6 – 7 AOUT 2013 – J+8 à J+9 – Sapanta - REPOSE EN PAIX ET EN GAITE...

French cancans

Après un passage frontière éclair (juste le temps d'acheter la « matrica » (vignette pour circuler librement sur les routes roumaines) et d'être accueillis par quelques gamins mendiants – Aie, nos clichés sur la Roumanie seraient-ils fondés ? Non, ceux seront les seuls rencontrés durant notre première découverte du pays), nous sommes arrivés un peu tard dans la soirée à Sapanta, première halte en Roumanie. Immédiatement, nous avons été plongés dans les habitudes locales. Devant chaque maison, un ou deux bancs installés sur le bord de la route accueillaient toutes les générations (en habits traditionnels pour la plupart) pour des discussions au long cours et une observation aigüe de la circulation. Et avec un fameux T4 blanc immatriculé en France qui passe, repasse et re-repasse au moins 3 fois avant de trouver une pension où passer la nuit, ça leur en a fait des discussions !

« Cimetière joyeux » ! Comment est-ce possible ?

Dès le lendemain, nous nous sommes appliqués à visiter Le « lieu » de la région : l'incontournable « cimetière joyeux ». Qui eût cru que l'on puisse rendre un endroit souvent chargé d'émotions tristes aussi gai ? Un certain Ioan Stan Patras qui, durant plus de quarante ans, a sculpté et peint les croix des tombes des habitants du village dans un bleu très frais et associé à chacun un épitaphe des plus originaux. Ainsi chaque tombe comprend une représentation imagée colorée d'un moment marquant de la vie du défunt, accompagnée d'un poème en vers soulignant les qualités (ou les défauts) de la personne. Par exemple, Braiou Eleana pardonne au pochetron du village de lui avoir manqué de respect : « Toi, Griga, que tu sois pardonné, même si tu m'as insulté, aviné du village quand tu venais... ». La belle-mère de l'artiste en prend également pour son grade : « Vous qui passez par là, essayez de ne pas la réveiller, si elle retourne à la maison, elle criera encore après moi […], Ceux qui lisez ces mots, faites attention à ne pas souffrir comme moi, trouvez une bien brave belle-mère... » Ou encore, on apprend que Holdes Bom, maire du village à une époque, était engagé politiquement : « J'ai fortement aimé le parti (communiste) et c'est là tout ce que j'ai su faire […] J'ai pas eu d'enfants mais Patr j'ai elevé et le village, j'ai dirigé... ». Avec ces coloris flashi et sa touche ironique, Ioan puis Dimitri Pop (son apprenti qui a pris le relais), ont su égayer le moment de deuil.

7 – 9 AOUT 2013 – J+9 à J+11 – Région de Maramures - DE TOUT BOIS...

Promenons-nous dans le bois

Nous avons débarqué dans la région de Maramures pour voir en quoi consistaient les fameuses églises en bois classées Patrimoine Mondial de l'Unesco. Mais au-delà des églises, nous avons pu découvrir que ce n'était pas que les Maisons de Dieu qui en bénéficiaient mais tout l'architecture locale : les maisons, les portails, les puits... Tout ce qui se construit en quelque sorte.

Nous nous sommes donc baladés dans les vallées de la Mara et de l'Iza à la recherche de ses différents édifices. Et si pour les maisons, nous n'avons eu qu'à démabuler au milieu de n'importe quel village, les églises nous ont demandé un peu plus de kilomètres pour les découvrir. Si 7 ou 8 sont classées, nous nous sommes limités aux 4 principales. Faut pas exagérer, une église reste une église ! Bien que nous devons le reconnaître, elles sont très agréables à regarder. Leurs disproportions entre leurs emprises au sol et la hauteur de leurs clochers donnent l'impression qu'elles s'envolent vers le ciel. Leur environnement verdoyant agrémenté de croix tout autour du bâtiment renforce également leur caractère majestueux. Et pour ce qui est de l'intérieur, les peintures naïves qui recouvrent le moindre centimètre carré dans une ambiance feutrée due aux fenêtres minuscules, souligne une dimension religieuse des plus pieuses.

Par chance, nous sommes arrivés dans l'une d'elles au moment de la messe et nous avons alors pris la véritable mesure de la foi roumaine. D'adorables « grenouilles de bénitiers », chacune avec leur longue jupe foncée et leur châle sur la tête, certaines dans l'arrière-salle de l'église réservée aux femmes, d'autres à l'entrée comme non-autorisées à entrer (pour des raisons de deuil, de règles, nous n'avons pas réussi à savoir) priaent et priaient sans cesse, toute avec la même ferveur, sous fond de psaumes liturgiques administrés par un prêtre, un homme cette fois, tout de noir vétu et barbu (comme le serons souvent les hommes d'église dans ce pays). Le « spectacle » nous plaisait bien jusqu'à ce que notre bout de chou se mette à vouloir prier également mais dans une tonalité plus aigüe et nous oblige à nous retirer par respect pour elles.

Autres divertissements locaux

Ouh, ouh, vous êtes toujours là ?! Je suis sûre qu'avec toutes ces histoires théologiques et architecturales, on a failli vous perdre. Nous aussi presque ! Parce que les collines bucoliques même clairsemées de petits bijoux, c'est pas vraiment dépaysant ! Ben ouais, on a un peu les mêmes à la maison. Du coup, on s'est accordés quelques pauses disons distrayantes ! Pour ça, pas besoin de faire trop d'efforts. Il nous a simplement fallu se rendre au marché local pour faire découvrir à Oihana quelques beaux petits porcelets bien propres. Non, non, ce n'est pas une blague. On a même pu lui faire toucher, c'est pour dire. Bon, y'en avaient d'autres ça et là qui se laissaient repérer rien qu'à leur odeur. Du coup, ceux-là, on les a laissé de côté.

Et après les cochons, Ander s'est gentiment fait offrir un petit coup de schnapps par un roumain de Palaiseau (oui, oui, la ville à côté de Paris). De retour au pays pour les vacances, il voulait taper la tchatche avec un Français. Allez comprendre ?!

Plus tard, on s'est aussi procurer le plaisir de l'auto-stop en embarquant à bord une dame d'un certain âge qui avait besoin de se rendre dans la ville d'à-côté pour rendre visite à un parent hospitalisé. Bon, la discussion a été des plus sommaire car nous ne comprenions rien à ce qu'elle nous disait mais peu importe, l'essentiel était là. Mais elle a du apprécier la course car elle a même proposé de nous payer pour les quelques kilometres parcourus...

Enfin, nous ne pouvions nous divertir sans s'occuper de nos panses ! Ben, oui, se remplir la tête de culture c'est bien mais se remplir l'estomac, c'est pas mal non plus. Et là, l'instinct d'Ander (ou la gourmandise) a repéré une petite adresse 3* locales... Hummm ! Un régal ! Rien que de l'écrire, mon estomac se tord en repensant à cette poëlée de champignons à la crème et polenta !

Mocatina ou le train de la vallée de Vasser

On vous parlait il y a quelques lignes de l'importance du bois dans l'architecture locale et bien, elle l'est aussi dans l'attraction touristique du coin : la Mocatina ! Autrement dit, le train de la vallée du Vaser. Véritable locomotive à vapeur à bois (quelques poussières ont marqué de leur empreinte nos tee-shirts), le train parcours une cinquantaine de kilomètres aller-retour à travers une vallée boisée. Et les Roumains doivent adorer ça parce que si le train part officiellement à 9 heures du mat, la queue, elle, commence dès 7h30... Et le billet en main, chacun va officieusement retenir sa banquette à coup de couverture, de sac à dos et autres bagages emportés car il n'y a pas de places attitrées. Nous qui avions pris l'option de dormir dans le parking de la gare (étant officiellement un camping...) pour ne pas avoir besoin de se presser pour être à l'heure pour le départ, n'avons pas eu le choix que de se relayer dès le réveil pour espérer prendre le train et nous nous sommes même résolus à prendre le petit-déj en take away à bord. Enfin, le principal est que nous avons réussi à partir ! Rien d'extraordinaire si ce n'est une excursion bien sympatique le long d'une rivière au milieu d'un paysage de montagne. C'est surtout l'entracte du déjeuner qui a été le plus spectaculaire car si la pause a servi aux passagers à randonner dans les environs, se rafraîchir les pieds dans la rivière ou encore grignoter un bout, elle a surtout permis aux conducteurs de faire les manœuvres de changement de sens de la locomotive. Et là, clairement, on comprend l'utilité de la prime de charbon... qu'ils ne doivent certainement pas avoir.

9 – 11 AOUT 2013 – J+11 à J+13 – Prislaup & Ciocanesti - JAMAIS DEUX SANS TROIS...

Un mal...

Pour des questions d'organisation modifiée (on vous passe les détails techniques), nous avons pris aussitôt le train fini la direction de la Bucovine, région suivante dans notre programme. Pour se faire, nous avons eu à faire au col de Prislaup. Et si incontestablement, celui-ci nous a offert de magnifiques panoramas sur la vallée, nous ne garderons en souvenir de cette route que ses nids d'autruches ! Oui carrément, parce que nids de poules ne seraient pas suffisamment proportionnels à ce que nous avons rencontré ! Nous apprendrons après qu'il s'agit de la route la plus déglinguée de Roumanie. A cette heure, nous ne pouvons que confirmer ! Bon, du coup, vous imaginez bien qu'il nous est arrivé quelques misères !

Tout d'abord, nous avons doucement mais surement égaré un enjoliveur ! Hop, comme ça ! Un petit trou de la taille d'un puit et vlan, un truc gris qui s'envole du côté gauche du camion ! Stop obligé et tentative de recherche incontournable ! 15 secondes à peine s'étaient écoulé qu'Ander revenait victorieux ! Ouf ! Enfin, pas si sûr parce qu'il rentrait pas dans la roue. Of course, c'était un Fiat ! Aller, on jette et on recommence. Sauf que cette fois-ci et Ander et Ophély ont été sélectifs afin de retrouver le bon. Parce que des enjoliveurs, il y en avait en veux-tu, en voilà ! Finalement, ça nous a demandé un peu plus de temps, environ une vingtaine de minutes pour retrouver le nôtre mais parmi les Dacia, les Mercedes, les No name... nous avons fini par retrouver le Volkswagen qui nous allait bien ! Cool !

Cool ? Ben pas tant que ça ! Parce qu'à peine repartis qu'on se mangeait un autre gouffre qui allait se révéler rapidement plus problématique ! Rien de catastrophique mais un joli bruit de cloc cloc cloc dont on n'avait jamais connu l'existence s'est alors manifesté. Aie !! Amortisseurs ?! Direction ?! Ce sera cette deuxième option qui sera validée dès le lendemain dans le garage du coin.

 

Pour un bien !

Mais comme toujours, les choses n'arrivent jamais pour rien et cet incident nous a permis de faire la rencontre de Vladimir, propriétaire d'une pension/camping. Même si son accueil alcoolisé ne nous a pas tout de suite détendu ! Mais en fait, c'était parfaitement ce qu'il nous fallait ! Nous cherchions du réconfort et nous l'avons trouvé. Son gentil coup dans l'aile, il le devait à la présence chez lui de deux amis « Daces » (Il tenait beaucoup à cette distinction ; ce qui équivaut un peu chez nous à Gaullois), autrement dit, deux énergumènes roumains, un entrepreneur installé en Italie, à la tête d'une boite d'une cinquantaine de personnes et un ancien policier reconverti en boulanger à la suite d'un incident avec un des potes de Caucescou. Deux mastodontes aimant bien manger, bien boire, bien sûr ! Nous ne savons pas si notre détresse se lisait dans nos yeux ou s'ils nous ont simplement trouvé sympathiques mais ils nous ont invité à partager leur repas ! Et quel repas ! Voilà comment nos soucis techniques nous ont permis de passer une soirée mémorable autour d'un plat typique : de la viande et autres grasouilles cuites à l'étouffée dans du pain. Un délice ! Non seulement la viande cuite mais tout autant la mie de pain bien trempouillée de graisse. On s'en lêche encore les babines ! Sans oublier les coups d'eau de vie de mûres locale pour faire passer l'ensemble. Forte juste ce qu'il fallait pour bien digérer !

Finalement, cette halte forcée tombait à point nommer, le temps de réparer et de se calmer un peu (trois, ça commence à suffir), le tout avec un accueil incroyable et un service nickel. « What's else ? » comme dirait notre ami Georges ! (oui, pour ce qui ne le savent pas, c'est un pote, on est des adeptes du même café!) Enfin, tout ça pour dire qu'on s'est bien régalés dans tous les sens du terme (nous avons aussi profiter le jour suivante de la table d'hôte) et que nous aurions aimé avoir encore quelques réparations à faire.

11 – 12 AOUT 2013 – J+13 à J+14 – Bucovine - DEPUIS QUAND, ON A LE DROIT DE PEINDRE SUR LES MURS ?!

Travaux pratiques de peintures sur les murs...

Moldovita, Sucevita, Humor, Voronet... Ces noms ne vous disent certainement rien et rassurez-vous, il y a de cela deux semaines, à nous non plus ! Mais maintenant, nous savons et vous allez donc bientôt savoir aussi. Il s'agit des noms des monastères de Bucovine réputés pour leurs fresques peintes sur leurs murs extérieurs. Ben ouais, ils sont comme ça les Roumains. Entre les XIVème et XVIème siècles, sous les règnes de Stefan cel Mare (Etienne le Grand) et de Petru Rares (fils batard d'Etienne) principalement, ils devaient s'ennuyer. Alors, après les belles églises en bois, ils voulaient passer à autre chose et ils se sont dit : « Tiens, tiens, si on peignait sur les murs ?! » Ah, ils sont fous ces Roumains ! Ben, non pas si fous que ça parce que le résultat est pas mal. Pas mal du tout même. A tel point que même l'Unesco a décidé de les classer dans sa belle liste de Patrimoine Mondial. Il faut dire que l'accumulation de peintures colorées est assez incroyable. Tantôt remarquables pour celle du Jugement Dernier à Voronet (où on comprend très vite qu'il ne fait pas bon vivre chez Satan), tantôt pour celle de l'Echelle des Vertus à Sucevita (rien qu'à regarder les 32 niveaux, on se rend clairement compte que l'on atteindra jamais le paradis) ou encore celle du siège de Constantinople à Moldovita, ces fresques sont étonnantes de détails et de couleurs.

Au-delà de ces dessins muraux, leurs environnements sont tout aussi appréciables. Les mains vertes des sœurs nous offrent de somptueux jardins fleuris où l'on peut respirer des roses de toutes les couleurs et des puits quasi ancestraux nous permettent de nous rafraîchir d'une eau puissée personnellement à plusieurs mètres de fond.

 Mais aussi sur les œufs !

Ils devaient s'ennuyer fermement parce que non seulement, ils se sont attaqués aux murs des églises (là, la foi peut faire son œuvre) mais ils se sont aussi décidés à peindre sur les œufs. Oui, oui, les œufs de poules ! Ceux que vous mangez à la coque, au plat ou brouillés ! Et bien, eux, ils ont décidé de s'en faire un passe-temps, enfin, disons plutôt une tradition. Mais peut-être avez-vous déjà entendu parler des œufs de Bucovine ?! Ce sont des coquilles d'oeufs vides que les femmes de la région s'appliquent à décorer à l'aide de la cire d'abeilles et selon la méthode du batique. Oh, je vous vois écarter les yeux. Faites pas cette tête, le batique, c'est pas compliqué, c'est le principe du négatif. Vous mettez du noir sur les surfaces que vous voulez que l'encre ne colore pas, vous appliquez l'encre et ensuite, vous continuez avec la couche suivante et la couleur d'encre suivante. Et ainsi de suite jusqu'à ce que vous ayez réalisé toutes les couleurs souhaitées. Enfin, vous faites fondre la cire. Alors, miracle, les couleurs apparaissent ! Wwaaoouuhh

 

Une hospitalité à toute épreuve

Avec Vladimir, nous pensions être tombés sur un phénomène isolé mais notre rencontre avec Viorica pour les œufs et Elena comme hôte d'une pension, nous nous sommes rendus à l'évidence que l'hospitalité est un art à part entière chez les Roumains. Nous ne pouvions donc pas ne pas en parler.

C'est Viorica qui a poursuivi le bal en nous faisant découvrir l'art ancestral de « l'écriture sur œufs » comme ils disent ici. Et pour cela, elle n'a pas hésité à nous accueillir en plein barbecue du dimanche, nous permettant non seulement de nous asseoir à sa table avec son beau-frère et sa belle-soeur mais en nous rinçant aussi abondamment de liqueur de myrtilles et de framboise, de fromage frais et de viandes en tout genre.

Elena a pris la relève le soir même. Déjà son petit panneau avec « Soyez les Bienvenus » avait tapé dans l'oeil d'Ander mais son ouverture d'esprit nous permettant de camper devant sa maison alors que le lieu n'était absolument pas adapté pour la venue de notre Chily (oui, maintenant, il a hérité de ce petit nom par Ophély depuis la troisième mésaventure – Chily parce qu'il met du piquant dans notre voyage et Chily parce qu'on l'a acheté à un mec de Chilly-Mazarin) a fini de nous convaincre de sa bienveillance. Et quand en plus, nous avons eu la chance de voir rentrer deux autres hôtes, des roumains en habits traditionnels accompagnés d'un accordéon, nous avons immédiatement compris que le moment allait être inoubliable. Et il le fut. Nous avons dansé au rythme des airs locaux, des incontournables classiques internationaux et même au son de la Marseillaise impeccablement chantée par la femme de l'un des musiciens. Mémorable ! On vous passera les détails de notre dîner et petit-déjeuner qui furent tout autant à la hauteur.

12 – 13 AOUT 2013 – J+14 à J+15 – Bicaz - ENTRE LAC ET GORGES...

Un camping pas comme les autres

La tournée des monastères terminée, nous voulions connaître une autre particularité de la région et pas des moindres puisque toutes les personnes rencontrées jusque là s'accordaient à lui donner le titre de « plus beau paysage de Roumanie ». Nous avons prié Chily de prendre son courage a deux mains et d'emprunter une route en lacets quelque peu défoncée (mais rien à voir avec Prislaup) le long d'un lac afin de nous mener le lendemain aux gorges de Bicaz. Bon, on l'a ménagé en lui faisant faire la route en deux temps. Ce qui nous a valu une pause originale sur les rives du lac de Bicaz dans une base nautique, comment dire... désuète ! Nous avons vérifié que le panneau indiquant camping était toujours d'actualité et que la place pavée entourée de bars en tout genre était acceptable pour y séjourner une nuit. Verdict : si la nana nous a convaincu de rester, a posteriori, ce n'est pas la nuit la plus calme que nous ayons connu. Au moins, on aura eu de quoi recharger en électricité : une multiprise de base trainant sur le rebord de pierre et protégée de la pluie de la veille par une vulgaire poche plastique. Bon, si je me souviens bien, dans une voiture, on est protégé de la foudre. Espérons que ce soit la même chose avec les courts-circuits ! Euh, Papa ?! (pour ce qui ne le connaisse pas, mon père est électricien!)

Le  Lac Rose qui n'a de rose que le nom

Plus ou moins remis de la musique à donf jusqu'à tard dans la nuit et des aboiements de chiens à pas d'heure, nous avons tranquillement zigzagué sur la route 12C entre Bicaz et le lac Rose. Bon si son homonyme sénégalais peut au moins prétendre virer au rose, celui-ci n'a de la couleur que le nom. Rien autour ni dans l'eau ne nous a laissé présager de cette tonalité. Mais peu importe car c'est toutefois un cadre très plaisant pour se détendre et nous nous sommes laissés séduire avec joie par un tour en barque comme les nombreux touristes locaux. Requinqués par un « kurtoskalacs » (sorte de croissant géant vide et caramélisé), nous avons eu le plaisir de parcourir une seconde fois cette route resserrée comme encastrée entre des à-pics calcaires majestueux avant de prendre la route vers notre dernière étape de cette première incursion en Roumanie : Iasi.

 

13 – 14 AOUT 2013 – J+15 à J+16 – Iasi - QUAND UNE RUE RESUME TOUT

Bon, on commence à s'habituer aux rebondissements alors quand une visite du côté de Cotnari (c'est un village connu pour son vin) n'a pu aboutir, nous n'étions presque pas étonnés. Pour une fois que l'on était en avance pour éviter de débarquer trop tard et trouver un dodo dans l'urgence ! Et bien râté, car nous avons dû nous rendre rapidement à Iasi, bien sûr un peu tard et il nous a été impossible de se faire comprendre pour trouver le camping situé en bordure de la ville. Dans une ville de 300 000 habitants, le dodo dans un camion s'avère toujours plus délicat ! Mais encore une fois, nous avons pu compter sur la gentilesse des locaux. Une dame responsable d'une petite pension a accepté de nous accueillir dans son allée et de nous prêter une salle de bain. Bon, elle a du avoir pitié de nous et le passeport « Oihana » a certainement aussi fait son effet !

Le premier aperçu de la ville la veille ne nous enthousiasmait pas plus que ça et c'est plutôt sans grande envie que nous nous sommes rendus au centre. Truffée de travaux, l'atteindre a relevé du parcours du combattant. Mais une fois de plus, ce fut un mal pour un bien parce que l'avenue principale sur laquelle se concentrent tous les beaux bâtiments était fermée à la circulation. On a pu se balader peinard et voir de beaux édifices, notamment l'église Trei Ier Arhi avec ses minitieux ornements finement ciselés sur sa façade ou admirer encore la ferveur religieuse au sein de la Cathédrale Métropolitaine.

Bon, rassurez-vous, Oihana en a eu pour son plaisir également lors de notre pause marchande au Carrefour du coin (oui, oui, un vrai Carrefour comme chez nous, bien grand, bien achalandé...) où un espace dédié aux enfants regroupe piscines à balle, toboggans en tube ou encore ponts de singes. Bref, de quoi l'éclater avant notre longue route vers la Moldavie, la République cette fois !