MOUNTAINS, TALAMPAYA... ON EST OU LA ?!

 

Comme papa dans maman !

 

Si vous avez suivi les épisodes précédents (plus de carte grise pour notre T4), vous vous douterez qu'on s'est approchés de la frontière un peu en stress. Ben oui, parce que la Roumanie et la Bulgarie, ça a beau être l'Europe, c'est pas encore tout à fait ça quand même ! Pas d'Espace Schengen qui ne tienne ici. Alors la vision de la petite guerrite roumaine nous a mis un peu le palpitant à l'épreuve. Mais à peine avions-nous dit au revoir au douanier roumain que nous tombions une cinquantaine de mètres tout au plus sur sa comparse bulgare. Et après, un simple contrôle des passeports avec le sourire et un grand « merci » (ici, ils disent merci, comme nous – ça vient d'un soldat français de la guerre 14-18), nous entriions au pays des yaourts ! Sur le coup on en revenait tellement pas qu'on lui a demandé s'il y avait un autre poste à passer plus loin. Mais absolument pas... Vulgairement, on pourrait dire qu'on est rentrés en Bulgarie comme papa dans maman ! Mine de rien, ce fut un sacré soulagement, trois semaines de gagnées. On verra fin septembre pour la suite. A chaque jour suffit sa peine !

 

 

Cœur de pierre

 

Et non seulement, notre arrivée s'est déroulée sans accroc mais en plus, notre première épate sur le chemin de Sofia, sélectionnée presque par hasard, s'est révélé une super surprise ! Et peut-être qu'avec le recul, ce sera un de nos points forts du pays. Du coup, on s'est accordés une nuit de plus, histoire de souffler un peu et de remettre le site à jour, faire une lessive... Bref, remettre les compteurs à zéro avant d'embrayer pour un second pays ! Peut-être souhaitez-vous quelques explications sur ce charmant village enclavé qu'est Belogradtchik. Prenez une belle région montagneuse, parez-la de la plus subtile palette de couleurs automnales, clairsemez de somptueux pitons rocheux de grès rouges errodés par le temps... Vous obtenez le mélange que l'on a eu le plaisir de parcourir à pied et en voiture. En observant certaines parois, on n'a eu un petit pincement au cœur, une petite nostalgie de notre passage à Spitzkoppe en Namibie (pour ceux qui avaient suivi, c'est le parc où on avait posé notre tente au pied d'un énorme bloc de pierre rouge). Bon, je vous en dis pas plus, allez voir la case « photo », Ander s'en est donné à cœur joie ! Pour la petite histoire, la légende dit qu'à une époque ancienne, une nonne résidant dans le monastère, avait séduit par sa beauté incroyable, un chevalier. Il se dit qu'un jour, des cris d'enfant ont résonné dans l'enceinte religieuse et que découvrant le fruit de leur amour, la mère supérieure se mit en colère et la chassa immédiatement sans aucune vivre ni baluchon. Epouvanté par cette expulsion tragique, le chevalier voulut sauver sa belle. S'ensuivirent des réactions mouvementés dans le village. Face à ce vacarme, Dieu décida d'intervenir et déchaîna les éléments. Tout ce petit monde fut alors transformé en pierre. C'est ainsi que l'on parcourt les chemins balisés à la recherche de la « Madone » (la nonne protégeant son enfant), du « chevalier », de la « religieuse » et que l'on visite la sublime forteresse.

 

 

 

13 - 14 SEPTEMBRE 2013 – J+46 à J+47 – Sofia UN « FREE SOFIA TOUR » DYNAMIQUE ET INSTRUCTIF

 

Bien que capitale du pays, Sofia n'en a pas vraiment l'allure. Toute son histoire semble concentrée dans une circonférence totalement acessible à pied. Aussi, son ambiance lui confère plutôt des airs d'une ville de province. Nous y sommes arrivés un vendredi soir et les rues étaient d'un calme olympien, peut-être aussi à cause du déluge qui s'est abattu ce soir-là ! En tout cas, seul un ou deux resto semblaient concentrer à eux tous seuls la population des environs. Même le lendemain, la principale rue commerçante n'étouffait pas de monde malgré les rayons de soleil ! Pourtant, elle regorge de beaux bâtiments et affiche une architecture agréable à regarder. Et c'est en compagnie d'une initiative associative, Free Sofia Tour (visite guidée de 2 heures et on paie à la fin ce qu'on veut), dont nous ne pouvons que saluer le peps, la fraîcheur et le professionnalisme, que nous avons parcouru les plus belles pièces des lieux. Grâce à notre jeune guide bénévole, nous avons appris de drôles de faits historiques, comme par exemple, l'attentat manqué envers le tsar Boris Ier parce que les Bulgares ont le « défaut » d'être en retard, et que, ce monarque, à l'image de son peuple, s'était rendu avec quelques minutes de décalage à des funérailles dans l'église Sveta Nedelya où une gentille bombe posée par les Russes l'attendait. On a aussi bien rit lorsque pour nous enseigner l'histoire contemporaine bulgare (le troisième royaume), elle a demandé à des volontaires de bien vouloir représenter un germanique (1° monarque), un autrichien (2° après élimination du 1°), une italienne (pour prouver que le 2° monarque n'était pas homosexuel), deux bulgares (les fils de l'autrichien et de l'italienne dont le 1°, Boris 1er est celui qui a échappé à l'attentat, sauvé des milliers de juifs pendant la 2° guerre mondiale malgré l'accord de coalition entre la Bulgarie et l'Allemagne et reste adulé par son pays) et un communiste (pour lequel devinez qui s'est porté volontaire avec ta belle barbe mal taillée : Ander!). Très intelligente formule pour faire retenir la leçon ! La preuve, je m'en souviens encore même plusieurs jours après ! Aller, une dernière pour la route. La statue de Sofia qui trône sur la place centrale n'a absolument pas donné son nom à la ville comme la plupart des guides le disent aux touristes. En fait, elle est arrivée bien après la nouvelle dénomination. C'est en fait, l'église Sainte-Sophie, située à quelques rues de là, à qui elle doit son nom. Lorsque les populations arrivaient vers la ville, cette église située sur une butée était ce qu'ils apercevaient en premier, s'exclamant donc : « nous y sommes presque, nous voyons Sainte-Sophie ». Et hop, nous y voilà : Sofia !

 

14 - 16 SEPTEMBRE 2013 – J+47 à J+49 – Koprivshtitsa – Troyan VILLE-MUSEE & MONASTERE – ACTE I

Aux armes citoyens !

 

Phénomène que nous ne connaissions pas avant de venir en Bulgarie, la ville-musée est un concept plus que répandu en Bulgarie. Il s'agit de ville ou village regroupant un nombre important de monuments historiques et/ou architecturaux et dont certaines ou la plupart des maisons ont été transformée en musée, comme son nom l'indique.

 

Parmi ces villes-musée, Koprivshtitsa (à vos souhaits) est la plus grande et la plus colorée (on le verra plus tard mais la plupart de ces lieux ont les murs blancs). Elle est aussi la plus représentative d'un point de vue historique puisque c'est ici qu'a retenti le premier coup de fusil de l'insurrection contre les Turcs en 1876 ! Il faut dire que ses ruelles concentraient à l'époque une quantité non négligeable de chefs de file de la Révolution ! Paradoxalement, il s'agissait d'une bourgade où il faisait bon vivre, où les richesses ne manquaient pas et où les notables avaient su payer (monnaie sonnante et rébuchante à la clé) les largesses du régile ottoman. Enfin, c'est souvent comme ça, l'éducation (r)éveille les esprits !

 

De notre avis, nous avons bien fait de demander un guide pour visiter les maisons, sans quoi, nous n'aurions rien pipé de ce pan de l'Histoire bulgare. Maintenant, nous pouvons nous enorgueillir de citer Benkovski, Levski ou encore Kablechkov comme des potes d'enfance !

 

 

Quelques grammes de finesse (monacale) dans ce monde de brutes

 

C'est pas que nous ne soyons pas révolutionnaires dans l'âme (certains nous ont bien surnommés Bonnie & Clyde) mais aller calmer toute cette tension revendicatrice dans le troisième plus grand monastère du pays nous a apporté quelques instants de sérénité. Bon, on a fait ça vite fait quand même, histoire de ne pas perdre notre âme, mais cette petite heure au milieu des balcons enchevêtrés d'escaliers avec vue sur l'église joliment sobre nous a aussi permis de traverser le massif du Balkan (oui, oui, celui qui donne son nom à la région de tous ces petits pays qu'on a toujours du mal à situer sur une carte). Et de faire la connaissance forte utile d'une très gentille bulgare habitant en Espagne depuis 17 ans (cf. article sur les dodos en Bulgarie).

 

16 SEPTEMBRE 2013 – J+49 – Kazanlak EN PARFUM DE ROSE... FANEE

 

A se retourner dans sa tombe

Après notre petit tour dans l'intérieur du Balkan, nous avons prolongé dans la vallée. Et pas n'importe quelle vallée puisqu'il s'agit de la Vallée des Roses ! Rien que le nom, ça en jette nom ?! Sauf que ça doit en jeter vraiment qu'en mai-juin, au moment de la récolte. Entre temps, la cuvette jaunie entre deux aplombs montagneux est agréable mais n'a pas la « gueule » qu'elle a sur les photos que l'on voit partout. Du coup, on a décidé de pas trop s'attarder et de filer directement à sa capitale, Kazanlak. Capitale qui possède en plus à son actif, un Patrimoine Mondial de l'Unesco et vous l'aurez compris, nous les Patrimoines de l'Unesco, on aime ça ! Il s'agit d'une tombe thrace datant du III° siècle avant J.C. ! Nous voilà donc au pied d'un énorme escalier qui mène à la tombe... Enfin, à sa réplique, l'originale étant préservée (ouais bon si on débourse quelques Lev en plus ils ouvrent la orte tout de même...). Bon, un peu déçus de ne pas voir la vraie, on reste quand même fair-play, après tout, il faut bien le préserver ce patrimoine ! On s'avance donc vers la copie, paye notre entrée, lit le panneau d'explication (en français pour une fois), entre dans la tombe et en ressort... Tout ça en, sans exagérer, 10 minutes top chrono ; et encore, la dame de l'entrée a été un peu longue à nous rendre la monnaie ! Certes, les fresques au plafond étaient très belles mais bon, l'ensemble doit faire 2m² à peine. Je pense qu'on ne rentre pas à 3 personnes adultes en même temps (heureusement qu'on est 2 et demi) ! On en retiendrait presque sa respiration pour ne pas entendre l'écho tellement il résonne. Par chance, nous y étions hors saison, parce que s'il avait fallu faire la queue (ce qui est le cas en plein été) pour voir ça... Non, ça l'aurait pas fait ! Ander qui se tâtait à payer les droits photo a été soulagé d'avoir eu la bonne intuition d'attendre de voir. Et sans regret, c'est pour dire... Bon, pour les puristes, bien sûr, c'est un lieu intéressant mais faut être fans ! Et là, a priori, on l'a pas été !

 

Un musée qui cocote

 

Un peu frustrés de notre découverte archéologique limitée, on a vite enchaîné avec le musée de la Rose. Après tout, on est quand même dans la capitale de la Rose ! Plus de 80% de l'huile de rose proviennent d'ici. C'est pas rien quand même ! Et bien, apparemment, c'est pas tant que ça pour en faire un véritable musée. Non, là, je pousse un peu mais franchement, on a presque failli le louper ce foutu musée tellement il est pas mis en valeur et on a même hésité à entrer dans l'enceinte en voyant la décrépitude des bâtiments. Alors, quand on nous a fait descendre dans un sous-sol pour la visite, on a fait nos prières, ça y est, le coupe-gorge, c'est là ! Je plaisante. On s'est pas senti en danger une seconde, on a juste eu l'impression de rentrer dans de la naphtaline... En même temps, les panneaux explicatifs étaient clairement d'une autre époque. Bon, on a quand même appris qu'il faut 3500 kg de rose pour 1 litre d'huile (5000 kg pour les roses blanches) et que la récolte doit s'effectuer le matin parce que la fleur peut perdre jusqu'à 50 % de son essence dans la journée. Et puis, on s'est bien amusés à commenter la salle entière réservée à l'élection de Miss Rose. Franchement, la mode des années 80, c'était... original, dirons-nous ! Finalement, Kazanlak, heureusement que c'était sur la route...

 

16 - 17 SEPTEMBRE 2013 – J+49 à J+50 – Etara – Tryavna VILLE-MUSEE – ACTE II & III

On avait laissé notre expérience des villes-musée à Koprivshtitsa il y a de cela quelques jours avec un petit goût de reviens-y. Ca tombait bien puisqu'on allait remettre le couvert avec cette fois-ci deux sessions pour le prix d'une : Etara puis Tryavna.

 

 

 

Une reconstitution bien effectuée

 

En fait, Etara n'est pas exactement une ville-musée puisqu'il s'agit d'une reconstitution d'un village de la Renaissance nationale Bulgare et de sa vie artisanale. Autrement dit, un musée en plein air. C'est sûr que tout est figé dans le temps et qu'il est inutile d'y vouloir trouver la préservation d'antan avec la vie d'aujourd'hui. Mais, c'est vraiment bien fait : le moulin à eau qui dégouline, le moulin à foulon prêt à battre la laine ou encore le moulin « machine à laver » (qui avec l'aide d'un batôn et la force centrifuge de l'eau qui tourne montre clairement comment fonctionne l'un de nos appareils électroménager le plus utile). Pour une fois, l'arrière-saison nous a déservis puisque la plupart des ateliers étaient fermés et nous n'avons pu qu'entrapercevoir le travail de sculpture sur bois ou de l'argent. On aurait bien aimé observer le faiseur de cloches ! On peut pas toujours tout avoir.

 

Ville-musée pour session shopping décalée

 

Revigorés de cette balade champêtre, on était sur le point de manquer le second « ensemble architectural et ethnographique » comme ils disent ici. Faut dire qu'on est arrivé à Tryavna par les derrières et qu'on a pas vu l'ampleur des lieux de suite. Mais c'était sans compter sur l'acharnement photographique d'Ander à repérer les jolies maisons... Et grand bien lui en a pris puisque la simple petite rue qu'y s'offrait au départ à nous a déboucher sur la plus jolie ville-musée que nous ayons vu jusqu'à maintenant. Ni trop, ni pas assez, on s'est bien plu à fouler ses pavés et goûter ses mets. On s'y est même offert une séance shopping pour le moins surprenante : une cargaison de petits pots Hipp qu'on n'avait jamais trouvé auparavant (même pas en France!) pour le choupette et une superbe Tour Eiffel métallisée pour nous (nostalgie, quand tu nous guette!).

 

17 - 20 SEPTEMBRE 2013 – J+50 à J+53 – Veliko Tarnovo VAUBAN N'A QU'A BIEN SE TENIR !

L'Histoire en « Sons et lumières »

 

Veliko Tarnovo restera certainement un de nos points forts en Bulgarie. C'est sûr, le confort de notre petit camping « grande classe » (cf. encart spécial) aura eu de l'influence sur notre ouverture d'esprit mais c'est surtout parce que cette ancienne capitale de la Bulgarie médiévale est purement et simplement belle. Etalée en terrasse à flanc de collines et parcourue sinueusement par la rivière Yantra, son environnement est plus que séduisant. Pas étonnant que ses ruelles étroites et ses maisons perchées attirent bon nombre de visiteurs ! Mais là, notre copine l'arrière-saison a de nouveau jouée en notre faveur. Juste ce qu'il fallait d'animation et de touristes pour profiter notamment de l'attraction phare de la ville (il faut un minimum de participants!) : le « sons et lumières » sur la forteresse. Ben ouais, celle-ci, on vous en avait pas encore parlé (quoi que le titre était un sérieux indice) mais c'est le clou du spectacle de Véliko ! En un mot : majestueuse ! La colline de Tsarevets (c'est son nom, cherchez pas plus loin) rassemble d'importants vestiges d'un complexe fortifié consolidé à différentes époques, du II° avant J.C. par les Thraces aux Ottomans au XIV° siècle de notre ère. D'ailleurs, le « sons et lumières » (ce n'en est que mon interprétation) semble relater l'histoire mouvementée des lieux. Les plateaux lumineux alternent les tonalités multicolores (avec une dominante froide bleu-violette) symbolisant l'occupant, avec des sessions purement rouges, blanches et vertes (les couleurs du drapeau bulgare). Le tout ponctué de spots blanchâtres crépitant sur fond de musiques à consonnante milito-nationaliste. Encore une leçon d'histoire originale !

 

Ville-musée – Entracte (ou comment rater l'Acte IV)

 

Réputé immanquable par la qualité de la conservation de son architecture, Arbanassi, village-musée, située à quelques kilomètres de Véliko Tarnovo, nous a plutôt laissé sur notre faim. Indéniablement, les maisons sont somptueuses. Des soubassements en moellons digne des belles citadelles, des étages supérieurs blanchis à la chaux, miroirs idéals pour refléter l'ondulation de l'eau des piscines, une vue imprenable sur la forteresse de Véliko... Que demander d'autre ?! Pas difficile, plus d'authentisme ! Certes, les maisons sont magnifiques mais il s'agit soit d'hôtels, soit de restaurants, soit de maisons privées impénétrables. Alors, quand les murs blancs commencent à se noircir de pancartes publicitaires, que la hauteur des enceintes n'offrent aucune vision sur les habitations, que les rues sont encombrées de bus de 53 places blindés de touristes, tout ce joli village peut-être bien sympathique autrefois, nous donne simplement envie de... déguerpir !

 

ENCART SPECIAL « DODOS BULGARES »

 

Si en Roumanie, on rêvait de se faire une ou deux nuits à la sauvage, en Bulgarie, c'est plutôt la recherche (enfin, surtout la trouvaille) d'un bon vrai camping qui nous anime ! Faut dire qu'ici, les campings sont plus que sporadiques ! Si à Belogradtchik, nous avons eu la chance de découvrir le seul, rustique mais existant, de la région, notre arrivée à Sofia nous a mis dans le bain pour la semaine à suivre. Le camping ?! A une vingtaine de kilomètres de la capitale dans la direction opposée à notre programme. Et lorsque nous avons creusé auprès de l'Office du Tourisme, le Monsieur nous a dit qu'on pouvait dormir sur n'importe quel parking ouvert 24h/24, du moment qu'on paie. C'est la pratique locale. Pour la douche, bien sûr, on reviendra et pour les WC, et bien, il a fallu calculer avec les pauses café et les repas au restaurant ! La classe, non ?! Là, pour le coup, heureusement qu'Oihana a encore des couches ! Et les haltes suivantes, même campagnardes ne se sont pas révélées plus brillantes ! Une négociation avec un hôtel vide (c'est la basse saison) pour squatter le jardin, une rencontre avec une bulgare habitant en Espagne depuis 17 ans qui nous a gentiment accueilli en bordure de sa maison et de nouveau une négociation avec un hôtel pour cette fois-ci pouvoir rester sur leur parking. Bien sûr, il y a des espaces libres partout mais plusieurs fois, on nous a averti sur les dangers des chiens et des jeunes qui boivent ou se droguent. Vu qu'on a déjà donné sur les anecdotes désagréables, on préfère dorénavant se la jouer sage.

 

Par contre, notre escale dans l'une des plus belles villes de Bulgarie, Veliko Tarnovo, nous a prouvé qu'ils peuvent exister et, on ne sait pas ceux que seront les autres mais celui-là, il était à tomber. On a été stupéfiés par la « family room », douche géante avec baignoire pour enfant et pot rehausseur. Sans parler des classiques comme la cuisine avec bouilloire intégrée ou encore la « laundry » avec machine à laver, sèche-linge et fer à repasser. Le tout dans une propreté inouïe : il faut se déchausser pour entrer dans l'espace douche ! Franchement, on peut faire un effort entre deux camps si ils sont tous comme ça !

 

20 - 21 SEPTEMBRE 2013 – J+53 - J+54 – Madara – Balchik – Albena – Varna LA COTE AUX DEUX VISAGES

Après le centre du pays, il était temps pour nous d'aller se la dorer un peu du coté de la Mer Noire. Depuis le temps que les brochures touristiques récoltées à l'OT (Office du Tourisme pour les novices) trônent dans nos vides poches et nous lorgnent avec leurs images de soleil, de sable fin et de mer sur fond de ciel bleu ! Et puis pour éclaircir enfin une question qui nous tarraude... peut-être à vous aussi... : la Mer Noire est-elle noire ?!

 

Parce qu'on est franchement trop bon !

 

Bien sûr, on n'y est pas allé en ligne droite directe, sans passer par les biais détournés. C'est pas notre genre. Alors, on a profité des kilomètres pour visiter un... Patrimoine Mondial de l'Unesco ! Yep, un de plus ! Et bien, hormis alimenter notre liste qui commence à devenir honorable, on aurait pu une fois de plus s'en passer. Bon, c'est sûr, c'était un joli cavalier taillé dans la roche à plus de 20 mètres de haut, dans un environnement bucolique rempli de grottes mais voilà, c'était un peu tout. Un peu comme Kazanlak, certainement trop pointu historiquement pour nous. Maintenant, y'en a un pour qui ça a été une aubaine que l'on y vienne et surtout qu'Ander parte un peu se balader à flanc de falaise. Qui ça ? Un parfait inconnu pour nous (et qui le restera) mais un heureux ex-futur propriétaire d'un HTC égaré sur un chemin. C'était pas gagné d'avance mais 1. le téléphone était débloqué et donc on a pu appeler un numéro au hasard, 2. on a réussi à trouver quelqu'un au bout du fil qui parlait anglais, 3. on a pu le laisser à l'accueil du site pour qu'un ami du proprio puisse venir le récupérer et 4. c'était pas un Wiko parce que sinon, on aurait peut-être hésité ;-) Non, on est trop honnêtes pour ça ! Et rien que de penser au pincement au cœur d'avoir perdu le mien avec des photos, des mémos... Impossible de le faire à quelqu'un d'autre !

 

Dans mon palais d'été... Olé !

 

Bon, avec cette petite anecdote, on allait presque oublier de vous parler de LA découverte de la journée : Balchik ! Enfin, celle de son palais et de son jardin botanique. On est arrivés dans l'enceinte par une entrée secondaire menant au jardin botanique. Les parterres étaient magnifiquement fleuris, la serre aux cactus incroyablement garnie (il s'agit apparamment de la 2° concentration en Europe de ce type de plantes) mais le lieu semblait presque étriqué et l'on ne comprenait pas les compliments des guides. Et pour cause, nous n'étions que dans un recoin de l'ensemble, juste en contre-haut du reste et rien ne nous laissait présager de ce qui nous attendait en contre-bas. Quelle surprise quand nous avons trouvé les escaliers en pierre à peine visible ! Quel délice quand nous les avons descendu, nous plongeant dans un véritable petit palais dominant la Mer Noire ! Quel plaisir quand nous avons dégusté un petit vin de figue dans une taverne ancestrale accueillant la cave royal avec des bouteilles datant des années 30. Oui, oui, parce que Balchik (son palais) fut la résidence d'été de Marie de Roumanie (et oui, par la côte, la Roumanie, c'est juste à côté) et comme nous avions déjà pu le constater dans son pays d'origine, elle a du goût la Marie ! Comme Belogradtchik, nous avons failli ne pas y venir ; cette fois-ci parce que la halte demandait un détour et que les kilomètres, il les avale le Chilly ! Et bien, on n'a pas regretté de le pousser un peu... Et encore moins après l'ensemble de notre découverte de la côte de la Mer Noire. Après Sozopol (cf. article à venir), Balchik obtient la médaille d'argent sans conteste !

 

Plage, piscine ou casino ?

 

Bon, Balchik a dû se contenter de la seconde place pour un hic assez classique en Bulgarie... l'absence de camping ! Pas motivés après notre séjour confortable à Véliko pour se fader un parking (pourtant avec nos derniers trois jours de douches, on aurait pu se le permettre!), on a préféré pousser à la ville d'à côté où l'application d'Ander annonçait d'un triangle (logo pour les camping) notre sésame ! Mais voilà, l'application ne précisait pas qu'il s'agissait d'un camping pour... enfants ! Bref, un camp d'été et qu'en septembre et bien, y'a plus rien ! Et ouais, à l'école les marmots ! Et pour ajouter un peu de piment à la situation (il était 22h), Albena n'est pas ce qu'on peut appeler une ville normale ! Après les villes-musée, nous avons découvert ici, les villes-touristes ! Euh, comment vous expliquer le concept ?! Et bien, c'est un vaste complexe dans lequel il faut passer des barrières avant d'y pénétrer, payer une taxe pour le parking et dont l'ensemble est surveillé 24h/24 par vidéo-surveillance et tournée de gardes privés. Et qui surveille quoi ?! Les milliers de touristes qui affluent dans les innombrables blockhaus où tout est prévu of course : buffets à volonté, cours d'aquagym et cie à toute heure de la journée, boîtes de nuit à gogo... Pour profiter des transats alignés par centaines sur chaque plage privatisée par l'hôtel qui y mène ! En un mot, un « touristland » ! Et là, Dieu merci, nous étions en septembre ! Pas de camping certes mais pas de bidochons non plus ! Du coup, à défaut de bidochons, on se l'est jouée comme des manouches... sans guitare : en vrac, sous deux arbres et demi à 3 mètres du sable et 55 (a visto de naz) de la mer. La grande classe, non ?!

 

Besoin d'un coup de pouce ?!

 

Bien que notre vue depuis le van est été des plus agréables, cela n'a pas suffit à nous retenir trop longtemps à Albena. Juste de quoi trampouiller nos pieds dans l'eau (le pantalon, le body, la couche, le doudou pour Oihana!) avant de filer passer l'après-midi dans la capitale du nord de la côte : Varna. Comme souvent en Bulgarie, on a commencé à découvrir les lieux en cherchant un... parking ! Pas pour le dodo cette fois-ci mais simplement pour poser Chilly dans un coin pénard et nous laisser l'esprit tranquille de déambuler l'ancienne cité grecque Odessos. Pour vous resituer, la troisième ville de Bulgarie, ancrée à la même latitude que Nice, est aussi la capitale d'été du pays. Il faut dire qu'elle a quelques atouts pour elle. D'abord, ces artères piétonnières qui donnent l'impression que le centre de la ville nous appartient. Pas de camion, pas de voiture, pas de vélo, à peine quelques poussettes (euh, ça dérange quelqu'un?!) histoire d'animer la circulation ! Ensuite, quelques jolis bâtiments permettant de ravir les amateurs de photos (suivez ma pensée...). Puis deux perles pour deux touristes et demi en balade : 1. de spectaculaires bars de plage aux poufs (les coussins qu'on s'entende) ne demandant qu'à accueillir nos corps au bronzage agricole et faire sauter de joie (de jeu) Oihana et 2. une piste cyclable le long de la corniche dominant la Mer Noire avec des vélos électriques pour ménager nos muscles de vieux ! Un régal !

 

22 - 25 SEPTEMBRE 2013 – J+55 à J+58 – Nessebar – Sozopol LES SOEURS ENNEMIES OU LES FAUSSES JUMELLES

Nessebar rime avec... cauchemar !

 

Devinez la raison de notre visite à Nessebar ?! Aller, un petit effort, je suis sûre que vous brûlez. Oui, oui, c'est ça, dans le mille : Nesseba est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Sa vieille ville bizantine établie sur une presqu'île regroupe encore aujourd'hui une vingtaine d'églises de cette époque, églises caractéristiques avec son feuilletage bicolore ocre et blanc. Mais si Nessebar a la réputation d'être la plus belle ville de la côte, « la perle de la Mer Noire » comme se plaisent certains à la surnommer, ça a été pour nous la plus horrible. Le mot peut vous paraître fort mais de notre côté, il s'agit presque d'un euphémisme ! Parce que si il se dit que c'est l'endroit au monde au plus grand nombre d'églises par habitants, ça doit en être aussi le cas pour la concentration de magasins. C'est simple, il y a tellement de cahutes en bois débordant de gadgets en tout genre que l'on ne voit même plus les soubassements en pierres de taille des maisons. Et même si motivés, l'idée vous prend de lever les yeux pour espérer voir les seconds étages en bois, inévitablement, votre regard reviendra vers les échoppes emplies de merdouilles, tellement ça brille et ça bouge de partout ! Même avec le recul où l'on se souvient que du meilleur, on se demande encore avec Ander si on n'a pas halluciné. Comment l'Unesco peut laisser faire ça. Parce qu'à coup sûr, la presqu'île et ses églises sont d'un charme indéniable ; encore faut-il pouvoir les deviner dans ce centre commercial géant à ciel ouvert. Après les villes-musée, voici la ville-magasin ! Et comme si les allures mercantiles des lieux n'avaient pas suffit à nous dégoûter de notre passage, il a fallu que l'on tombe sur LE parking (définitivement, les dodos en Bulgarie, c'est pas simple) de la boite de nuit du coin, histoire de poursuivre le cauchemar des yeux par celui des oreilles !

 

Comme une bouffée d'oxygène

 

Vous l'aurez compris, ce n'est pas mécontents que l'on est partis de Nessebar pour rejoindre sa « petite soeur » Sozopol. Pourquoi « soeurs » ? Tout simplement parce qu'elles se présentent toutes les deux sur des avancées de terre, que leur architecture dite « du style de la Mer Noire » sont très proches et qu'à peine une centaine de kilomètres les sépare. Bon, en même temps, on appréhendait aussi. Sœur OK mais à quel point ?! Bon, déjà, y'avait des campings à Sozopol, ce qui en faisait un point de démarcation non négligeable... jusqu'à ce qu'on voit la tête des campings ! Autant dire qu'on a préféré de suite prendre l'option « parking », quitte à se passer de douches pour une ou deux nuits de plus, c'est pour dire ! Aie, ça commençait mal ! Et quitte à se faire mal, autant y aller d'un coup. On s'est donc rendu direct à l'entrée de la vieille ville. Le choc ! Encore des magasins et même des calèches ! Là, c'était le pompon, surtout que notre étape suivante était à plus de deux heures de route. Persévérants, on a décidé d'y pénétrer pour en avoir le cœur net et là, surprise ! Les magasins n'étaient regroupés que dans la rue principale et sur quelques dizaines de mètres tout au plus, laissant ainsi totalement préservées les ruelles arrières, affichant des vues magnifiques sur la mer et les restes de la forteresse d'antan. De quoi nous faire tomber sous le charme. Tellement sous le charme que nous avons décidé d'y passer deux nuits... en hôtel ! Oui, on a abandonné temporairement notre petit Chilly à deux pas de notre demeure temporaire pour profiter du charme de Sozopol. Allez de ce pas jeter un coup d'oeil aux photos d'Ander et vous comprendrez qu'on a pas pu résister à l'idée de prendre le petit-déjeuner sur cette terrasse splendidement ensoleillée. Pour peu, on aurait pu y élire domicile ; d'autant qu'à la magie de la vue depuis l'hôtel, s'ajoutaient les deux-trois petites adresses succulentes que nous nous étions dénichées. Bref, un petit coin de paradis.

 

 

25 - 27 SEPTEMBRE 2013 – J+58 à J+60 – Plovdiv UN AIR DE ROM(E)ANTIQUE...

Plovdiv, c'est LA ville de Bulgarie qui ne faut pas louper. Réputée pour sa vieille ville à l'architecture de la Renaissance Bulgare que l'on connaît maintenant par cœur, c'est plutôt un autre aspect de la ville qui nous a séduit. Bien sûr, on s'est régalés de ces maisons colorées somptueuses, bien sûr, on a foulé avec plaisir ses rues pavées comme autrefois (même si l'option poussette a été une des mauvaises options d'Ophély et que l'on ne l'y reprendra plus!) mais on s'est surtout distraits à parcourir les restes de l'époque romaine que comptent la ville. De l'amphithéâtre en demi-cercle à l'Odéon aux colonnes encore debout en passant par le plus grand « stade » de gladiateurs après celui de Delphes, une ville entière semble encore dissimulée sous la ville actuelle. Un projet d'excavation est à l'étude mais cela nécessiterait de détruire bons nombres de monuments d'aujourd'hui, autant ne pas rêver. Spartacus peut dormir tranquille, on va pas venir chercher les restes de ses compatriotes encore enfouis. Alors à défaut de voir les tribunes pouvant accueillir 30000 personnes, la partie nord de l'arène à découvert sert de scène pour défilés de mode. Faut dire que la ville concentre sans conteste les plus jolis spécimens de Bulgarie, des jambes à la tête, look trendy compris ! Pour se réconforter de ce spectacle, Ophély a jeté à deux reprises son dévolu sur les petits-déjeuners monstueux d'Affredo, le glacier incontournable de Plovdiv. Non seulement les gauffres et les pancakes sont à tomber mais les quantités sont purement et simplement démesurées.

 

27 - 28 SEPTEMBRE 2013 – J+60 à J+61 – Bashkovo – Ponts merveilleux – Trigrad BALADE AU PAYS D'ORPHEE... DANS LES RHODOPES

Avec Plovdiv s'achevait notre séjour dans la plaine bulgare afin d'amorcer la dernière partie de notre séjour : les Rhodopes. Pas vraiment connus des Occidentaux, c'est pourtant ici que se situerait le berceau du mythe d'Orphée et la multitude de sites exceptionnels en fait un des spots à ne pas manquer du pays. Alors, on a prié Chilly de résister aux longues routes de montagnes auxquelles on allait le soumettre et on a pris leur direction.

 

Première halte : le Monastère de Batchkovo, encore un labelisé Unesco.

 

Batchkovo, c'est le deuxième monastère de Bulgarie et le premier de notre circuit inscrit au Patrimoine de l'Unesco. Et malgré ces deux beaux qualificatifs, nous avons été divisés sur la question, Ander étant plus mitigé que moi. Il faut dire qu'il lui était interdit de prendre des photos... Alors que moi, libre de ma balade, j'ai été de suite plus enthousiasmée par les fresques et l'ambiance « à la ferme » qui s'en dégageait. C'est quand même pas commun d'observer des moutons et des poules au sein d'une enceite religieuse. Et pour clôturer le politiquement incorrect, les lierres de vignes qui courrent au-dessus de nos têtes donnaient une impression de pas y toucher qui nous a fait sourire. Oui, oui, c'est pour le dessert, tout ça, que pour le dessert... Et le vin, non ?!

Deuxième halte : les Ponts Merveilleux, curiosité de Dame Nature

 

Après une merveille de l'activité humaine, nous sommes allés à la rencontre d'une merveille de l'activité naturelle. Cavités d'une quarantaine de large et de haut, fruits d'un tremblement de terre ou d'un glissement de terrain (nous n'avons pas su bien comprendre), les « ponts merveilleux » apparaissent en pleine forêt dense, un peu comme sortis de nulle part et nous ont offert une balade champêtre plus ou moins glissante bien agréable.

 

Troisième halte : la grotte de Trigrad... acte manqué !

 

Les routes de montagnes nous ayant pris plus de temps que prévu, nous sommes arrivés trop tard sur les lieux de la visite suivante, la grotte du Diable, autres particularités de la Nature. Nous avons toutefois pu profiter des belles gorges qui y mènent et à défaut de se taper inutilement 80 km aller-retour pour dormir dans un camping dont on n'était pas sûr de l'existence (enfin, plutôt de l'état), nous avons négocié notre semi-logement chez l'habitant. Par semi-logement, nous entendons le droit d'utilisation d'une salle de bain pour la douche et les toilettes (ben ouais, le dodo, on l'a déjà!). Ce n'est pas toujours simple à faire comprendre mais en général, ça passe. Et cette fois-ci, nous sommes tombés sur une dame bien gentille qui ne parlait pas un mot d'anglais ni de français mais qui a appelé on ne sait qui pour nous servir de traducteur. Du coup, on en a profité pour commander le dîner du soir même afin de se régaler d'une des spécialités des Rhodopes, une sorte d'omelette de patates émincées revenues avec du fromage local et des oignons. Le tout devant un bon petit feu de cheminée bienvenue à plus de 1000 mètres d'altitude !

 

28 - 29 SEPTEMBRE 2013 – J+61 à J+62 – Trigrad – Yagodina – Batak DANS MA MAISON SOUS TERRE

Après encore quelques rebondissements de seconde importance, nous avons fini par la visiter cette fameuse grotte du Diable. En fait, il s'agit d'un trou béant au fond duquel coule bruyamment une rivière. Et si vous vous demandez d'où lui vient son nom diabolique, c'est pour son escalier abrupt qui mène à sa sortie. Buffant comme des cochons, on n'a pu que constater sa raideur mais aussi sa longueur une fois dessus. Sachant qu'il s'agissait autrefois de l'entrée, on avait l'impression de pénétrer dans la gueule du Malin !

 

Pour ce qui est de la seconde grotte, Yagodina, son abord a été plus esthétique. Non seulement par rapport à l'étroitesse et la beauté des gorges traversées pour y accéder (dans la vallée parallèle à la grotte du Diable) mais aussi par rapport à sa découverte. Tout au long d'un chemin sinueux établi par l'homme, avec des passages nécessitant quelques accrobaties, on traverse des farandoles de stalactites et stalacmites selon, les deux se rejoignant parfois.

 

Malheureusement pour ces deux bijoux de la Nature, c'était visite guidée obligatoire timée et en bulgare, basse saison oblige. Et là, on a beau s'entraîner depuis bientôt trois semaines, on a pas pigé grand chose aux détails de formations géologiques. On a même du vérifier sur Internet ce que c'était que ces petits boules blanches protégées sous un plexiglas. Verdict : des perles de calcaires, phénomène rarissime.

 

29 SEPTEMBRE 2013 – J+62 – Batak – Velingrad – Belitsa – Rila DES BAINS AUX BRUNS

A peine partis de notre lieu de campement (un vrai, avec douche, toilettes et électricité) mais avec une grosse journée de route en perspective, nous n'avons pas sourcillé à l'idée de nous offrir une petite session « bains publics minéraux » lorsque nous avons traversé la ville de Vélingrad, réputé pour ses cures thermales. Le repérage des lieux dans la ville n'a pas été des plus simples avec au moins 7 personnes différentes ne pipant pas un mot autre que le bulgare pour trouver enfin l'endroit fatidique mais cela en valait la chandelle. Ambiance voilée par l'humidité des eaux, marbre et petits carreaux bleus et blancs pour animer l'ensemble, une température juste de quoi nous ramollir mais pas trop en ce début de journée... Un régal quoi !

 

 

 

Où est Charlie ?

 

Comme pour Vélingrad, on avait repéré une autre escale pour ponctuer cette longue étape routière... De son petit nom, Belitsa ! Belitsa, c'est quoi ?! C'est un endroit perdu au milieu des montagnes, un site qu'on pense ne jamais atteindre tellement les douze kilomètres de chemin sont défoncés et mettent à rude épreuve même le plus valeureux des Chilly mais dont on ressort rêveur. Rêveur d'avoir vu une des espèces les plus difficilement observables dans leur milieu naturel : les ours bruns ! Quel est donc le truc pour les rencontrer aussi simplement alors ?! Ben, rien de très folichon malheureusement parce que Belitsa est un parc de sauvegarde de cet animal mal-traité par une tradition bulgare et serbe barbare, celle des ours dansants. Heureusement, grâce à cette association,(et Brigite Bardeau...) le phénomène n'existe plus en Bulgarie (le parc a racheté tous les ours dansants du pays) mais à voir le museau de certains d'entre eux, on imagine trop aisément la barbarie et l'ampleur des dégâts causés par cette « activité ». Le contact avec certains spécimens présents permet parfaitement de ressentir le mal-être psychologique irrécupérable laissé par cette pratique, même plusieurs années après la fin de leur captivité.

 

Mais positivions, ces ours sont aujourd'hui soignés, nourris et traités comme il se doit... pour leur bien-être mais aussi pour le plaisir des touristes de passage comme Oihana qui a pu voir « Petit Ours Brun » (c'est son livre du soir) en vrai ! La classe ! Mais si elle ne s'en souviendra pas ! Dommage pour elle (mais chouette pour maman) parce qu'elle s'est même payé le luxe de faire un tour du parc en buggy en compagnie du gardien en charge de leur distribuer le pain au moment de notre arrivée. Faut dire qu'ils sont gourmands ceux-là ! 12 kg de nourriture par jour en temps normal et bientôt 16-17 à l'approche de l'hibernation. Un moment exceptionnel et une pensée toute particulière pour Charlie, le plus gros d'entre eux. Quelle magnifique bête ! On ne rêvait qu'à une chose lorsqu'on le regardait, se blottir dans sa fourrure. Bon, les grillages et les barrières électrifiées nous ont alors rappelé que cela reste un animal sauvage féroce.

 

30 SEPTEMBRE 2013 – J+63 – Rila – Melnik DE PIERRE EN PIERRE

Enfin, un PMU indiscutable !

 

Un quoi ? Un PMU ? Mais si, un Patrimoine Mondial de l'Unesco. Ah, ça y est, je sens que ça commence à vous pomper l'air ces histoires d'Unesco. Et bien pour une fois, pas nous ! Oui, ça y est, après on ne sait plus combien de tentatives, nous avons trouvé le PMU bulgare incontestable : le monastère de Rila. Véritable Jérusalem bulgare, il fallait au moins ça. Franchement, le site en pleine montagne est magique, presque confidentiel. Honnêtement, le lieu en lui-même est grandiose ; son architecture, sa disposition, son histoire... Seule ombre au tableau, son calme tout relatif car dès dix heures, des bus entiers de pélerins, touristes et autres envahissent les lieux. Heureusement, nous avons eu la chance de trouver un camping correct à proximité de l'endroit et d'y arriver suffisamment tôt pour profiter de l'accalmie matinale avant la déferlente touristique !

 

Une dernière soirée à rebondissements

 

Pour finir en beauté, nous avons continué sur Melnik petit village coquet avec ses maisons blanches traditionnelles mais surtout avec ses pyramides de sable et le monastère de Rojen à proximité. Si l'architecture ne nous a pas surpris (depuis le temps, on maîtrise), l'environnement jauni des aplombs sableux nous a bien plu et la paisibilité intimiste du monastère a fini de nous séduire. Du coup, on s'est laissé aller pour notre dernière soirée en terre bulgare avec un dernier repas bien arrosé. Ah, rahika, notre amie !

 

Pourtant, nous n'étions pas suffisamment éméchés pour ne pas prendre au sérieux un message sur notre site-blog d'un mec roumain, ayant apparemment retrouvé notre carte bleue et nos permis de conduire « pink » à Brasov. Encore une histoire à dormir debout !

 

1ER – 2 OCTOBRE 2013 – J+64 à J+65 – Petrich DE REBONDISSEMENTS EN REBONDISSEMENTS

La mayonnaise pour la Macédoine n'a pas pris !

 

Ca y est, en ce début du mois d'octobre, on va enfin être fixés sur notre voyage ; enfin, sur la fin du parcours. Macédoine, Kosovo, Albanie, Grèce ?! Aux bons vouloirs des douaniers. De nouveau un peu stressés donc, on se présente à la frontière macédonnienne. Pas vraiment motivés par notre incursion dans ce pays pour des raisons de timing, c'est avec une plus grosse boule au ventre que d'habitude que l'on s'est approché de la cahute du douanier. Présentation des passeports. Pour le véhicule, on va attendre qu'il demande puisqu'on n'a rien, pas tout simplement. Mais ce qui devait arriver arriva, le Monsieur nous demande la carte verte du véhicule. Pas dégonflés que nous sommes, nous lui présentons le papillon vert de notre pare-brise et tentons de lui expliquer que notre carte a été volée en Roumanie. Sauf que ce Monsieur ne pipe pas un mot d'anglais et que notre papillon ne doit pas avoir la taille requise pour lui. Rien à faire, retour en Bulgarie ! Aie ! Etonnés de nous voir revenir à leur poste de douane, les Bulgares nous interrogent. Euh, ben, ça serait sympa que vous nous laissiez re-rentrer maintenant. Et bien mieux que ça, le douanier nous a permis d'entrer dans les bureaux afin d'acceder à leur internet et pouvoir imprimer la version électronique (merci Joe!) de cette fichue carte verte. Deuxième tentative chez les Macédonniens et ouf sauvés, on tombe sur un policier qui parle très bien anglais. Rebelote : présentation des passeports, présentation du papillon vert, de la feuille imprimée et de l'attestation de vol en anglais. Bien sûr, il ne peut pas décider et doit demander à son chef... mais au moins il a compris la situation. Et... verdict : niet ! Pas moyen, il faut l'original de la carte verte. Non mais c'est marqué dessus : MK. No soucy, on est assurés, promis ! Pas moyen ! Seule solution du chef : laisser le véhicule à la frontière, prendre un taxi jusqu'au premier village du pays à environ sept kilomètres, trouver une compagnie d'assurance, la souscrire, revenir au poste de douane, montrer tout ça et enfin pénétrer en Macédoine. Le douanier anglophone, lui, nous suggère un retour dans la ville de Bulgarie pour faire la même démarche mais avec un tarif moins élevé et puis avec notre véhicule plus simple. Ben ouais, parce que va trouver une compagnie d'assurance qui va t'assurer sans voir ni le véhicule ni la carte grise... Retour Petrich (dernière ville assez grande à une vingtaine de kilomètres de la frontière) !

 

 

 

Verte, grise... Les cartes nous ont joué un mauvais tour !

 

Petrich ! Comment trouver une compagnie d'assurance qui comprenne l'anglais (précisons que nous sommes dans l'extrême sud-ouest du pays, à la limite entre la Grèce et la Macédoine donc et qu'il n'y a ici rien de touristique!) ? Et bien, on cherche une banque ! Sauf que non, ça marche pas comme chez nous... Heureusement, ils sont super gentils les Bulgares et la nana du guichet passe un coup de fil pour demander à l'assureur (anglophone en plus) du coin de débarquer. Ni une ni deux, le voilà... Problème expliqué, problème compris... sauf qu'il lui faut la carte grise ! Ben non, là non plus ! Et même avec, il ne pourrait nous assurer que pour la Bulgarie car il s'agit d'un véhicule français. Bon, décidément ! Verte, grise... On va passer par toutes les couleurs aujourd'hui ! En tout cas, on va s'accorder le temps de réfléchir.

 

 

 

Y'a des jours où vaudrait mieux rester couchés

 

Et pour réfléchir, direction le garage du bout de la rue. Oui, oui, le garage parce qu'avec la super mauvaise route empruntée pour aller voir les ours, notre pneu avant droit montre des signes d’essoufflements. Pas manqué : trois points de crevaison ! Réparable d'après vous ?! Of course que non car le résumé du garagiste était simple : danger ! Oulala la journée, quelle est longue ! Malgré ses nombreuses tentatives dans tous les garages du coin, impossible de trouver le bon pneu pour notre Chilly (ben oui, des pneus simples, cela aurait été trop simple justement, les siens sont de taille diférente et renforcés en plus !) mais notre super gentil garagiste anglophone aussi (yess!!) nous précise qu'il peut en faire venir de Sofia pour le lendemain matin, des tous beaux, tous neufs et à un prix forcément très correct ! Bingo parce que là, rien ne s'enchaîne alors on calme le jeu, on répare, on dort et on avise...

 

 

 

Quand le V nous sonne la victoire ou que l'histoire se répète !

 

Lessivés, dubitatifs, on tente de garder le cap et de demander si y'a quelque chose à voir dans le coin... que l'on puisse atteindre avec une « galette » (roue de secours). Figurez-vous que oui, un petit truc mais qui allait nous faire le plus grand bien : des sources d'eaux thermales ! Imaginez combien on l'a appréciée cette vingtaine de minutes dans une eau bien chaude et bien boueuse ! Surtout que le parking d'un petit monastère nous attendait juste à côté pour passer la nuit... Enfin, presque ! Puisque le gardien (pour une fois, un vilain Bulgare, à la tête bien patibulaire, un tantinet agressif) nous a gentiment délogés à la fermeture malgré nos négociations avec la dame de l'accueil. On a cru que l'accumulation de la journée reprenait... mais voilà que l'ordre des choses a changé ! De retour en ville, nous sommes tombés sur un petit hôtel à l'arrière-cours nickel chrome pour notre Chilly qui a bien voulu nous accueillir... dans une des chambres... gratuitement ! Oui, oui, gratos ! En fait, à peine garés, nous sommes revenus à l'accueil afin d'offrir une petite Tour Eiffel en porte-clef pour les remercier de leur aide. C'est alors qu'un gentil bulgare (et oui, encore, que voulez-vous) nous a demandé s'il pouvait nous aider en français. On l'a remercié de sa proposition, expliqué la situation mais que tout allait bien. Et puis, on a échangé quelques mots sur sa vie au Québec (d'où le français), sur notre voyage, sur notre dure journée... Jusqu'à ce qu'Ander lui demande s'il était là pour le travail ou en vacances. Et deviez quoi ?! C'était en fait le proprio de l'hôtel ! Et voilà qu'en deux secondes, il prenait une clef et nous montrait notre chambre pour le temps qui nous serait nécessaire. « Impossible de refuser » nous a-t-il dit, c'était un cadeau pour Oihana ! Dans ce cas-là... !