17 OCTOBRE 2013 – J+80 – Frontière albano-grecque RAYONS X ET FIBRE OPTIQUE DE RIGUEUR

Pour changer, on a abordé la frontière un peu... stressés ! Ben ouais, là, pas d'autre choix, fallait que ça passe puisque notre bateau pour rentrer aux bercails nous attendait dans un port de Grèce. Bon, autant ne pas faire durer trop le suspens... ça l'a fait ! Mais pas sans accélérations cardiaques ! On a commencé avec la sortie albanaise en se refaisant la même que lors de l'entrée : présenter l'ancien coupon de carte grise lorsque le douanier nous a demandé les papiers du véhicule... En fait, on a compris qu'il s'en foutait un peu du papier, c'était juste pour voir l'immatriculation du véhicule sans sortir de la cahute. L'étape suivante... la grecque ! Aie, aie, aie ! Là, ça n'a pas été la même chanson. On n'a jamais autant attendu à une douane. Je crois même que ça a été plus rapide à se faire refouler de Macédoine. Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas nous qui avions chaud aux fesses mais tous les véhicules albanais qui souhaitaient pénétrer sur le territoire européen. Oui, oui, on parle bien d'Europe et si on n'a jamais ressenti le moindre danger en Albanie, l'application des douaniers hélleniques à contrôler leurs voisins en laisse supposer long sur les trafics potentiels pouvant « menacer » notre alliance communautaire. Y'en a un qui doit encore s'en souvenir d'ailleurs ; c'est le proprio (albanais bien sûr) d'une citadine qui s'est fait dépecer par un des policiers grecs. Imaginez tout ce qu'on peut faire à une voiture quand on cherche quelque chose de suspect et vous revivrez la scène hallucinante que nous avons vu. Mais allez-y carrément, ne vous contentez pas de la perquisition du coffre, du renversement intégral des valises ou encore de la vérification des ailes. Non, trop simpliste ! Prenez plutôt le tournevis pour déviser les portières, installez la fibre optique pour la faire circuler dans la carrosserie, là où ni la main ni l'oeil humain ne peuvent visionner, allez chercher la machine à rayons X pour scanner l'ensemble du véhicule sans parler de la reniflade en bonne et dûe forme de la brigade canine... Malheureusement, on ne pourra pas vous dire comment se termine le film parce qu'on a eu à ce moment-là l'autorisation d'entrer en Grèce et bien que ce fut avec un grand sourire de la part du douanier (enfin surtout pour oihana à qui on a bien apris à sourire au monsieurs à la mine patibulaire...), on n'a pas demandé notre reste !

 

17 – 19 OCTOBRE 2013 – J+80 à J+82 – Ionnina – Météora POUR NOUS FAIRE OUBLIER QUE CA SENT LE SAPIN

Avec nos histoires de papiers, on a voulu prendre une marge et ne pas passer le passage de frontière pour le jour de l'embarquement. On ne voulait pas non plus enchaîner direct de l'Albanie à l'Italie en 24 heures, la fin nous aurait paru trop brutale. Du coup, on s'est laissés aller à suivre quelques conseils de grands voyageurs du quartier (il se reconnaîtra l'angliche) pour profiter d'une des merveilles du coin, les Météores...

 

Une dernière... citadelle pour la route !

 

Mais avant d'y arriver, on a coupé la route en faisant halte à Ioannina ; le temps d'apprécier le tombeau et la mosquée d'Ali Pacha (oui, le même qu'à Butrint et dont on vous a pas trop parlé mais c'était la Pacha du coin, un gros filou qui a construit tout un tas de citadelles dans le sud de l'Albanie et dont vous pourrez lire les exploits sur wikipedia...) et de s'émerveiller devant les incroyables pièces (costumes, armes blanches, contrats de mariage juifs...) du musée municipal.

 

A la rencontre de « spider-moine »

 

Puis nous sommes arrivés en fin de soirée aux Météores, sous la bienveillance de ces monstres de pierres qui nous ont enveloppés de leurs ombres chinoises. Malgré une longue route, nous étions tout excités d'être au lendemain pour aller les dompter de plus près et puis surtout enfin, voir de nos propres yeux, cette image d'Epinal de ces monastères trônant sur leurs pitons aux parois vertigineuses. Quoi vous raconter sur les Météores sans tomber dans les descriptions dithyrambiques traditionnelles ? Comment vous faire partager les journées exceptionnelles que l'on a passé dans ce lieu hors du commun en vous passant sous silence l'aspect théologique de ce haut lieu de l'orthodoxie ? Peut-être en vous parlant des petits détails qui ont ponctué notre visite comme l'instant où Ophély a manqué de se manger de plein fouet un de ces téléphériques artisanaux permettant d'accéder à certains lieux de culte sans passer par la case « escaliers à n'en plus finir » ! Oui, un téléphérique, vous avez bien lu ! Enfin, plutôt une espèce de cage minuscule, dans laquelle une personne bien constituée aurait peine à prendre aisément place, suspendue à deux câbles d'une circonférence qu'on regarde à deux fois pour être sûre qu'elle supportera notre poids ! Pourtant ça fonctionne, la preuve puisqu'un mec sur le retour a bien failli embarquer Ophély qui encore perchée dans ses observations monacales n'avait pas vu la bête venir. Perso, on a préféré la version sportive en se coltinant des marches, des marches et encore des marches... 120 par-ci, 200 par-là... On a dû monter au dernier étage de la Tour Eiffel au moins 3-4 fois durant notre passage. Et dire qu'autrefois, ils accédaient à ces paradis de silence par des échelles de bois accrochées à même la paroi ! Histoire de compatir avec leur challenge, on s'est compliqué tout à tour la tâche avec un colis de 13 bon kilos sur les épaules !

 

On va aussi vous parler du caractère outragement touristique de la région. Car si nous avons eu droit à des visites relativement paisibles, on se doute bien que cela n'est pas toujours le cas. Y'a qu'à regarder l'accumulation de rangées d'hôtels dans le village voisin pour s'en rendre vite compte. En pleine saison, ce doit être des milliers de personnes qui débarquent dans ces petites constructions. D'ailleurs, chaque monastère s'accorde un jour de fermeture hebdomadaire, histoire de trouver un peu de quiétude.

 

Il faut dire que la région est un véritable bijou ! Tant d'un point de vue géologique avec ces déchirures rocailleuses en bordure de vallée que pour l'attrait culturel des différents édifices. Chacun a sa particularité, l'un est un couvent paisible, l'autre affiche un caractère quasi désaffecté, les deux suivants sont presque des usines à touristes et les deux derniers soulignent merveilleusement la transition immédiate de la brique en continuité de la parois rocheuse. Les religieux de l'époque devaient quand même avoir un grain pour venir construire ces bâtiments sur ces bouts de roche, de véritables « Spidermoines » !

 

19 – 20 OCTOBRE 2013 – J+82 à J+83 – Igoumenitsa – Ancona LA CROISIERE S'AMUSE... EN OPEN DECK

Ah on était bien perché dans ces petits monastères, sous un soleil chaleureux... On en aurait presque oublié que quelques heures plus tard nous attendait un gros monstre des mers annonciateur de retour au bercail ! On a bien essayé de faire perdurer le plaisir dans une « taverna » à Metsovo, petit village de montagne un peu surfait à notre goût ou encore d'aller prendre un dernier verre les pieds dans l'eau à une dizaine de kilomètres du port mais que nenni, nous nous sommes dégonglés t on s'est gentiment présenter sur le quai 10 du port d'Igoumenitsa pour attendre que le Superfast veuille bien venir nous engloutir. Devinez un peu le surnom de cet engin flottant ?! Comme un présage à notre mauvaise humeur à reprendre le chemin de la maison : « l'Enfer ! ». Rien que ça ! Pourtant le séjour à bord a été loin de l'être, digne de nombre de camping épluchés ces derniers mots avec électricité, douche chaude et une bonne température pour la nuit. Le tout avec un point de vue imprenable sur la mer. Que pouvons-nous demander de plus ! Piscine, salle de jeux pour Oihana ? Ca aussi il y avait ! (bon, la température certes clémente ne permettait quand même pas d'enfiler le maillot de bain). En tout cas, les seize heures et quelques de voyage ont défilé à toute vitesse et on aurait bien enchaîné avec une nuit supplémentaire si les marins de la côte italienne ne nous avaient pas obligés à descendre.