20 – 23 FEVRIER 2010 – J+196 - J+199 – LA BOUCLE BOLIVIENNE

 

Nous sommes venus dans le nord du Chili pour cette boucle ! Pour la petite histoire, en 2003, quelques mois après notre rencontre, Ander partait pour 2 mois en Amérique du Sud, reliant Santiago à Lima, via La Paz. A cette époque, Ophély n'avait pu le rejoindre « que » durant un mois et avait préféré la partie « Inca » (La Paz – Lima) à la partie « Nature » (Santiago – La Paz), l'influence des « Cités d'or » ayant eu raison d'elle ! Mais à leur retour, lorsqu'elle avait découvert les photos de ce premier périple, une grande frustration était née. Certes, elle était ravie d'avoir vadrouillé sur les traces d'Esteban et Zia mais s'était alors promise qu'elle y retournerait un jour pour régler cet acte manqué ! Alors, forcément, lorsque nous avons établi l'itinéraire de notre tour du monde et que nous avons retenu l'île de Pâques au départ de Santiago, le petit détour par San Pedro de Atacama et le salar d'Uyuni s'est imposé de lui-même. Enfin, Ophély allait pouvoir fouler cette étendue de sel à perte de vue !!

 

Acte I – La guerre des couleurs

Après les démarches douanières qui s'éternisent et le passage frontalier au pied du fameux bus tricolore des photos d'Ander, nous avons attaqué notre périple avec une équipe de 6 joyeux lurons : le bolivien, José, notre chauffeur-guide, étudiant de 23 ans accumulant des pépètes pour se payer ses études, les catalans Eli et Dani, prof de sport et pompier en tour du monde, l'allemande Simone, étudiante volontaire dans un orphelinat dans la vallée sacrée du Pérou et nous, Bonnie & Clyde ! Nous avions tous envie de prendre notre temps, de musique pour nous rythmer notre avancée et d'éviter les foules... C'est sûr, on allait bien s'entendre !

 

Premières images et déjà les yeux qui pétillent. La « Laguna Blanca » offre son arsenic aux flamants pour notre plus grand plaisir et déjà, on aperçoit les reflets doubles dans les eaux clairs de la lagune. Mais nous n'en sommes qu'à la mise en bouche.

Et oui, au détour d'un virage, José nous annonce la « Laguna Verde », grand moment du circuit mais celle-ci ne se présente pas sous son meilleur jour et semble avoir laisser ses teintes verdoyantes au placard. Une pointe de déception enfle dans la voiture et les dires de José, comme quoi le vent va se lever d'ici quelques minutes pour nous offrir le spectacle, nous laissent plus que dubitatifs. Tu parles qu'il va se lever, y'a pas un pête d'air aux creux de ces montagnes aujourd'hui ! Bon, on a quand même posé notre cul sur les rochers car l'espoir fait vivre et là, dites-nous pas que c'est pas vrai, voilà que le vent se lève et comme par magie, les alluvions de magnésium se sont mis à danser au fur et à mesure que la brise avançait sur la lagune, laissant exploser sa couleur majestueuse. Chut ! Silence... Dame Nature nous déroule le tapis vert !

Après l'eau, le désert. L'étape suivante nous a mené au « désert de Dali », où quelques roches clairsemées animent de leur posture cette vaste étendue de sables. Elle doit son nom à un célèbre tableau que le maître a peint avec pour toile de fond cet univers désolé. Regardez de plus près la toile, regardez dans le coin gauche, si, si plus près, vous ne voyez pas... c'est nous ! Puff !!

Quelques minutes plus tard, pause kilométrique à défaut d'une pause visuelle (nous continuons à en prendre plein les yeux) dans un bassin d'eaux thermales bonnes pour les rhumatismes... A nos âges, on ne peut refuser ! Un pur moment de détente avec vue sur les pics enneigés alors que l'on transpirait presque de la chaleur de l'eau !

Et le menu continua avec les geysers « Sol de mañana », véritable marmite de Panoramix. Impossible maintenant de nier... les Chiliens sont des menteurs. Ils prétendent que les geysers del Tatio, sis à 4321 mètres, sont les plus hauts du monde. Combien pour les boliviens ? Quasi 5000 ! Ouhhh, la misère ! C'est pas beau de mentir !

Et de reprendre la route pour toujours autant de merveilles. Sur fond de « Wonderful Wolrd », nous dévisageons les paysages altiplaniques, leurs collines « cappucino » transformées en dénivelés de beige, d'ocre, de rouges, de bleu-vert par les activités minières.

Même la pluie, qui aura pourtant bien fait son possible, ne viendra pas nous gâcher le spectacle... de nos heures de contemplation de la « Laguna Colorada » changeant de tonalité à chaque seconde. Et des centaines de flamands rose de se joindre pour notre satisfaction, armés de leur plus beaux plumages « pink ». A en rester coi ! Heureusement, le froid commençait à se faire mordant et notre niveau de résistance plus difficile, sinon, nous serions peut-être encore sur place et nous ne vous aurions pas mis en ligne les photos de ce petit coin de paradis sur terre.

 

Acte II – L'arbre de pierre contre-attaque

La deuxième journée fut tout aussi intense... Nous n'avons pas manqué de rendre visite au célèbre « arbol de piedra » (arbre de pierre), dans le désert de Siloli. Ah, on fait moins les malins devant cette statue de pierre de presque 10 mètres et on surveille à deux fois avant de faire la photo à sa base qu'il est bien accroché... On sait jamais s'il lui venait l'idée de nous tomber sur la tronche !

Et de nouveau, nous avons enchaîné lagunes et paysages désertiques tout aussi colorés les uns que les autres avec pour fil rouge les incontournables flamands roses.

Un typique hôtel de sel fut notre dernière halte de la journée. Et si l'extérieur pouvait nous faire penser à n'importe quelle structure d'hébergement, son aménagement intérieur ne laissait place à aucun doute. Les briques de sel quadrillaient les murs, les cristaux salins descendaient comme des guirlandes enneigées du plafond et les installations (chaises, tables, lits) étaient faits de lingots alcalins plus ou moins mal taillés. L'apparence austérité des lieux nous réservera une nuit chaleureuse où les couvertures à plus de 4000 mètres d'altitude se sont révélées de trop. Une véritable nuit réparatrice avant le jour J !

 

Acte III – Le retour du salar

Après ces deux jours de panoramas de fous, le grand moment était arrivé... Le salar pointait son nez ! Et quel nez !

5h15 tapantes, tout le monde dans le 4x4 prêts à couvrir la demi-heure de route pour atteindre l'île d'Incahuasi avant le lever du soleil. On devine que l'on pénètre sur le salar au changement du son des roues... ça craque ! Et progressivement, les reflets du jour laissent entrevoir la blancheur qui nous entoure. L'île est en vue. Recouverte de cactus (dont certains ont près de 1000 ans), son ombre laisse entrevoir l'explosion de prises photographiques journalières. La gâchette d'Ander va surchauffer ! On y stationne puis on l'escalade.

6H15 : que le spectacle commence ! Le soleil découvre ses couleurs à travers des nuages éparses qui viennent se refléter sur le sol humide du salar. Du blanc à perte de vue ! Plus de 12000 km² de blanc immaculé, né de l'assèchement d'une mer lors de la levée de la cordillère il y a 100000 ans.

Remis de nos émotions, nous amorçons la traversée en 4x4 pour rejoindre la « rive ». Nous pénétrons alors dans la zone humide et là, c'est le bouquet final ! On vole ! Les cumulus parfaitement formés se réfléchissent sous nous et nous perdons tout repère spatial ! On se croirait dans un engin volant ! Petit arrêt obligatoire pour naviguer sur le miroir et procéder à la séance photo immanquable de tout passage sur le salar : les effets d'optique ! On en a même profité pour faire une session « dancing » sur un air de reggeaton !

Déjà, nous devons quitté les lieux... Snifff !! Quand est-ce qu'on revient ? Notre nostalgie a du être entendue des dieux car à 500 mètres du bord (et quelques kilomètres du village), nous tombons littéralement en panne d'essence ! Plus une goutte ! Mais José négocie à prix d'or quelques litres à un camion extracteur de sel non loin de là et nous pouvons terminer notre aventure. Enfin, presque... Car nous aurons l'agréable surprise de voir débarquer les « ipocampeurs », vous savez, la famille rencontrée en... Namibie ! Les retrouvailles sont courtes... trop courtes mais intenses. On aurait bien pris un petit apéro comme à Puros, surtout que c'était notre tournée !

Et voilà que s'amorce le retour vers le Chili. Pour le petit goût de reviens-y, nous en profitons pour revoir les geysers à leur niveau maximale d'activité, la « Laguna Colorada » toujours aussi belle, la « Laguna Verde » qui n'a pas encore revêtue sa tenue de soirée et tremper nos fesses au petit matin dans les eaux thermales.

Et pour conclure ces quatre jours d'émotions, Ander manque de terminer dans les geôles chiliennes pour passage illégal... d'une pomme verte ! Tatillons, ces douaniers chiliens !