14 JUIN 2010 – J+310 – PANDI... PANDA... PETIT OURSON DE CHINE !

 

Après deux jours dans le train, nous n'étions pas mécontents de nous dégourdir les jambes. Et pour cela, nous avons été servis puisque nous avions prévu de passer la journée au « Giant Panda Breeding Research Base » pour en apprendre davantage sur ces belles bêtes qui ont marqué notre enfance... Si, rappelez-vous : « Pandi, Panda... Petit ourson de Chine... » Et oui, ça commence à dater ! Nous avons eu droit à nos premières tentatives de langage des signes pour trouver un taxi mais, coup de bol, le « Panda » est le symbole de la ville de Chengdu, alors en deux coups de cuillère à pot, on avait les fesses confortablement installées, direction le nord de la ville.

Une heure plus tard, nous observions notre premier spécimen. Quelle peluche... endormie, il n'a pas daigné nous souhaiter la bienvenue et nous avons été obligé d'aller voir ses voisins pour davantage d'animation. Et là, pour le coup, on a été servis ! Un jeune panda complètement fou faisait des roulades, grimpait sur des aménagements en bois, se jetait dans le vide, taquinait sa sœur ou son frère câlinant paisiblement sa maman... Mais, il devait être un peu fou sur les bords car il s'est bien cogné quelques fois et cela n'a pas eu l'air de trop le chagriner ! En tout cas, il nous aura bien fait rire. Le voir dans la pièce climatisée et fermée un peu moins mais c'était pour leur bien, la chaleur devenant trop pénible en été dans la région pour eux. Nous avons forcément douté sur le sérieux du centre mais sa réputation n'est plus à faire et avec le nombre de naissances qu'il affiche, il est à l'abri des mauvaises pensées de quelques détracteurs. Nous voilà rassurés !

Et toute la journée, nous avons été gâtés... Entre les gros mâles qui faisaient la sieste dans des positions incongrues, les ados qui se gavaient de bambous les quatre fers en l'air ou au bord de la chute pour tenter d'attraper la dernière branche en suspension, ou encore les adultes qui prenaient un bain dans un bassin spécifique comme un humain aurait pris un jacuzzi, le bras sur le rebord... nous nous sommes éclatés ! Les voir manger nous a bien fait marrer. Étant hors de question pour eux de manger la peau du bambou, ils s'affairaient à décortiquer le cœur avec attention, hop, la mâchoire de droite pour enlever la pellicule, hop, celle de gauche pour enfourner... une technique bien étudiée et efficace puisqu'ils peuvent ingurgiter jusqu'à plus de 100 kg de végétaux par jour !

On a aussi pu appréhender un autre spécimen, le « Panda roux ». Rien à voir avec nos amis à lunettes noirs et blancs. Eux, c'est plutôt « Rox & Rouky » ! En revanche, ils ont en commun la faculté de nous procurer du plaisir à les observer se mouver. Ils ont tous les deux tendance à « tortiller du cul » (mention spéciale quand même pour le panda géant) avec une nonchalance à mourir de rire.

Malgré un détour d'une journée et une nuit supplémentaire dans le train rien que pour voir les pandas, nous n'avons pas été déçus ! C'est toujours magique de découvrir un animal quasi disparu à l'état sauvage (seulement 1000 individus selon les estimations), qui plus est mythique comme celui là ! Bref, vous l'aurez compris... un régal !

 

15 JUIN 2010 – J+311 – XI'AN... PREMIER CONTACT AVEC UNE VILLE CHINOISE !

 

Notre passage à Chengdu a été plus que rapide et très centralisé autour de la gare pour que l'on prenne bien la mesure de ce qu'est une ville à la chinoise. A Xian, nous avons eu tout le temps nécessaire pour... halluciner ! Halluciner devant une gare peut-être deux fois plus grande que la gare Montparnasse... halluciner devant les rues commerçantes à faire exploser le budget des fans de shopping (et ne vous y méprenez pas... pas des boui-boui mais de véritables enseignes de luxe et de chaînes comme en France)... halluciner devant la modernité des chinois (le portable est plus que de rigueur, les tenues hyper léchées) ! On s'attendait à ce choc capitalistique dans ce pays mais à ce point... surement pas !

Heureusement, nous avons quand même pu trouver un quartier plus typique (à défaut d'être authentique devant la masse touristique... chinoise) où nous avons goûté nos premières « noodles » fraiches froides. C'était franchement pas mauvais mais peut-être lassant avec leur espèce de sauce maronnasse qu'ils collent partout. D'autres découvertes alimentaires ont suivi mais rien de bien extraordinaire... surtout pour nous autres, habitants du XIII° ! Avec les stands de nourriture, on a aussi pris la mesure des stands de gadgets et autres chinoiseries. Et bien là, pas très folichon ! Rien de bien innovant après notre passage à Hong-Kong et à des prix exorbitants (certainement le quartier trop touristique et la tenue d'un festival lors de notre passage), d'autant plus exorbitant que les Chinois sont arnaqueurs. En effet, lorsque nous sommes passés devant le stand de nouilles, nous avons vu un panneau avec le chiffre 4 et le symbole chinois de yuan. Connaissant donc le prix, on n'a rien demandé et on a commandé direct. Au moment de récupérer nos deux bols, Ophély tend à la nana un billet de 10 et là, celle-ci lui dit non, c'est 10 par bol, donc 20. On lui a donc gentiment souligné sa pancarte en lui disant, non, non, c'est 8 pour les 2. Elle a rechigné, a pris le billet et nous a rendu correctement la monnaie. Deux minutes après, Ophély voit sur une des tables un chinois boire un soda différent. Elle l'interroge sur le prix et le lieu d'achat puis se rend au stand et là, de 2 yuans, le soda avait intempestivement atteint les 5 yuans. Tiens, tiens, comme par hasard ! Alors, rebelote : non, non, c'est 2 en tendant la monnaie et le mec après avoir rechigné a finalement pris les sous. Et des comme ça, on en a plein d'autres... Moralité : demander discrètement aux chinois le prix qu'ils payent sans que le patron ou la patronne ne les voient vous répondre sous peine qu'ils se fassent engueuler (si, si, on l'a vu) et commander la même chose. Assurez-vous d'avoir de la monnaie et payer le prix exact. Bon, certains sont honnêtes et demandent les bons prix dès le début mais disons que c'est plutôt l'exception qui confirme la règle !

 

16 JUIN 2010 – J+312 – POUR DE FAUX ?!

 

On connait surtout Xian pour son armée de terre cuite alors comme tout touriste qui se respecte, on a été faire notre petite excursion du côté du mausolée de Qui Shi Huang, l'empereur à l'origine de cette entreprise monumentale. Nous étions impatients que ces milliers de petits soldats se dévoilent à nous mais la rencontre n'a pas été à la hauteur de nos espérances. D'abord, parce que, naïfs, nous nous attentions à débarquer sur une aire protégée en plein air et ensuite (et surtout) parce que, naïfs une fois de plus, nous pensions voir les lieux en état... non trafiqué ! Mais en fait, nous avons eu droit à parcourir les trois sites situés sous des hangars et surtout à douter très fort de la véracité des figurines observées. Sous le troisième « pit » (visité en premier pour faire monter la pression car le premier est le plus impressionnant), les « généraux » paraissaient sortir du four, frais comme des gardons, sans la quasi moindre égratignure. C'est d'ailleurs ici que nos soupçons ont vu le jour. Le deuxième, quant à lui, nous a de nouveau surpris par son... vide ! Pas une rangée de soldats à se mettre sous la dent dans ce hall de plus centaines de mètres carrés, sinon 2, 3 spécimens exposés sous des vitrines. Là encore, trop beaux pour être honnêtes. Sans parler de l'absence des couleurs que l'on voit partout sur les photos de présentation... elles auraient disparues avec la mise à l'air et les soldats exposés en bon état seraient des miraculés des siècles et des incendies. On a eu un peu de mal à avaler la pilule. On leur laissera le bénéfice du doute qu'ils aient mal effectué la réhabilitation et qu'ils aient mis trop de terra-cota neuve sur des soldats trop cassés pour tenir dans leur état initial debout. On va dire ça ! En tout cas, une fois le doute installé, il a été difficile de nous sortir de la tête l'idée d'une « adaptation » de l'histoire... D'autant plus que le musée était un illustre exemple de la propagande. Seul l'apothéose du « pit » 1 nous a quelque peu rassasiés. Enfin, nous avons pu y voir ces alignements de guerriers qui ont fait la réputation du site et enfin, nous avons pu y voir des modèles en restauration, abîmés, pleins de morceaux manquants comme on peut s'y attendre quand on réhabilite un objet datant de 200 avant J.-C., incendié et enterré depuis des siècles. Malgré ça, nous sommes donc rentrés en ville un peu frustrés et pour nous consoler, nous avons été visiter un lieu dont on était sur de la véracité : les centres commerciaux ! Pas d'interprétation subjective, ils sont ultra-consommateurs sans aucun doute !

 

17 – 18 JUIN 2010 – J+313 - J+314 – « STEP BY STEP » ET UNE JOURNEE SANS FIN

 

Après notre pseudo découverte culturelle à « Terra cota », nous n'étions pas contre un peu de dépassement physique pour se dégourdir les jambes et s'aérer le cerveau. Et pour ce challenge, nous avions choisi de mettre la barre haute avec l'ascension l'un des 5 monts sacrés taoïste : le Hua. Mais, nous n'avons réellement pris la mesure de l'effort que cela allait nécessiter qu'une fois au pied du pic. Avec une altitude de plus de 2150 mètres, la « molaire », comme nous l'avons surnommé, nous dominait de ses put. d'aplombs blancs et droits. Au début nous avons même cru qu'il ne s'agissait pas de la bonne montagne tellement elle paraissait raide et inaccessible mais la présence d'un baraquement au sommet ne nous a malheureusement pas laissé le doute très longtemps... nous allions souffrir ! Et effectivement, malgré notre amincissement indien (peut-être compensé par des kilos d'eau) et notre volonté d'en découdre, on en a bavé ! Les 37°C extérieurs et les 1800 mètres de dénivelés positifs (sur 8 kilomètres dont 4 d'escaliers) ont expliqué les choses. Heureusement, notre séjour tibétain nous avaient donné quelques globules rouges vigoureux pour récupérer plus vite et le chemin oscillait plus ou moins dans l'ombre pour nous permettre de ne pas nous dessécher trop rapidement. On en a donc clairement ch... mais on y est arrivé et cela aurait été vraiment dommage de ne pas arriver en haut. Tout d'abord, parce que nous avons ainsi pu traverser une belle gorge à la dense végétation sur la première partie avec ce pic au-dessus de nos têtes. Ensuite, parce que nous avons appris une nouvelle tradition locale : celle d'attacher aux chaînes servant de rampes des cadenas pyrogravés accompagnés de rubans rouges. De véritables farandoles de vœux métalliques ! Aussi, parce que nous avons pu constater qu'il était possible « d'escalader » un escalier. Il s'agissait davantage de parois quasi verticales entaillées à même la roche pour poser de côté les pieds en se cramponnant aux chaines ou carrément aux marches de dessus... plutôt que des marches comme nous les connaissons chez nous. Soyons clairs, un « truc » comme ça en France aurait été interdit au public ! Enfin et surtout pour les vues extraordinaires... tantôt en contre-plongée des parois graniteuses lisses... tantôt en surplomb sur l'enchaînement des monts en ombres chinoises aux dernières lueurs du soir. Sans oublier ce pourquoi nous avions décidé d'y dormir : le lever du soleil. Lorsque sur la vallée, la luminosité orangée a atténué le bleuté enveloppant de l'horizon, que le froid mordant du point du jour nous a surpris tellement nous étions habitués à la chaleur de la journée et que les dizaines de chinois « attroupaillés » pour l'occasion ont applaudi lorsque le maître a pointé le bout de son nez on a vraiment su pourquoi on était montés là-haut.

Le temps de quelques minutes nous avons oublié les jambes durcies de la veille et surtout les chocs de la redescente qui nous attendait. La faculté la plus inconsciente de l'être humain est certainement sa capacité à oublier qu'il a souffert... Et bien croyez-nous, nous l'avons plus que mis à l'épreuve, non seulement lorsque nous sommes redescendu par le même chemin (nous vous le rappelons : 1800 mètres de dénivelé sur 8 kilomètres dont 4 d'escaliers pentus) au lieu d'emprunter les télécabines, finissant de se défoncer les genoux et les cuisses au passage mais aussi en fin d'après-midi où quelques heures après être rentrés, nous avons été explorer les 14 kilomètres du « City Wall », les fortifications de l'ancienne ville de Xian. Encore une fois, l'effort valait le coup. A la tombée de la nuit, des centaines de lampions se sont allumés sur l'intégralité des remparts et à une trentaine de mètres au-dessus de la ville, on se serait cru dans une bulle de douceur.

Dernière étape du jour (ah oui, on vous a dit qu'on était des malades !), la « grande pagode » car nous voulions assister aux eaux musicales... chinoises cette fois-ci. La différence avec celles du Tibet ? La taille ! Des centaines de fontaines sur 150 mètres de long et 50 de large et certains jets à plus de 30 mètres ! C'était tellement puissant qu'il nous a été impossible de rester à proximité des fontaines sans finir trempés. Bon, avec les 30°C ambiant à 21 heures, on l'a bien vécu !

 

19 – 20 JUIN 2010 – J+315 - J+316 – UNE NUIT EN « HARD SEAT »

 

Après la journée infernale de la veille, on avait décidé de rester tranquille pour la journée. Autant pour se remettre de notre ascension du mont sacré que pour se préparer à la nouvelle souffrance qui nous attendait : la nuit dans le train. Une nuit dans le train, nous direz-vous, on en a déjà fait en Chine et cela n'a pas semblé nous déranger plus que ça. Oui, oui mais cette fois-ci les conditions de confort ont été différentes. Faute de places disponibles en « hard sleeper » (lits durs), nous avons du nous contenter de deux « hard seat » (sièges durs). Pour les précisions, ce sont des sièges pas si durs que ça au niveau du « matelassage » (ouf !), en revanche, ils ne s'inclinent pas et ne le sont pas vraiment (inclinés) à la base. Il faut donc dormir à 90° ! Par chance, l'un des deux sièges était à la fenêtre et les deux avaient accès à la mini-table (ce sont des blocs de 3 X 2 sièges face à face et seuls les 4 plus près de la fenêtre peuvent accéder à la table). Du coup, on n'a pu s'avachir tant bien que mal sur la table, sur nos sacs, sur la fenêtre... alternant un peu des trois pour torturer à tour de rôle des muscles différents et ainsi réussir à sommeiller quelques heures. On peut dire qu'on s'en est pas trop mal sortis même si arrivés à Pékin, la recherche logistique de nos prochains billets de train pour la Mongolie a été éprouvante. Nous avons du changer de gare, demander la direction d'un bâtiment introuvable à des chinois qui ne parlent pas un pet d'anglais... Ophély a fini par céder sous la chaleur étouffante et s'est autoproclamée gardienne des sacs au pied d'un arrêt de bus tandis que le valeureux Ander dégotait les passes pour notre prochain pays !

20 – 21 JUIN 2010 – J+316 - J+317 – BEIJING 2010...

Interdit à la vente !

Notre journée « prise de contact » avec la capitale chinoise fut assez significative malgré un agenda de visite plus que « light ». Nous nous sommes contentés d'apercevoir pour la première fois Tian'anmen, sa place, les rues commerçantes de Beijing... et surtout ses « contraintes » politiques. Vous n'êtes pas s'en savoir que notre entrée en Chine via le Tibet nous avait valu quelques censures en matière de littérature. Notre première mission en arrivant à Pékin a donc été de partir à la recherche du célébrissime « Lonely Planet », spécial Beijing ! Et pour cela, nous n'avons pas lésiné sur les moyens et nous nous sommes offerts les deux plus grands « bookshop » locaux : 2 X 5 niveaux de livres en tout genre à faire passer la FNAC Montparnasse pour la librairie de quartier où l'on peine à circuler tellement elle est petite ! Et oui, en Chine, tout est grand ! Mais malgré des kilomètres de rayons, impossible de dégoter un exemplaire de Beijing. Pourtant y'en avait des Lonely... de partout mais ni de Chine ni de Pékin. A croire qu'ils avaient tous étaient réquisitionnés par des touristes en provenance de Katmandou ! Et bien non, à force d'interrogations, on a fini par l'avoir l'explication : « Pour des raisons politiques, les éditions du Lonely Planet sur la Chine et Beijing sont interdites à la vente », dixit la vendeuse ! Et bien voilà, c'est dit, nous avons affaire une fois de plus à la censure ! On se débrouillera donc autrement... L'accès à Internet n'étant pas restreint à ce point (à ce jour, nous avons noté l'impossibilité de se connecter à Facebook, YouTube, Blogspot, Free.fr, certains blogs de voyageurs pour de provideurs certainement – heureusement, notre site est accessible et certaines passerelles permettent l'accès à la liste ci-dessus), nous donc avons téléchargé le « LP » version électronique puis imprimé les pages nécessaires. Bref, du bonnet blanc et du blanc bonnet mais sans caution gouvernementale !

Du côté des « hutongs »

Forts de nos pages volantes, nous nous sommes adonnés à la balade cycliste conseillée par le Lonely pour nous faire un premier aperçu de la ville et notamment de ses lacs. Nous y avons découvert un Pékin agréable, détendu... loin des rues à 2 x 4 ou 6 voies et des passages souterrains pour traverser d'un trottoir à l'autre. On a même pu assister à une séance de baignade avec bonnets de bain, lunettes de nage et gestuelles corporelles artistiques à la clé ! C'est pas demain que les Chinois vont faire de l'ombre à Bernard ou Gilot !

Nous avons également erré dans quelques uns de ses « hutongs », ces quartiers traditionnels que vous avez certainement vu à la une du 20 heures lors de la construction des sites des J.O. parce qu'on les détruisait. Aussi calmes que les aires de détente, nous avons été surpris par ce « manque » de vie qu'ils reflétaient. Malgré certains d'entre eux bien animés grâce aux vendeurs de brochettes et autres snacks locaux donnant une âme à la capitale, la plupart restait des rues étroites désertes où l'on aurait pu entendre une mouche voler. Peut-être est-ce en soirée que la vie reprend son cours mais nous ne pouvions rester davantage car une autre particularité de la ville nous attendait !

 

Plus haut, plus loin, plus fort...

Beijing 2008 ! Qui n'a pas entendu parler de l'ampleur du phénomène ? De ces feux d'artifice géants éclairant Pékin en pleine nuit, de ces soi-disant procédés techniques mis au point pour garantir à la capitale un ciel bleu sans nuage ! Pas nous en tout cas alors on était curieux d'aller voir de plus près les infrastructures qui ont rendu célèbres ces jeux : le nid d'oiseau et le cube ! De nuit de préférence pour prendre la mesure de ces ouvrages dans leur plus beau costume : illuminés ! Si la structure orangée à brindilles bétonnées ne nous a pas estomaqué du premier coup (le Stade de France, c'est pas non plus de la gnognote en matière de stade alors...mais bon le nid à y regarder de plus près c'est très beau quand même ! ), les bulles de savon bleutées nous ont, quant à elles, tout de suite étonnés. On s'est même demandé combien de piscines olympiques ils avaient mis là dedans ! On serait bien allés y piquer une tête mais les visites étaient finies depuis bien longtemps. Dommage ! On s'est contenté d'en faire le tour et d'aller réciter le slogan sous les cinq anneaux colorés !

22 JUIN 2010 – J+318 – LE DERNIER EMPEREUR

 

Le challenge de la journée du 22 était de se coltiner la « Cité Interdite » dans la journée, en une seule fois, sans craquer en cours du route pour... mal de pieds... mal au dos ou tout simplement pour... ras le bol face à l'immensité des lieux ! Nous nous étions levés tôt pour y être quasiment à l'ouverture (nous avons débuté à 9h15) car nous avions une heure buttoir de sortie (15h30 pour aller récupérer nos visas mongols). 6h15 de visite ! Vous devez nous prendre pour des malades mais figurez-vous que nous n'avons parcouru que... allez, disons... les 2/3 de la surface du palais impérial ! Oui, oui et re-oui, c'est immense ! Le Palais couvre une surface de 72 hectares (720 000 m²) et mesure 961 x 753 mètres. Le mur d'enceinte mesure 3 428 mètres de long et 10 mètres de haut, entouré de 3 800 mètres de douves et 52 de large. La cité compte 9999,5 pièces (car la légende raconte que le Dieu suprême taoïste habitait un palais de 10 000 pièces et que, par conséquent, l'empereur terrestre étant son fils, il ne pouvait bénéficier du même traitement). Tout de suite, tous ces chiffres, ça calme ! Et encore, ce ne sont que les chiffres dimensionnels. Attendez un peu que l'on vous parle de la construction et des visiteurs ! Voici : 100 000 artisans aidés d'un million d'ouvriers collaborèrent à la réalisation de la cité au début du XV° siècle et ce durant 14 ans. Vers la fin de la dynastie Ming (1368 – 1644), il y avait 9000 servantes et 100 000 eunuques dans le Palais. Inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1987, le site accueille environ (on est plus à 1 près)... 7 millions de visiteurs par an, soit une moyenne de 20 000 par jour. A ce rythme là, on comprend mieux pourquoi il est impossible de rester dans l'axe central sans se faire bousculer de partout ou faire la queue comme on peut pour entrapercevoir les trônes à l'intérieur des palais. Un gigantisme à la chinoise ! Du coup, on vous dira que, bien sûr, on a apprécié l'architecture... les portes cloutées de 9 rangées, symbole de longue vie... les vases de bronzes dorés équipés d'un système de chauffage à leur base pour préserver l'eau du gel en hiver... les couples de lions, gardiens des palais pour en éloigner les mauvais esprits... On vous dira aussi qu'on a aimé déambuler d'un palais à l'autre pour observer les somptueux trônes, remarquer les rampes de marbres sculptées et admirer les jardins aménagés... Mais on vous dira aussi qu'on était bien contents de laisser toutes ces « troupes à casquettes » sur place pour retrouver le calme de la rue (c'est pour dire) et de mettre au repos nos pieds, nos dos, nos cerveaux...

 

23 JUIN 2010 – J+319 – SEANCE SHOPPING

 

Après avoir fait chauffé nos semelles, on a voulu faire chauffer nos cartes bleues lors d'une séance shopping « fringues – électronique » endiablée. Mais à encore près de deux mois du retour, nous savions d'avance que nous allions devoir nous la jouer tranquilles. Et oui, c'est bibi qui porte ! Mais finalement, nous avons pu nous « restreindre » sans trop de difficultés car c'est pas si simple de faire des affaires en Chine ! Pourquoi ?

Parce que si vous repérez un vêtement qui vous plaît (ça, ça reste facile), il vous faut vous battre pour pouvoir essayer la fringue en question et vu les coupes et les tailles, mieux vaut essayer avant.

Parce que si cette fringue qui vous a tapé dans l'œil daigne vous scier à merveille, il faut alors vous battre pour obtenir un prix décent. Attention, ça peut être physique, on peut vous retenir par empoigne dans la boutique pour vous forcer à négocier. Et encore ! Ils sont tous persuadés que les blancs sont riches alors ils « allument ». Pour l'exemple, il vous faudra transpirer sang et eaux pour faire péniblement descendre un jean de 240 yuans (~ 28 €) prix de départ, à 160 (~ 19 €) et encore, c'est si vous êtes entraîné et plein de sang froid ! Sachant bien sûr qu'il s'agit de la qualité « made in China ».

Parce que si cette fringue vous va, que vous avez réussi à l'acheter au prix souhaité, il vous faudra la porter encore de longues semaines dans vos beaux petits sacs qui commencent à peser lourds !

Vous comprenez mieux maintenant comment il nous était simple de rester raisonnables et de nous contenter de quelques emplettes sommaires. Rien de bien excitant à vous défriser le bigoudis ! Et nous qui pensions changer de garde-robe maintenant que nous sommes en mesure de poser dans le moindre magazine de mode tellement nos corps sont sculptés pour être mannequins ! Tant pis, on reviendra à Bangkok pour ça !

 

24 JUIN 2010 – J+320 – PROMENONS-NOUS DANS LES PARCS

 

Beijing a l'avantage d'être une ville étendue remplie d'espaces verts. Alors pour trancher avec notre quartier au pied de Tian'anmen où la foule se presse nuit et jour, on s'est offert une escapade journalière au « Palais d'été » pour s'oxygéner un peu. Résultat : 290 hectares de nature dont les ¾ occupés par des lacs, quelques temples et pagodes pour entretenir notre appétit culturel et une quantité certaine mais limitée de touristes dans les environs. Un joli compromis que nous avons grandement apprécié. Sur place, on a ainsi pu admirer la reproduction d'une rue de la ville de Suzhou, la Venise chinoise, contempler la pagode du parfum de Bouddha qui domine le parc de ses 36 mètres de haut et parcourir le pont aux 17 arches pour voir de plus près les bateaux traverser les eaux paisibles du lac à la lumière rougeoyante du soleil.

Mis en appétit par ces scènes bucoliques au milieu des buildings, on a remis le couvert dans le parc de Jingshan, où nous avons escaladé 4 à 4 les marches de la « colline de charbon » pour admirer le coucher du soleil sur la ville en général et sur la Cité Interdite en particulier. Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes !

25 JUIN 2010 – J+321 – DU MUSEE GREVIN AU MARCHE DES HORREURS

Poupée de cire, poupée de dons...

Finie l'accalmie de la veille et place de nouveau à la folie humaine avec notre choix du jour, la place Tian'anmen et notamment le mausolée de Mao. Ce dernier n'étant ouvert que de 8 à 12 heures, nous n'avions pas le choix que d'y être à l'ouverture pour espérer atteindre le corps de feu Monsieur Mao avant la fermeture. Soyons lucides ! Icône auprès des Chinois, son mausolée fait l'objet d'un véritable culte et des centaines voire surement des milliers de personnes se jettent à l'assaut chaque jour du bâtiment. Nous avons donc débarqué à 8 heures tapantes sur la place et déjà une queue d'un kilomètre de long (non, non, il ne s'agit pas d'une façon de parler mais de la mesure exacte de la queue... peut-être même sous-estimée) nous faisait face. Heureusement, il est interdit de traîner des pieds devant la dépouille et par conséquent, la file d'attente avance relativement vite. Tout juste 1 heure entre le moment où nous l'avons débuté et celui où nous avons pénétré les lieux. Tout juste 1 heure 1 minute et 24 secondes entre le moment où nous l'avons débuté et celui où nous sommes sortis des lieux. Ah ! Faut en vouloir pour le voir Mao ! Mais ça valait la peine, ne serait-ce que pour admirer le spectacle de ses fans qui jouent des coudes pour raccourcir leur temps d'attente, courent pour arriver le plus vite possible à ses pieds, déposent des fleurs jaunes devant son portrait (fleurs achetées à l'entrée et qui y retourneront certainement quelques minutes plus tard pour une deuxième vente) et se signent comme un chrétien devant le Pape. Insolite ! Et dire que le pauvre Mao voulait être incinéré ! Il doit se retourner dans son drapeau rouge quand les portes du mausolée ferment et qu'il redescend, à l'aide d'un ascenseur, dans sa salle frigorifique installée juste au-dessous de son cercueil de cristal sur un autel de marbre noir.

A la gloire de la Chine

Et après le petit tour du côté obscur de la place, nous nous sommes consacrés à son autre face ! Cela faisait déjà bien 3 ou 4 fois depuis notre arrivée à Pékin que l'on s'égratignait les dessous de pieds à parcourir les 340 000 dalles de granit rose de cette plus grande place urbaine du monde avec ses 44 hectares mais à croire que nous n'en avions pas encore assez... Faut dire qu'elle est aussi impressionnante qu'historique cette sacrée place ! Et encore, son immensité est perturbée par quelques monuments dont le mausolée de Mao et la colonne des héros du peuple ! Sinon, on aurait l'impression que le Tian'anmen (la célèbre porte avec le portrait de Mao) ressemble à un légo depuis le côté opposé.

On s'est donc tapé en revue le listing des édifices : la fameuse porte donc, d'où Mao proclama la fondation de la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949, le monument haut de 38 mètres portant une inscription reproduisant l'écriture de Mao et signifiant « Gloire éternelle aux héros du peuple », le mausolée et deux put... d'écrans géants diffusant des films à la gloire de la Chine (passé, présente, future).

Sinon, pour la petite anecdote, nous avons du procéder à une séance photographique pour les Chinois. Tandis que nous errions en paix depuis un certain temps en train de lire notre guide, un des petits touristes locaux a pris son courage à deux mains pour nous demander un cliché devant l'entrée du mausolée. S'en est alors suivi un défilé des autres qui n'avaient plus qu'à sortir leur appareil sans avoir à nous débloquer un mot d'anglais. Malgré nos guenilles de baroudeurs datant maintenant de plus de 10 mois, nous avons réussi à atteindre une file d'environ une quinzaine de personnes ! Ah, quand même !

Notre tour des lieux n'aurait pas été complet si nous n'avions pas assisté un de ces soirs à la descente du drapeau. Au coucher du soleil, une ribambelle de soldats traverse la route de Tia'anman (la porte) à la place (située de l'autre côté d'une avenue de 2 x 4 voies au moins) pour mettre au placard l'espace de la nuit le grand tissu rouge aux cinq étoiles jaunes. Au moment de la cérémonie, l'avenue est fermée pour leur permettre de la traverser d'un pas de l'oie magnifiquement synchro sans prendre le risque de se taper un bus ou pire... un vélo électrique qu'ils n'auraient pas entendu venir. Tiens pour vous faire une idée, aux heures de pointes, 30 000 piétons et 6000 véhicules à moteur passent chaque heure sur l'avenue en question. De quoi inciter donc à la prudence ! A part ça, la démarche consiste comme toutes les descentes de drapeaux... à descendre le drapeau ! Rien de bien différent donc à Tian'anmen, y'a les soldats qui arrivent au pas, le drapeau docile qui se plie à leur exigence et le public en nombre qui assiste à la scène le temps de quelques minutes. Et hop, le tour est joué, revenez demain matin, messieurs, dames, pour la levée cette foi-ci. C'est la même chose mais dans l'autre sens !

 

Un goût de reviens-y !

Pour parachever comme il se devait cette journée en hommage à la grandeur de la Chine, nous avons testé la grandeur de sa gastronomie ! Et nous pouvons l'affirmer aujourd'hui, elle est variée... même pour nous, mangeurs de cuisses de batraciens, de « cagouilles » et autres mollusques caoutchouteux de l'océan ! Mais, nous avons fait honneur à notre pays en ingurgitant plusieurs de leurs mets particuliers ! Serpent... étoiles de mer... scorpion... tout y est passé ! Bon, on a laissé de côté les huîtres – faudrait pas exagérer, les nôtres sont bien sûr meilleures alors pourquoi comparer – et les cocons de vers à soi car il faut en garder pour notre prochain Koh Lanta ! Nous n'avons pas eu non plus à tester nos limites devant une mygale ou deux puisqu'elles n'étaient pas au rendez-vous !

26 – 27 JUIN 2010 – J+322 - J+323 – ENTRE LES MURS

 

Si on vous dit Chine et qu'on vous demande une association d'idée spontanée, nous pensons que 99 % d'entre vous citerons illico presto ou du moins très rapidement la Grande Muraille ! Et ils auront raison... C'est l'un des plus grands symboles du pays et ayant maintenant été vérifier sur place de quoi il en retournait, nous pouvons affirmer que les Chinois ont de quoi être fiers ! C'est grandiose ! Certes, de nombreuses portions ont été détruites, d'autres en piteuses états voire même dangereuses mais les quelques dizaines des kilomètres restants qui permettent que l'on y mette les pieds (officiellement autorisé ou non) ravissent tous les amateurs de paysages à couper le souffle !

 

Armés de nos baluchons surchargés d'eau et de vivres, nous avons donc pris la route de ce célèbre édifice. Et quelle route mes chéris ! Il y a plus d'endroits pour marcher sur la Grande Muraille que de transports publics pour s'y rendre et il nous a fallu batailler dur et envoyer deux compatriotes et un ami hollandais en repérage pour être à peu près sûrs d'obtenir une information digne de ce nom ! Mais nous y sommes arrivés ! Bon, le changement de bus à l'étape intermédiaire a failli finir en pugilat parce qu'un pauvre taxi voulait nous faire croire qu'il n'y avait pas de deuxième bus pour atteindre notre point de chute et que nous allions devoir nous rabattre sur son taxi et que malgré nos certitudes, il n'en démordait pas, se foutant limite de nos gueules au passage. Et bien, on l'a secoué un peu le coco en lui expliquant qu'on n'était pas des lapins de six semaines et que nous aussi on pouvait rigoler avec lui. Du coup, il nous a renvoyé sur un de ces collègues qui a fini par nous lâcher le morceau et nous avons pu intégrer notre minibus local comme il se devait. Non mais !

 

Après 3 heures et demi de transports, 15 minutes d'attente pour le premier bus et 15 minutes de tractation pour le second, nous avons débarqué à Gubeikou, notre entrée sur le mur. En effet, nous avions décidé de nous taper l'intégralité du tronçon exploitable dans les environs, sur une bonne vingtaine de kilomètres, de Gubeikou à Simatai pour les connaisseurs ! Très vite et sans trop de difficultés, nous avons atteint les remparts et foulé nos premières pierres. Quel bonheur ! Ça y est, nous y étions et malgré le brouillard de chaleur ambiant qui voilait l'horizon, nous pouvions discerner à perte de vue (OK, pas si loin que ça...) les tourelles de gardes et les murailles serpenter ! Ce premier tronçon sauvage et comme qui dirait coupé du monde (nous n'avons pas vu âmes qui vivent pendant plusieurs heures) nous a apporté son lot de surprises. En effet, une partie de la muraille devenant une section militaire, il nous a fallu sortir de l'enceinte et la suivre en contre-bas à travers la végétation et malgré les conseils avisés de la veille de notre ami Tom (le hollandais rencontré au Tibet et qui se joint à nous pour notre trip en Mongolie), nous avons commis la même erreur que lui sur cette partie : nous nous sommes perdus ! Mais forts de son expérience et de notre chance de tomber sur un gamin en pleine séance de dessins animés prêt à éteindre sa télé pour nous accompagner, nous avons pu rejoindre rapidement le chemin. Bon, le gamin était plus que serviable mais aussi plus que direct... il n'y a pas été par quatre chemin et nous a fait couper à travers champs, enfin, à travers monticules ! Tout droit en pleine végétation. Nous avons donc eu droit à quelques égratignures et même une belle roulade arrière pour Ander dont les crampons n'ont pas suffi à retenir tellement la pente était inclinée et terreuse ! Mais grâce à lui, nous avons pu reprendre rapidement notre balade de santé sur les murs et atteindre la partie « touristique » : Jinshanling. Et là, changement de décor en quelques mètres ! Les pavés défoncés ont laissé place à un revêtement presque neuf et les bords de la muraille écroulés juste auparavant se sont transformés en créneaux et autres meurtrières. Sans parler du silence qui s'est brusquement enfui face aux groupes de chinois qui, trop contents de leur passage sur les lieux, souhaitaient l'exprimer haut et fort en testant l'écho des environs. Bon, on était loin de la surpopulation de la Cité Interdite ou de Tian'anmen et l'heure tardive nous a même permis de trouver l'endroit assez vide. Mais dans pareil contexte, on souhaite être seul au monde alors, on a encore crapahuté quelques centaines de mètres afin d'atteindre la partie « interdite » (mais qui ne l'ai pas vraiment puisque l'on peut y pénétrer sans entrave ni chaînon) de Simatai, beaucoup plus paisible. Et là, troisième partie, troisième état. Après l'aspect sauvage gagné par la végétation, l'aspect nickel chrome, nous avons pénétré dans un entre-deux, une zone autrefois réhabilitée qui a du subir depuis quelques dégradations et affiche aujourd'hui des portions en mauvais état... pour notre plus grand bonheur puisque cela nous a offert des lieux déserts et donc un cocon douillé pour la nuit ! Ah, on ne vous avait pas dit ! Nous avions prévu de passer la nuit sur le mur. Ce n'est pas très catholique tout ça mais comme rien ne l'interdit vraiment, on en a profité. Quelle délectation que de se siffler un pinard chinois (oui, pour l'occas, on se l'est joué grands ducs, même si pour la qualité, on reviendra... à défaut, on a au moins eu le « fun ») au coucher du soleil avec vue panoramique sur la muraille et d'attendre la tombée de la nuit en écoutant le vent persifler dans la tourelle où nous avions élu domicile. Seul bémol, le revêtement du sol... de la pierre ! Ah, on aurait du les prévenir de notre arrivée pour qu'ils gonflent le matelas et nous sortent les draps de satin mais, en tant que nouvelles stars que nous sommes (rappelez-vous les photos sur Tian'anmen), on a préféré se la faire profil bas. Faut pas prendre la grosse tête trop vite ! Du coup, on a autant apprécié le coucher du soleil que son lever qui a mis fin à nos séances de tortures de changement de positions nocturnes. Pas vraiment reposés donc, on a repris nos sacs à dos et terminé le parcours avec autant de plaisir que la veille, ce qui nous entourait nous aurait fait oublier bon nombre de douleur. Et puis, on a même eu droit à deux magnifiques Magnum, trouvés dans un réfrigérateur abandonné mais en état de fonctionnement. Nous venions de marcher plus de 10 heures en deux demi-journées, parcourir près de 20 kilomètres sous un soleil de plomb... Comment vouliez-vous que l'on résiste ! Mea culpa (enfin presque...) !

28 – 30 JUIN 2010 – J+324 - J+326 – DATONG

 

Dernière étape avant la Mongolie : Datong. Petite ville de 200 000 habitants... seulement ! Mais au vu de la seule barre de 65 immeubles de la hauteur de notre tour parisienne qu'ils sont en train de construire dans une des bordures de la ville, elle ne va pas le rester longtemps... petite ! Pourtant on se demande bien ce qui peut attirer les gens dans ce patelin pollué et quelque peu sinistre. Et bien justement la pollution ! En fait, elle vient d'une immense usine à charbon à une quinzaine de kilomètres en périphérie qui alimente en énergie la quasi totalité de la province. Qui dit donc immense usine dit aussi beaucoup de boulot ! CQFD ! Mais au-delà de cette activité économique florissante, Datong possède dans ces environs deux merveilles touristiques qui attirent les foules : le temple suspendu situé sur Heng Shan, l'un des cinq monts sacrés taoïste et les grottes bouddhiques de Yungang, classées Patrimoine Mondial de l'Humanité.

Le premier site nous a impressionné par sa hauteur et son semblant de fragilité à même la roche où des branchettes d'arbres semblant soutenir l'édifice paraissaient prêtes à plier sous le poids des visiteurs. Heureusement, notre guide nous a gentiment précisé que ces bâtons d'encens géants n'étaient que des renforts supplémentaires et que les très massifs bouts de bois sortant de la paroi suffisaient à assurer la sécurité de la structure. Et bien, on a espéré très fort qu'elle disait vrai quand on a mis les pieds sur le planche craquant ! On est là pour vous le raconter, il n'y avait donc pas de bobard à la clé ! Ouf !

Concernant les grottes, le tableau a été plus... déroutant. Tant pour le complexe « Temple land » que les Chinois sont en train de construire tout autour (à voir si d'ici une dizaine d'année, ils tenterons de nous faire croire que c'est un temple d'époque...) que pour la magnificence des sculptures de Bouddhas. Sur un bon kilomètre (l'ensemble du site s'étendait originellement sur plus de 15 kilomètres), nous avons admiré des milliers de Bouddhas gravés à même la roche de sable, du plus grand, atteignant jusqu'à près de 17 mètres de haut, au plus petit... du plus détérioré au plus fin, car malgré un terrible tremblement de terre qui aurait ravagé les lieux, on peut encore voir certains spécimens recouverts de boues colorées et prendre la mesure de ce qu'était le complexe à l'origine. Une perle de plus dans la patrimoine architectural de l'Homme !