14 – 15 DECEMBRE 2009 – J+128 – J+129 – CA COMMENCE MAL...

 

Après avoir remonté le rio San Juan de El Castillo à San Carlos, effectué les formalités administratives nicaraguayennes, embarqué de nouveau sur une « lancha », passé l'inspection des bagages (mais vu le poids des nôtres et nos têtes de touristes, ils n'ont pas eu le courage de vider nos sacs et nous ont laissé circuler), fait la queue pour les démarches d'entrée dans le pays... nous avons enfin débarqué au Costa Rica. Et nous voilà déjà partis pour notre première étape : la Fortuna, au pied du volcan Arenal, réputé pour ses éruptions quotidiennes de lave rouge et fumante. Un premier contact agréable. Mais dès le lendemain, les choses vont se gâter lors d'un tour pour voir de plus près le volcan et surtout la fameuse lave incandescente !

Après avoir poiroté près d'une ½ heure avant l'arrivée du van (on aurait soi-disant pas bien compris l'heure de départ) et une bonne heure de route, on arrive enfin au « Arenal Observatory ». Rien que le nom, ça envoie. Et pour nous accueillir, nous attendent de gentils « pizotes » (de jolies boules de poil nommées « coati » en anglais mais on ignore le nom français). Bon, on se doute que leur présence n'est pas vraiment sauvage mais la rencontre est sympathique. De là, on monte sur la plate-forme du restaurant d'où ont est sensé voir le volcan. Mais c'est loin d'être gagné... le temps est couvert et il pleut. Ça fait parti du jeu et on en connaissait les règles ! Mais, cela n'allait être que le début de nos déboires. On s'est mis à patienter, à patienter... Mais pourquoi, en fait ?! Ah, un deuxième groupe devait nous rejoindre pour faire la marche ensemble. 12 personnes ?! Mais, on ne devait pas être un petit groupe ?! Si, mais l'autre guide connaît mieux le site et sera bien plus pertinent. Qu'à cela ne tienne, nous allons attendre alors... ¾ d'heure plus tard, toujours personne. Finalement, on va se débrouiller et faire la visite sans eux. Avec notre pseudo guide, donc ! Et l'on ne croyait pas si bien dire.

La visite débute par le bureau « sismographique » pour... lire les panneaux. Ah, il nous avait prévenu que l'autre était compétent alors pourquoi avoir un guide, quand on peut se débrouiller seuls ! Mais si, pour présenter les vitrines Ah, on va avoir droit à quelques explications alors ?! Au moins le premier élément de la vitrine : un os. Et pas n'importe lequel, celui de Tony Smith, mort lors d'une explosion du volcan... Les commentaires du guide s'arrêteront là... pour le reste de la journée ! Autant vous dire que l'on a été pris d'un fou rire avec un couple de québécois avec qui on avait sympathisé. On cherche encore de quel os il pourrait s'agir tellement la taille ne correspond à rien dans le squelette humain !

On a continué par une marche dans les bois avec visite d'une cascade et d'un pont suspendu mais n'allez pas nous demander ce que l'on a vu comme faune ou flore car notre guide en ignorait les noms et son sauveur (l'autre guide) n'avait toujours pas pointé le bout de son nez pour lui venir en aide. Le clou du spectacle restera notre retour sur la plate-forme pour attendre la nuit et pouvoir voir la lave rouge sur les flancs du volcan. Bon, vous vous doutez bien qu'on a vu venir l'arnaque et que l'on était entre temps partis à la recherche d'infos. La lave ?! Quelle lave ?! Aucune lave n'est visible depuis presque 2 mois. Même les scientifiques se demandent si le volcan n'est pas en train de s'endormir. Et notre guide qui continuait de vouloir nous faire asseoir pour observer le phénomène... Il faut avoir la foi qu'il a dit... (tiens ça nous rappelle un chanson ça !) Quel foutage de gueule ! Heureusement, on finira la journée dans des bains « sauvages » à 38°, idéaux pour se détendre et oublier cette expérience.

 

16 – 17 DECEMBRE 2009 – J+130 - J+131 – RETROUVAILLES EN FAMILLE

 

Encore remontés de la veille, ce n'est pas sans joie que l'on a amorcé notre transfert « jeep-boat-jeep » pour passer de la Fortuna (et l'invisible volcan Arenal) à la région de Monteverde, « the place to be » pour les fameuses « canopy » (tyroliennes suspendues entre les arbres à plusieurs dizaines de mètres du sol). Mais plus que les sensations fortes, nous allions surtout y retrouver nos parents respectifs, venus passer les fêtes de fin d'année avec nous. Vite, vite, un dodo avant de trouver leur hôtel et les accueillir par surprise. Le temps de se rafraîchir au bar, voilà qu'ils débarquent à la réception. Totalement absorbés par leur « check-in », ils n'ont pas tilté de suite mais quelle fut leur surprise lorsqu'ils ont compris qu'il s'agissait de nos « tronches ». Et quel plaisir de voir leurs yeux bouilles ébahies ! S'en sont suivies effusions de chaleur, bisous et... papotages ! Forcément, depuis les nombreux mois, y'en avait des choses à se raconter. Et encore, Skype avait déjà bien fonctionné.

Le choc émotionnel des retrouvailles passées, nous avons été nous ajouter quelques frissons supplémentaires avec une petite visite en forêt... de nuit. Et si les « rencontres » ne furent pas nombreuses (faut dire qu'avec l'animation sonore du petit groupe franco-basquo-espagnol fraîchement débarqué... les animaux avaient du prendre la poudre d'escampette), elles furent sensationnelles ! Notamment celle avec une belle tarentule d'une bonne dizaine de centimètres d'envergure, un corps de la taille d'un pouce et des poils noirs et épais à faire pâlir les esthéticiennes de Yves Rocher !

Et de remettre cela le lendemain matin lors d'une marche matinale sur des ponts suspendus pour découvrir de jour tout ce que nous n'avions pas vu de nuit. Cette fois-ci, la rencontre fut plus... rampante ! Un spécimen de serpent bien vert et surtout bien... mortel ! Enfin, presque... vous pouvez espérer vous en sortir avec seulement quelques séquelles si vous avez la chance de débarquer dans un hôpital digne de ce nom dans les heures qui suivent la morsure. Bon, de là où nous étions, rien que le transfert pour la capitale, San José prenait quasiment 4 heures, alors, on a rapidement fait nos comptes et surtout... notre prière et un pas en arrière.

Et en parlant prière, le célébrissime et très sollicité « Dios » l'a été de nouveau par nos soins quelques heures après, lors de notre débarquement sur les plate-formes aériennes des « canopy ». Et oui, si la théorie du déplacement d'arbres en arbres grâce à de gigantesques tyroliennes à travers la végétation s'avère bien attractive, la prise de conscience de leurs hauteurs (jusqu'à plus de cent mètre de haut) et leur rapidité (plus de 40 km/h sur près de 700 mètres pour les plus longues) a de quoi calmer les ardeurs. Sans oublier le passage par la case « équipement » (baudrier, casque, gants...), « briefing »pour apprendre à freiner tout seul (euh, si j'y arrive pas, ça s'arrête comment le truc ?!) et l'incontournable signature sur le papier de décharge en cas de... Ouuhhh, on préfère pas y penser !

La promenade de santé nous a réservé quelques « émotions » de parcours : une petite descente en rappel... sans rappel. Vous pensez que vous allez gérer votre descente à votre rythme mais en fait, il s'agit d'un lâcher direct de 10 mètres de haut, parfaitement orchestré par les guides. Sauf que vous, vous n'êtes pas au courant... Bonjour le « haut le cœur » ! Mais le summum restera le « Tarzan Swing ». Sur le papier, ça paraît sympathique : on vous propose de jouer les Tarzan et Jane en pleine jungle et d'imiter le cri de l'homme singe. Mais lorsqu'il s'agit de se jeter dans le vide sans sentir aucune corde vous tenir... et bien, vous faites moins les malins. Même Ander qui cherchait l'adrénaline, n'a pas soufflé mot et Ophély y a laissé quelques cordes vocales ! Finalement, l'ultime attraction « Superman » (une tyrolienne de 700 m de long, 120 m de haut, à 50 km/h où l'on se retrouve suspendu face au sol, accroché par le dos) fut un atterrissage en douceur à côté.

Après tous ces efforts, il nous a bien fallu un peu (beaucoup) de réconfort... Et les pâtisseries au « dulce de leche » (confiture de lait) ont vite trouvé preneur ! Rassasiés, on est reparti de plus belle vers le « ranario » pour voir toutes ces petits amphibiens (les grenouilles, bien sûr...) que l'on peut avoir du mal à trouver dans la nature tellement ils sont minuscules parfois (certains spécimens atteignent péniblement 2 cm) : la cantatrice grenouille romantique (le mâle peut chanter jusqu'à 50 jours d'affilée pour séduire sa femelle), la monstrueuse grenouille « crapaud » (sa taille a de quoi impressionner plus d'un poulet car elle est suffisamment costaud pour le manger), la surprenante grenouille cristal (sa peau est suffisamment translucide pour qu'on voie ses entrailles et même son cœur battre), la venimeuse grenouille « blue jean » (elle a les pattes bleue et les indiens se servaient d'une toxine présente sur sa peau comme poison), etc. Et bien sûr, l'incontournable grenouille du Costa Rica, avec ses yeux rouges globuleux, son corps vert clair ou vert foncé suivant la luminosité, ses longues jambettes bleues et ses « ventouses » orange... la grenouille arc-en-ciel en quelque sorte.

 

 

18 DECEMBRE 2009 – J+132 – DU BUS, DU BUS... ET DES PUMAS !

 

Après la journée « adrénaline », nous voilà embarqués dans une nouvelle journée... « Transport », cette fois-ci. Et oui, les belles collines de Monteverde étaient bien séduisantes mais des créatures tout autant séduisantes ayant élues domicile près de Caño, sur la côte, notre curiosité a été attisée. Des créatures ?! De grosses peluches de 250 kilos pour certaines, armées de regards revolver et de lames blanchâtres acérées... Toujours pas trouvé ?! Si, si, vous chauffez... Oui, c'est ça : des pumas et des jaguars ! Rien que ça ! Bien évidemment, ça se mérite des bébêtes comme ça ! On a d'abord commencé par le « facteur » des montagnes : le bus local pour 2 heures et demi. Fonction première et officielle : transport des personnes... Fonction secondaire et officieuse : transfert des paquets de fruits, de cadeaux de Noël... qui transitent autour du siège du chauffeur. On a enchaîné avec le vieux bus scolaire américain réaménagé à la sauce « tica » pour 1 bonne heure de plus et le dernier bus « grandes lignes » et donc « grande classe » mais pour 15 minutes seulement. A peine le temps d'en profiter ! Mais vous nous connaissez, ce n'est pas quelques heures de bus qui allaient nous décourager ! Surtout pour aller visiter un centre de réhabilitation de félins. D'autant plus quand on nous dit que dans la Nature, quand vous voyez un puma, c'est la dernière chose que vous voyez ! Alors, finalement, on a eu de la chance. On s'est regardé les yeux dans les yeux... sans égratignures... mais pas sans frissons !

Le summum du déplacement de la journée fut plutôt les 4 heures 30 passées à parcourir 166 kilomètres dans une minuscule Suzuki Alto de deux Américains, nous ayant pris en stop après avoir eu pitié de nos pauvres carcasses assises sur le banc de l'arrêt de bus... Avec passage par la case aéroport pour retrouver leurs bagages perdus... Et sans parler des embouteillages. Faut dire que dès qu'une colline s'annonce, suffit d'un camion pour provoquer une file de plusieurs dizaines de voitures. Bref, encore une longue histoire pour les longues soirées d'hiver...

Et si la journée s'était achevée là, on aurait presque pu dire qu'elle aurait été relativement tranquille. Mais non, comme on vous l'a déjà dit, on aime les challenges, alors on a enchaîné avec un bus nocturne pour Cariari, à deux heures de la capitale pour atteindre plus rapidement le lendemain Tortuguero, notre prochaine étape. On est arrivé pile poil à la gare routière pour prendre le dernier bus et on a eu droit à un trajet sans anicroche (hormis peut-être le chauffeur qui nous a gentiment précisé de garder nos sacs sur les genoux et de ne pas les mettre dans les racks supérieurs... ce qui rassure...). L'arrivée dans le village ne fut pas piquée des vers non plus avec la traversée d'une rue « coupe-gorge » pour atteindre notre « cabina » à presque 10 heures du soir. De là, à penser que nous étions dans un hôtel de passe il n'y avait plus grand chose... Enfin, la nuit fut bonne... Faut dire que la journée avait été bien longue.

 

19 – 21 DECEMBRE 2009 – J+133 - J+135 – AUX PAYS DES TORTUES... EN VACANCES !

 

Avec un air de déjà vu (par la mer, nous ne sommes qu'à quelques heures de bateau de San Juan del Norte au Nicaragua), nous avons posé le pied dans le petit village de Tortuguero. Et si les paysages pour l'atteindre (rio qui serpente dans la végétation luxuriante animée du son des singes hurleurs et des éternels aigrettes et hérons blancs) ont rendu la première ambiance agréable, l'arrivée sur la rive fut un peu plus déconcertante à la vue des trois poubelles de recyclage débordantes au point d'en avoir la moitié par terre. Et nous n'allions pas être au bout de nos surprises.

Les dédales de rues sans réelle organisation parcourues, nous nous sommes dirigés vers le musée de la Tortue pour rejoindre de nouveau nos parents que nous avions quitté avant de rejoindre nos amis les félins (vous l'aurez certainement compris, leur première semaine au Costa Rica s'est déroulée en « organisé » et nous avons essayé de les suivre dans le mesure du possible). Allons-y pour une balade sur la plage à la recherche des « tortuguitas » (petites tortues). Car si les côtes de Tortuguero sont réputées pour leurs tortues vertes, tortues caret (au bord de l'extinction) et tortues luth, nous sommes arrivés à la période de « calme », la nidification s'étalant uniquement de février à novembre. Heureusement, nous n'avons pas été « poissarts » jusqu'au bout puisque décembre est le moment de l'éclosion des œufs. Mais, c'est là que le deuxième «dilemme » écologique s'est imposé à nous : payer ou ne pas payer, telle est la question ! Montrer aux touristes le fabuleux spectacle des bébés tortue cherchant à tout prix de rejoindre l'océan est une activité lucrative dans le coin... Alors bien sûr, nous étions ravis de voir ces petites créatures courir à la vie mais voir le guide costaricien payer un local pour trouver un nid de tortues en pleine éclosion afin permettre aux touristes de ne pas résister à la tentation de les... prendre dans les mains... nous a laissé un brin fatalistes. Ce n'est pas simple... de ne pas interférer avec la nature.

 

La balade en canoë du lendemain allait apaiser nos petits cœurs ! Notre guide, Ernesto, allait nous montrer la beauté des canaux secondaires du Parc National et nous faire apprécier la tranquillité des lieux interdits aux bateaux à moteur des lodges environnants. Un nouveau rendez-vous avec la faune local que l'on commence à bien connaître maintenant... mais qu'on se plait toujours à observer : les paresseux toujours aussi délicats à trouver lorsqu'ils ne se mouvent pas (soit 20h / 24h), les singes hurleurs avec leurs cris d'encouragement, les araignées que l'on est content de ne pas rencontrer dans sa salle de bain, les caïmans dont le cri du bébé nous fait sourire mais dont on préfère ne pas entendre de trop près celui du papa, les iguanes et leurs robes vertes indétectables sur les feuilles ou orange pétards qu'on ne peut rater...

Et pour parachever notre remise en forme, rien de telle qu'une petite « pipa » (eau de jeune coco). Paraît-il que cette eau présente des vertus naturelles extraordinaires : elle est totalement stérile, elle est plus nutritive que le lait, elle est plus saine que le jus d'orange et plus pauvre en calories, elle contient plus de potassium, moins de sodium et moins de sucres que les boissons « sportives »... Au point d'avoir même servi régulièrement lors de la guerre du Pacifique pour les transfusions des soldats blessés (sa composition est identique à celle du plasma du sang humain). En résumé, plus que de l'eau, une boisson de la vie ! Alors, que diriez-vous d'une « pipa » ?!

Nous sommes partis de chez Ernesto regonflés à bloc, près à affronter la « tempête parentale » pour une marche dans le Parc et après le repérage d'un serpent mortel et de quelques singes araignées, nous sommes retournés tous ensemble sur la plage, avides d'un nouveau rendez-vous « tortuesque » (chélonien pour les scientifiques). Nous déambulions tranquillement lorsque nous avons repéré un aigle en train de « grignoter » sur le sable. Quoi donc ? Une tortue, bien sûr ! Vite, à la rescousse ! Pour nous faire pardonner de notre présence intrusive de la veille, faisons cette fois-ci qu'elle soit bénéfique et tienne à distance les prédateurs. Mission accomplie. Tout juste arrivés sur le lieu du massacre, voilà qu'une vingtaine de spécimens se lancent dans la course effréné à la survie... vers l'Océan. Seule la première n'aura pas eu la chance d'atteindre l'écume. Quel spectacle naturel, splendide et émouvant !

 

En parlant d'émotions, le retour de nos parents vers San José leur en fera vivre davantage. Théoriquement partis deux heures avant nous dans des conditions plus « confortables » que les nôtres, ils n'atteindront la capitale que quelques minutes avant nous, leur transfert s'étant révélé digne d'un parcours du combattant. Après avoir patienté presque une heure à l'hôtel, ils ont échappé de justesse à l'envasement dans le Rio tellement ils étaient chargés (la faute aux prévisions de Noël, sûrement !) et eu droit à un changement de bus, le premier avait cassé sa direction. Comme quoi, les voyages organisés n'ont pas que des avantages... !

 

22 DECEMBRE 2009 – J+136 – UNE VIE D'EXPAT...

 

Le Nord, c'est fini ! Après une grosse semaine, à nous le Sud... Nous allions retrouver nos amis Cécile et Olivier, installés depuis maintenant 8 mois à Ojochal, escale sur la route du parc de Corcovado. Ils y gèrent un hôtel, un restaurant ainsi que la construction d'un lodge.

La descente fut épique. D'abord prévue en bus par nous-même, puis en voiture avec nos parents, elle a finalement eu lieu de nuit, après le dîner à San José, en voiture avec un ami d'Olivier venu chercher deux potes en provenance du Québec. Le rocambolesque de l'histoire : nous étions 7 (5 adultes, 1 enfant et 1 chien), avions 4 bagages volumineux accompagnés de petits sacs à dos... Le tout pour une Yaris ! Ce qui nous a sauvé ? Elle était châssis long et finalement, il en rentre là dedans. Les 4h30 de route se sont quand même fait sentir et la rencontre à 3h du mat' avec le matelas a été un agréable soulagement. Surtout qu'un programme intense nous attendait pour les 10 jours suivants !

 

Un anniversaire à la mode « tica »

Le 22 fut une journée très particulière pour Mila, la fille de nos amis, qui fêtait ses 5 ans. Et ici, on ne rigole pas avec les anniversaires... surtout celui des enfants. La star du jour choisit un thème et l'ensemble de l'événement s'organise autour de ce choix. Pour Mila, fan de rose, ce fut vite vu : « Mon anniversaire sera celui d'une princesse » ! Qu'à cela ne tienne, des dizaines de ballons roses et violets ont décorés le lieu des festivités et le maquillage a été dans les mêmes tons... assorti à sa belle robe, forcément. Et pour amuser la galerie de copines et copains, un « clown » assurait l'animation avec les grands classiques : course « au seau d'eau », chaises musicales, danses chorégraphiées... et l'incontournable « piñata » en bouquet final ! La « piñata » est une figurine en papier mâché, suspendue au bout d'une corde afin de la faire monter et descendre, remplie de bonbons et autres gâteries, sur laquelle les enfants tapent tour à tour jusqu'à ce qu'elle libère son précieux trésor. Une sorte de « pochette surprise » servie comme une « queue de Mickey ».

Une belle journée de festivité qui nous a aussi permis de prendre la mesure de la vie de ce petit village de 1800 habitants... dont plus de 1000 expatriés ! Entre québécois (les premiers débarqués sur les lieux quand il s'agissait encore de la jungle), hollandais, américains, ticos et bien sûr français ! Un mélange incroyable de cultures et de langues. Entre l'anglais, l'espagnol, le français, il y avait de quoi en perdre... son latin !

 

23 – 25 DECEMBRE 2009 – J+137 - J+139 – UN REVEILLON ORIGINAL

 

A l'autre bout du monde... sous les Tropiques... Noël a forcément un goût particulier. Entre les instants de décontraction en bord de plage, les moments de détente au bord de la piscine avec vue sur l'Océan Pacifique et les animations sur ou à côté du terrain de football, nous étions prêts à aborder sereinement les débordements gustatifs !

Et pour marquer encore davantage l'originalité de l'événement, rien de telles que des activités incongrues. Nous avons débuté la mise en jambe par un « Jungle golf ». Autant dire qu'il faut bien rester concentré sur la trajectoire de la balle car la retrouver est peut-être le challenge le plus important de la partie... (2 balles perdues sur 14, ça reste respectable !) Bien qu'atteindre le trou situé derrière une haie d'arbres de plusieurs mètres sans voir le drapeau caché par la végétation n'est pas sans piquant ! Nous avons poursuivi par un petit rafraîchissement en cascade et une partie de pêche au tilapia pour le déjeuner. Heureusement que certains en ont pêché plusieurs, sinon Ophély ne mangeait pas !

Nous étions enfin fin prêts pour attaquer le réveillon. Et quel régal pour nos pauvres estomacs de tourdumondistes que de redécouvrir la texture fondante d'un bon foie gras maison, de se souvenir de la finesse des tranches du jambon d'Espagne enroulées autour d'un petit fromage basque, de goûter le raffinement des cèpes en compagnie d'un succulent rôti de bœuf saignant... Sans oublier les vins... Et là, nous nous réservons un droit de réserve publicitaire et pour ne pas trop vous faire pleurer non plus !

Et même après s'être mis tous ces fabuleux mets dans le gosier la veille, nous n'avons eu aucun mal à remettre ça dès le lendemain midi à l'occasion d'un repas préparé par un ancien grand chef venu se retirer à Ojochal. Un deuxième festin fait de dinde, de gratin de yuca (ou manioc) et de gâteau au chocolat ! Imaginez les yeux d'Ophély !

 

26 – 29 DECEMBRE 2009 – J+140 - J+143 – DERNIERES ACTIVITES POUR 2009

 

Les repas des 24 et 25 ayant eu raison de notre forme, un peu de repos s'imposait. Pour cela, direction la réserve biologique de la « Isla del Caño », petite île située à une vingtaine de km au large de la péninsule de Osa, pour une journée « snorkeling » (palmes, masque, tuba), pique-nique sur le sable, balade en bateau et visite de la mangrove. Prendre le large est toujours revitalisant ! Les hommes ont d'ailleurs remis ça le lendemain avec une belle partie de pêche au gros : 40 kilos de mahi mahi, de thon jaune et de bonite, dont une pièce de plus d'un mètre et de 25 kilos. Nous ne dirons pas qui fut l'heureux « performer » sous peine d'égratigner l'égo des autres. En tout cas, leur dévotion sur mer associée à celle des femmes a permis de dresser une belle table. Tout le monde s'est relayé derrière les fourneaux pour une bonne partie de rigolade... surtout le relai « banane » plantain opéré de gré ou de force par Jean-Pierre (le père d'Ander).

Les derniers instants de nos parents furent culturels avec la visite du village de Borucas, du nom de la tribu indienne qui le constitue pour ramener un peu d'artisanat à la famille et aux amis et en apprendre davantage sur leurs traditions, notamment la réalisation des tissus et la technique des masques.

Déjà le temps des au revoir parentaux se profilait laissant transparaître quelques émotions. Il faut dire que les prochaines retrouvailles ne sont pas pour demain... Sniff ! Mais à peine le temps de faire le plein de bisous que nous avions déjà du pain sur la planche : le montage de plus de 100 brochettes ! Pour l'inauguration du restaurant de Céline et Olivier le soir même. Oh, là ! Où sont les renforts ?! Nous nous en sommes sortis comme des chefs : oignons, chorizo, tomate, bœuf, poivron, porc, tomate, poulet... Vous la voyez la belle brochette ?! Humm, dommage que l'on ne puisse pas vous faire partager l'odeur et le goût. Un bon moment de plus sur fond de rock-jazz américain.

 

30 DECEMBRE 2009 – 1ERJANVIER 2010

J+144 - J+146 – UN REVEILLON ORIGINAL... BIS

 

Tout juste le temps de se reposer et de ne rien faire tout simplement le temps d'une journée (afin presque car il nous était important de repenser un peu à vous en mettant le site à jour) que le dernier jour de 2009 était arrivé. Et hop, une année qui s'achève ! Une année pas comme les autres, c'est sûr !

Alors, histoire de la finir en beauté, nous sommes allés faire un petit tour chez les indiens Boruca, tribu indigène ayant résisté à l'envahisseur espagnol, que l'on ne rencontre que dans deux villages, au sud du Costa Rica. Pour fêter leur victoire sur les colons, chaque fin d'année (du 30 décembre au 2 janvier pour être précis), se déroule « la fiesta de los diablitos » (la fête des diablotins). De nombreux habitants revêtissent une sorte de toile de jute sur le corps et une serviette sur la tête puis portent un masque typique. Ces « visages disgracieux » étaient à l'origine leur moyen de défense, cherchant à créer la peur dans les rangs ennemis. Ils symbolisent aujourd'hui encore les Borucas face aux espagnols, représentés lors de cette parade par un taureau (symbole de leur force dévastatrice sans réflexion tel le taureau qui entre dans l'arène sans se poser de question).

Nos esprits rassasiés par cette surprenante cérémonie ethnique, il ne nous restait plus qu'à s'occuper de nos estomacs. Et une fois de plus, nous n'avons pas raté le coche : saumon fumé, foie gras avec chutney de figues au vinaigre balsamique, brochettes de viandes, gâteau au chocolat et champagne... Le tout agrémenté de feux d'artifice et de pas de danse ! Mais nous nous sommes surtout offert le luxe d'un bain de minuit (à 4h du mat') dans la piscine de l'hôtel en amoureux, sur fond de « blue moon », pleine lune exceptionnelle puisqu'elle n'a lieu le 31 décembre que tous les 19 ans seulement.

Et comme si cela ne suffisait pas à marquer exceptionnellement ce réveillon, un somptueux « cochon à la tahitienne » (farci d'ananas, d'oignons et autres herbes aromatiques, cuit à l'étoffée dans des feuilles de bananiers) nous attendait sur la plage, avec pour assiettes, des feuilles de bananiers et pour table, le sable. Quand à la traditionnelle animation de 1° janvier, ce fut « bodyboard » et trempage de fesses dans de l'eau à 30°...