25 – 26 AOUT 2013 – J+27 à J+28 – Murighiol (Roumanie) RETOUR SURPRENANT CHEZ LES DACES

Après avoir pris on ne sait combien de kilos, occasionné quelques tracasseries à nos amis Olga et Victor (et Cristina), fait un certain nombre de machines à laver (même le siège auto d'Oihana y est passé ; indispensable après le passage frontière!) et réparé quelques boulettes, notamment celle d'Ophély qui n'a pas retiré assez vite la carte bleue du distribteur qui s'est donc fait un malin plaisir de l'ingérer, il nous fallait bien reprendre la route et franchir une nouvelle fois la frontière roumaine.

Et notre deuxième incursion allait nous réserver une belle surprise : le delta du Danube. Après une entrée animée (on commence à devenir experts) par l'oubli des passeports à la frontière moldavo-roumaine (nous nous en sommes rendu compte 5 km plus loin en s'arrêtant boire un café) et un avertissement policier pour excès de vitesse (il a été cool, 65 km/h pour 30, on a même pas eu d'amende juste un avertissement...), on a débarqué à Murighiol, petit village sur l'un des trois bras du delta.

Et rien de tel qu'une sortie en bateau à moteur pour aller découvrir les méandres de cette sublime étendue aquatique qui nous a mis les cinq sens en éveil dès 6h30 du matin. Inévitablement, on en prend plein la vue, ne serait-ce que par les reflets du lever d'un soleil rougoyeant sur le lac aux eaux verdoyantes, le tout sur un fond de ciel d'un bleu limpide et de brouillad matinalç_fghro-uèib(

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('. Le toucher n'est lui non plus pas en reste, que ce soit par la brise fraiche du matin ou par les moustiques qui se font à malin plaisir à nous souhaiter la bienvenue. Heureusement, le contact avec les roseaux dans les étroits canaux reliant les différents lacs de la zone est bien plus agréable. Vient ensuite l'ouïe avec les paillements des oiseaux en tout genre et surtout les bruissements d'ailes des milliers de pélicans venus passé ici l'été, naviguant de zones de pêche en zones de pêche. Les effluves du fleuve et une petite halte gustative du côté des chataîgnes d'eau finissent de parachever ces délicieuses heures de navigation dans ce petit paradis, comme coupé du monde.

26 – 27 AOUT 2013 – J+28 à J+29 – Mamaia LE JOUR OU ON A CRU QU'ON ALLAIT VOIR DAVID GUETTA

On avait laissé derrière nous lors de notre première entrée une Roumanie campagnarde, peu dépaysante par rapport à chez nous mais en arrivant à Mamaia, on a cru qu'on s'était trompés de pays, qu'on avait débarqué direct à Ibiza ! Indescriptible ! On a débarqué dans une station balnéaire moderne où les hôtels bétonnés s'alignent les uns à côté des autres, chacun avec sa plage attitrée, transats, parasols et maîtres-nageurs compris. Et pour ceux qui ne souhaitent pas larver sous le soleil, qu'à cela ne tienne, ils peuvent se rabattre sur les beach bar, tous aussi « trendy » qu'à Ibiza. Pour dire, il y a même un véritable « Café del Mar » (on croit savoir qu'il en existe 6 dans le monde). Sans parler de l'avenue piétonne plus commerçante que la rue Sainte-Catherine de Bordeaux ! Mais on vous a gardé le meilleur pour la fin, la cerise sur le gâteau : les « gondolas » ! Suspendus au-dessus des buildings du bord de mer, des œufs flambant neufs, au couleur de la Roumanie, trimballent les touristes d'une partie à l'autre de la ville. Bien évidemment, on s'est fait un tour, rien que pour le fun ! Et on a été servis car ça nous a permis non seulement de se rendre compte de l'ampleur de la station (qui s'étable entre mer et lac sur des kilomètres) mais aussi de découvrir l'existence d'une sorte d'Aqualand en plein centre.

Malheureusement, la météo n'a pas été des nôtres et dès le soir de notre arrivée, nous avons eu droit à la pluie. Bon, par principe, on a quand même touché pour la première fois la Mer Noire (Ander un peu plus que les filles car un peu moins frileux) avant de reprendre la route vers la capitale, Bucarest.

27 – 30 AOUT 2013 – J+29 à J+32 – Bucarest ENTRE GRANDEUR ET DECADENCE

 

A mi-chemin entre New-York et Paris, à mi-chemin entre décrépitude et splendeur

 

On a débarqué en ville avec une impression mitigée, certainement à cause des bouchons, d'une arrivée au milieu d'immeubles décrépis dès les premières avenues... mais très vite, on a été surpris par les beautés qu'elle offre et on s'est attaché à cette ville. Il s'en dégage un mélange entre l'architecture parisienne et les larges boulevards bardés de publicité à la new-yorkaise, avec une touche de soviétisme en plus ; une sorte de juxtaposition de grandeur et de décadence difficilement descriptible. Regardez les photos, peut-être que ce sera plus efficace. Et encore, Ander a forcément privilégié les bons côtés. Mais partout le beau côtoie l'affreux. Par exemple, au détour d'une rue aux balcons abîmés s'expose comme un joyau au milieu d'un écrin de débris, l'église de Stavropoleos. On croirait presque que deux espaces parallèles sont regroupés dans le même tableau.

 

Des grandes avenues encombrées aux petites rues piétonnes du quartier de Liscani, on s'est laissés happer doucement mais surement par la capitale roumaine et notre balade à vélo (avec carriole adaptée pour la mini-miss) a fini de nous séduire. Bucarest est une ville vivante, moderne (des écrans plasmas animent les rues de leurs écrans publicitaires ou encore les rampes de métro possèdent des sièges pour descendre les handicapés). C'est à coup sûr une ville au lourd passé qui ne demande qu'à se tourner vers l'avenir ! Et on ne demande qu'à l'accompagner dans cette aventure. C'est d'ailleurs comme ça comme s'est laissé tenter par son Centre Militaire National, très bon repère pour les gourmets. Même si nous avons longtemps hésité à y rentrer tellement le monument impressionne par son architecture et sa beauté, nous n'avons absolument pas regretté de découvrir la « cantine » des dignitaires de l'armée et des services secrets ouverte au public !

 

De notre petite escapade dans Bucarest, il ne nous restera qu'une seule frustration, celle de ne pas avoir profité de la vie nocturne que l'on sent bouillonante. Lors de notre passage, la ville accueillait quand même Roger Waters (Pink Floyd) pour un concert « The Wall » (du nom du célèbre album) au pied du Parlement. Mais ce n'est que partie remise... On pense pouvoir motiver quelques énergumènes angloys pour y retourner sans les enfants !

 

Le palais de la démesure

 

On nepouvait pas vous parler de Bucarest sans évoquer son monument le plus célèbre : le Palais du Parlement, palais construit à la demande de Ceausescu afin d'illustrer sa grandeur et surtout sa démagogie ! En effet, sa visite est une accumulation de superlatifs et de chiffres, plus incroyables les uns des autres. Deuxième bâtiment le plus grand au monde après le Pentagone, seulement 70 % du projet initial ont été élaboré à ce jour (enfin, entre 1984 et 1989). Mais au-delà de la démesure, c'est l'inexploitation qui attire l'attention aujourd'hui. Face au dilemme entre la mise en lumière de cette époque peu glorieuse de leur histoire et l'utilisation de la magnificience d'un palais comme celui-là, les Bucarestois ne savent pas trop comment agir. Il sert donc comme initialement prévu de parlement mais toutes les fonctions prévues par l'ex-dictateur (ministères, services secrets, théâtre, salles de conférence, balcon présidentiel...) n'ont jamais été ou quasiment pas exploitées. Même lui n'aura pu en profiter puisqu'il mourra avant ! Presque un gâchis ! Car plus de 2500 travailleurs et 700 architectes ont sué sang et eau 24 heures sur 24 pour monter cet édifice aussi haut que l'Arche de la Défense et surtout sa construction a nécessité le déplacement (sans relogement bien evidement...) de plus de 45000 personnes lors du déblaiement de terrain, autrefois quartier d'habitation très peuplé.

 

Mais revenons un peu aux chiffres à faire tourner la tête pour illustrer une fois de plus la folie des grandeur. Citons par exemple le poids d'un des lustres qui, a lui seul, rassemble 5 tonnes de cristal et offre de la place en son intérieur pour accueillir 4 personnes afin de le nettoyer. Il faut aussi parler de ce tapis de 3 tonnes qui a dû être réalisé directement sur place car il était impensable de le déplacer après réalisation. Et pour en finir avec les nombres, nous nous contenterons de vous dire qu'il possède plus de 1000 pièces... Bref, de quoi vous laisser imaginer l'avalanche de chiffres qui y plane !

 

Il faut également retenir que Ceausescu voulait a tout prix que tout ce qui constituait le palais vienne exclusivement de Roumanie... Et si le marbre rose, le bois et la pierre sont des denrées disponibles dans le pays, il a fallu importer des vers à soie de Turquie afin qu'ils tissent leur fils précieux sur le territoire roumain et permettent d'afficher le « made in Romania » tant désiré. Sachez enfin que le système d'aération (et de chauffage) est entièrement naturel car Monsieur avait bien sûr trop peur du risque d'empoissement via l'air conditionné ! On pourrait encore vous en citer des anecdotes incroyables mais bon, je crois que vous avez déjà eu suffisamment votre dose. Bref, un truc de... dictateur !

 

 

30 AOUT 2013 – J+32 – Sinaia (Château de Peles) AU CHATEAU DU ROI CAROL IER

 

On avait lu dans les guides qu'il était sympa de le visiter. On a hésité quelque peu parce qu'il était noté comme très touristique mais finalement, nous nous y sommes lancés... et nous ne l'avons absolument pas regretté. Loin de là, cela a même été une agréable surprise. Lové au milieu de la forêt et d'accès difficile (un bon kilomètre sur les pavés), son apparition est détonnante, d'autant plus que sa pierre blanche tranche avec la verdure environnante. Et son intérieur est tout aussi époustouflant. Nous qui pensions y trouver un château fait de dorures et compagnie, comme dans à peu près toutes les royautés, il n'en fut rien. Bien au contraire ! On a eu droit a un style très germanique, fait de bois lazuré, foncé et chaud. On est allé d'escaliers presque confidentiels en portes secrètes pour passer d'une aile à l'autre.

 

Pour l'aspect historique, le château de Peles a été élaboré comme résidence d'été de Carol Ier et sa construction a nécessité plus de 40 ans. Collectionneur passionné, le roi voulait faire de ce lieu une sorte de musée où chaque pièce reflète une influence spécifique. Et si l'architecture allemande domine l'ensemble, la visite de certaines salles nous a totalement transporté en Orient avec la présence de narguilés et sacs à tabacs.

31 AOUT 2013 – J+33 – Bran DRACULA, PAS SI VAMPIRE QUE CA !

Venir en Roumanie, traverser la Transylvanie et ne pas aller faire un petit coucou au château de Dracula, c'était difficilement envisageable. Pourtant, on a longuement hésité... une fois de plus, car les guides étaient clairs : outragement touristique pour pas grand chose ! Mais que Bram Stoker en soit fier, il a ancré quelque chose dans nos gênes de si profond qu'il nous a fallu aller vérifier par nous mêmes. Bilan ?! Et bien, les guides ont parfaitement raison ! Hormis son emplacement sur un piton qui lui confère un caractère mystique indéniable, l'intérieur n'a rien de bien extraordinaire et surtout, son lien avec Dracula est un peu trop tiré par les cheveux ! En fait, le prince Vlad Tepes, personnage à l'origine du roman, n'y aurait séjourné que quelques temps. Comme quoi, la fiction peut influencer la réalité ! D'ailleurs, afin de rectifier l'imaginaire collectif, le fameux Vlad Tepes n'avait rien d'un vampire. Il avait simplement des méthodes un peu expéditives (Tepes signifie tout de même « l'empaleur »...) pour punir ceux qui se mettaient en travers de sa route. Pour couronner le tout, il était même plutôt reconnu comme un « Robin des bois » de son époque. Comme quoi ! En revanche, le château décrit dans le livre est bien celui de Bran et un personnage ayant existé dans les environs pourrait être à l'origine de la légende... Il s'agit de comtesse Bathory qui buvait le sang des jeunes filles pour garder leur éternelle jeunesse. Ses crimes sanguinaires furent sévèrement punis puisqu'elle fut condamnée à être emmurée vivante. Mais une femme comme héros de roman au XIXème, ça devait pas trop le faire !

 

31 AOUT – 1ER SEPTEMBRE 2013 – J+33 à J+34 – Brasov LE MALHEUR DE DEUX TOURISTES FAIT LE BONHEUR D'UN VOLEUR OU LES EXPERTS A BRASOV

C'est avec encore un pincement au cœur que j'écris ces quelques lignes ! Ben oui, ce qui devait certainement arriver arriva, nous avons eu une tuile ! Que les âmes sensibles se rassurent de suite, rien de grave ! Tout le monde est en bonne santé ! Mais nous avons fait les frais d'une certaine négligence de notre part. On s'est fait avoir comme des bleus ! Maintenant que les inquiets sont tranquillisés, satisfaisons les curieux et racontons nos malheurs ! On s'est fait emprunter quelques biens pour une durée indéterminée... ! Voilà, vous savez tout ! Oui, je sais, comment, ça, quoi ça... Vous voulez les détails. Bon, ça me fait pas très plaisir mais faut bien qu'on vous raconte nos aventures et donc nos mésaventures. Et bien voilà, on a débarqué à Brasov, deuxième ville du pays (300 et quelques milles habitants) et on s'est garé près d'un parc, à côté de voitures toutes plus classiques les unes que les autres. Bref, on s'est garé comme on le ferait dans n'importe quelle ville et on est partis se balader. On est partis découvrir la vieille cité médivale saxonne. On est partis arpenter la rue de la ficelle, la ruelle la plus étroite d'Europe de l'Est (1,32 m de largeur apparamment). On est partis se régaler dans un self-service « made inRomania » incroyable. On est partis observer les lettres de Brasov comme celles de Hollywood, sur la colline dominante... Et on a décidé de revenir à la voiture pour parcourir les rues arrières de la ville pour voir les bastions de l'ancienne citadelle. Et voilà qu'Ander a constaté que sa portière était ouverte et que la boite à gants assurément fermée à clef ne l'était plus. Constat indéniable : on avait été volés ! Le bilan des dégâts s'est alors imposé sur le chemin du commissariat : le téléphone portable d'Ophély qui s'était fait la remarque au moment du déj mais avait eu la fainéantise d'y retourner et surtout une pochette bien précieuse contenant une carte bleue, l'équivalent de 200 € retirés la veille, la carte grise et les permis de conduire français. Ophély avait eu la bonne idée de partager tous les papiers quelques jours auparavent (une CB d'un côté, une CB de l'autre, permis nationaux d'un côté, permis internationaux de l'autre...) mais n'avait pas eu la présence d'esprit de cacher au moins la pochette dans un endroit moins visité ! Pourtant, c'est la première chose qu'on conseille, non ?! Ne pas laisser les papiers dans le véhicule ! Bref, le mal était fait, la culpabilité aussi. Bon, on pourra au moins dire que la police roumaine est tout à fait compétente. En moins de deux heures (le plus long a été d'attendre la traductrice officielle), notre plainte était enregistrée en roumain, traduite en anglais, la serrure était passée à la poussière noire pour relever les éventuelles empruntes et le téléphone notifié à mettre sur tracking. Un joli spectacle pas forcément efficace mais qui a le mérite d'exister. On profite de cet article pour 1. préciser que le numéro d'Ophély n'est pas joignable jusqu'à fin octobre (mais le numéro devrait rester le même si tout se passe bien) et 2. remercier Joe, alias « tata Assurance » pour ses précieuses informations. Pour le reste, il faudra patienter jusqu'au retour pour le bilan financier (on va enfin savoir si on est bien assurés) et jusqu'à la fin du voyage pour savoir si une simple déclaration de vol de carte grise suffit à passer les frontières dans et hors de la CEE. A l'heure où ses lignes sont écrites, nous avons au moins pu passer sans encombre en Bulgarie.

 

1ER – 4 SEPTEMBRE 2013 – J+34 à J+37 – Sighisoara – Sibiu UN PETIT COUP DE SAXONS

 

Malgré l'amertude au fond de la bouche, il a bien fallu reprendre du service et continuer le chemin ! Par chance, notre route poursuivait par une région des plus sympathique de Roumanie, le pays des citadelles saxonnes.

 

 

De la citadelle-musée de Sighisoara...

 

Notre première étape du circuit nous a menés vers Sighisoara et sa cité féodale incroyablement conservée. Et lorsqu'on a grimpé les marches bien sympatiquement abruptes pour la poussette qu'il a fallu gentiment porter, nous attendait une animation surprenante. Nous qui pensions débarquer dans une sorte de ville-musée avons été accueillis aux sons des musiques locales. En fait, on était tout simplement dimanche et s'achevait ce jour-là le festival ethnique de danses et chants traditionnels des Balkans. De quoi passer un moment régénérant et surtout constater que les costumes traditionnels serbes sont très similaires à ceux du Pays Basque, notamment les chaussures en cuir à lacets ! Ah ces basques, ils trainent vraiment partout ! Dès le matin, les rues étaient des plus désertes et nous avons pu profiter toute la journée et même la soirée (pour un tour de nuit) d'une citadelle silencieuse, de ses maisons aux couleurs pastels et de sa magnifique tour de l'horloge qui domine de ses 64 (décidément c'est un signe...) mètres la cité.

 

 

 

 

à la ville médiévale de Sibiu...

 

Nous nous sommes ensuite attaqués à la capitale européenne de la Culture en 2007, j'ai nommé « Sibiu ». Contrairement à sa collègue, cette ville fortifiée est bien plus vivante et plus naturelle. Les trois places principales de la citadelle étroitement imbriquées sont animées de commerces et de passants, et les véhicules circulent sans discontinuité dans les rues adjacentes. Bref, le cœur de Sibiu respire. L'une de ses artères piétonnes nous a même rappelé des airs du Cour Saint-Emilion avec ses terrasses de café et ses vitrines alléchantes. Du coup, on s'est laissé aller à siroter une limonade (avec de vrais citrons pressés s'il vous plaît), déguster une belle glace à l'italienne, faire une petite séance shopping et Ander a même accordé une interview à Eric Lange du Mouv (la radio) ! Trop dur la Roumanie. Oh, rouspétez pas, on a pensé à vous lorsque le soleil piquait un peu trop fort nos visages détendus !

 

 

en passant par les petites églises fortifiées

 

Entre les deux, quelques petites haltes par les églises saxonnes fortifiées classées au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Si certaines nous ont permis de découvrir quelques villages reculés et prendre l'air de la campagne à plein poumon, d'autres nous ont laissé un goût plus neutre. Ben ouais, faut être honnête, une église reste une église et même si elles sont parfois joliment fleuries ou encore blanchies à la chaux. Peut-être aussi qu'on commence à saturer de tant de spiritisme, autant saxon soit-il !

 

5 – 6 SEPTEMBRE 2013 – J+38 à J+39 – Hunedoara – Citadelles daces – Alba Iulia COMME FAIRE D'UN DETOUR FUTILE UNE HALTE BUCOLIQUE

 

Notre escapade de trois mois nous permet d'avoir un temps certain ; on s'est donc permis de visiter la Transylvanie méridonale de fond en comble. Pour ça, on a pris la direction de Hunedoara et d'Alba Iulia. Ca ne vous dit bien sûr rien et franchement, ne retenez pas particulièrement ces noms car honnêtement, on aurait pu se passer de ces excursions... Que ce soit pour le Château des Corvin (Hunedoara) dont le panorama général reste attrayant (enfin ça c'est l'avis d'Ophély parce qu'Ander à trouvé l'extérieur du château vraiment incroyable... jugeZ vous même sur photo...) mais dont l'intérieur ne mérite même pas d'être visiter tellement il est vide, ou même pour la citadelle façon Vauban d'Alba Iulia, trop rénovée à notre goût et vraiment trop calme.

 

Mais parfois des détours qui s'avèrent inutiles permettent de prendre des chemins différents et de tomber sur des lieux improbables comme ce fut notre cas avec la visite de la citadelle dace de Sarmizegetusa Regia, capitale de la Dacie, datant de l'époque de Jésus-Christ. Perdus au milieu de la forêt et nécessitant une bonne dose de persévérance pour les atteindre (18 km de chemin non asphaltés et parfois pentus), ces vestiges nous ont offert une résonnance particulière. On a presque cru qu'on allait rencontrer Panoramix... La nuit tombant, on a quand même préféré redescendre un peu plus bas dans la clairière pour établir notre premier camp « sauvage », au bord de la rivière. L'endroit était certes bucolique mais la température extérieure pas des plus accueillantes, faut le reconnaître. On peut pas tout avoir. En tout cas, ça valait bien les quelques frissons ! D'autant plus que le réveil ensoleillé aux sons des clochettes des vaches et des moutons a fini de nous réchauffer. Sans parler du plaisir d'observer Oihana découvrir cette vie animalière !

 

7 - 8 SEPTEMBRE 2013 – J+40 à J+41 – La Transalpine UN PEU DE SAUVAGE... ENFIN !

 

A croire que parfois il a des lancées. Après notre première tentative de camping sauvage, la nuit suivante allait à nouveau nous réserver une belle expérience ! Pourtant, le début de la journée n'en avait rien laissé présager. Faut dire que les premières dizaines de kilomètres avaient été plutôt ponctuées de massifs touffus de sapins où il était même parfois de distinguer la route sinueuse. On avait du mal à croire qu'on allait parcourir des espaces dégagés et pelés comme on les aime sur la dernière tranche de la Transalpine. Surtout qu'en plus des étendues denses d'épineux, on croisait en guise de rochers d'innombrables coureurs de champignons. Oui, oui, des coureurs de cêpes même ! A proximité d'un village (enfin, plutôt un camp pour marchands de bolets), on a carrément croisé, sans mentir, des dizaines de camionnettes remplies de centaines de cageots contenant eux-mêmes des milliers de kilos de têtes-de-nègres. Hallucinant ! Rassurez-vous, on avait déjà fait nos petites emplettes à un papi quelques kilomètres en amont, histoire de s'enfourner un petit kilo de ces jolis spécimens tranquillement le soir même... pour 2 € ! Ben ouais, fallait bien s'offrir un dîner aux petits oignons pour contempler les Carpates arides alentours au soleil couchant et s'engraisser suffisamment pour supporter la nuit glaciale qui s'annoncait. Pour vous dire, on a même été obligés de défaire la banquette de notre superbe T4 pour s'y lover tous les trois (et pas deux et demi parce que croyez-nous, la mini-miss, elle prend sa place, amplement!) et ainsi laisser le toit fermé pour garder au maximum la chaleur dans l'habitacle. Même avec ça, il a fallu qu'on y mette un coup de chauffage. Ben oui, 3°, ça finit par rafraichir même à travers la tôle !

 

8 - 9 SEPTEMBRE 2013 – J+41 à J+42 – Les Portes de fer ET DE TROIS... NAVIGATIONS SUR LE DANUBE

 

Notre ultime escale roumaine nous a conduit pour la troisième fois sur les eaux danubiennes... Après Budapest qui nous paraît être à des années-lumière aujourd'hui et le delta où les bruissements d'ailes des pélicans résonnent encore dans nos têtes, nous nous sommes attaqués aux gorges les plus étroites du fleuve. Difficile d'imaginer, en apercevant la Serbie à quelques dizaines de mètres, que l'on longeait le deuxième fleuve d'Europe en terme de longeur et de débit (le premier est la Volga). Alors forcément après avoir roulé sur sa rive roumaine pendant quelques heures, on a voulu apprécier les vues sur les a-pics environnants en contre-plongée. Nous avons élu temporairement domicile dans un petit bateau pour déambuler le long des parois plongeantes, regarder du coin de l'oeil la sculpture gigantesque de Decebal sur l'une d'entre elles, sentir le froid glacial sortir d'une grotte à flanc d'eau et bien sûr, traverser les petites et les grandes gorges.

 

Mais on est insatiables, vous commencez à le savoir, et la vision de toute cette eau fraiche n'a fait que nous motiver pour aller toucher d'autres eaux célèbres dans la région, chaudes cette fois-ci : celles de Baile Herculane. Il s'agit d'une station thermale, qui a connu son heure de gloire du temps de l'empereur François-Joseph et l'impératrice Sissi et qui malgré ses reliquats quelque peu décrépis, continue de séduire les Roumains. On s'est donc appliqués à trouver les deux bassins en plein air dans lesquels s'écoule une eau délicieusement chaude et souffrée descendant direct de la montagne. A tour de rôle, on s'est mélangés aux locaux, laissant les minéraux faire leur travail de détente et bienfait thérapeutique. Ainsi s'achevait notre périple sur les terres de Nadia Comanesci !