21 – 24 AVRIL 2010 – J+256 - J+259 – HONG KONG, C'EST FOU !

Autant vous prévenir, Hong Kong est une ville de fou et il nous est difficile de vous retranscrire cette folie... des grandeurs ! Nous avons été « happés » par cette mégalopole et ce dès notre transfert en bus de l'aéroport à Kowloon, la partie terrestre du district de Hong Kong, situé en face de Central, le cœur de la ville. Au fur et à mesure que nous pénétrions dans l'antre du monstre, nous restions de plus en plus bouche bée. Aucun de nous deux ne savait où donner de la tête. Une démesure... démesurée ! Tout au long de nos trois jours, nous avons appréhendé différentes facettes de la ville. Sous son ultra-urbanisation, nous avons pris le pouls d'une ville qui commerce, qui vit, qui se détend... et nous nous sommes laissés séduire !

Premier pas, première hallucinations !

Si on devait vous résumer les premières impressions que nous avons ressenties lors de notre première soirée à Hong Kong en quelques mots, nous vous dirions : amoncellement d'immeubles, omniprésence de la lumière et de « shopping, malls ». Dès la sortie de l'aéroport, des buildings s'élevaient de partout devant nous, par paquet de 5, 10 au bas mot. Notre tour parisienne n'avait qu'à bien se tenir avec ses 31 étages. Ici, le standard frôle les 45-50 ! Même les bus à double étage paraissent des coccinelles au milieu de la cohue. Pourtant la taille des building ne reflètent pas vraiment celle des hébergements. En effet, nous avions repéré dans une « mansion » (immeubles entiers de « guest-houses » une petite adresse recommandable. Lors de notre arrivée, elle affichait presque complet en raison d'une foire locale et nous n'avons pas eu le choix que de nous contenter d'une chambre... avec fenêtre ! Waaouuhh, quel luxe ! Sachant que nous ne restions dans la chambre que pour dormir, nous avions pensé prendre une sans fenêtre mais ce fut sans regret de ne pas avoir le choix lorsque nous sommes entrés dans la... comment dire ?! cellule qui allait nous servir de dodo. Attention, pas tant cellule par le confort et la propreté, nous avions bien deux petits lits, une salle de bain privée correcte, la télé, la climatisation et même la vue sur la rue. Non, cellule plutôt par la taille ! Disons 6m² pour être gentils ! On peut dire que c'est de l'optimisation d'espace. Même les matelas sont découpés à la forme des murs qui font un angle intérieur et la douche se prend au-dessus des toilettes !

Une fois installés, nous avons mis le cap sur la rue pour découvrir la ville de nuit. Et effectivement, Hong Kong, c'est la ville-lumière. Les néons sont omniprésents, la moindre devanture est recouverte de plaques rétro-éclairées de dimensions impressionnantes. Celle de notre restaurant de référence devait au moins faire dans les 10 x 2... mètres ! Ah, les économies d'énergie... connaissent pas ici ! Ce serait plutôt les dépenses d'énergie ! La consommation est tellement ahurissante que lorsque l'on est sorti du restaurant le premier soir, nous avons été surpris de constater qu'il faisait nuit, tellement on aurait cru qu'il faisait encore jour. Mais pas de doute, le ciel, même quasiment invisible au milieu des tours était bien noir.

Un festival de sons et lumières pour notre dernier soir

Si nous croyons avoir tout vu du potentiel éclairant de la ville lors de nos balades nocturnes les deux premiers soirs, la dernière soirée nous a prouvé plus qu'il ne devait, le contraire. Chaque soir à 20 heures pendant 15 minutes, les immeubles de la façade maritime de Central et Kowloon font leur show pour « the symphony of lights » (la symphonie des lumières), un spectacle son et lumière digne des plus grands concerts de Jean-Michel Jarre. Chaque bâtiment participant se pare de ses plus beaux néons colorés, en harmonie avec la thématique musicale bien sûr. Les ambiances « thriller » sont rythmées par des teintes bleues tandis que le passage traditionnel est accompagné de dégradés de roses. Mais plus que les couleurs, les gratte-ciel ont chacun leur place dans l'orchestre. Ainsi, l'incontournable « Bank of China » joue les percussionnistes tandis que celle des Américains interprète les vents et le « Hong Kong Center » les cuivres. Un quart d'heure d'enchantement lumino-musical !

Pas cher, mon fils, pas cher...

Si la concentration des enseignes lumineuses et des immeubles nous a quelque peu décontenancés, nous nous attendions en revanche à pénétrer dans l'antre du shopping. Rien qu'à voir la taille du port et le nombre incalculable (au sens premier du terme) entassé sur les quais, nous n'avions plus de doute. A Hong Kong, tout s'achète, tout se vend ! Mais le commerce étant un bien grand mot, nous voulions cerner d'un peu plus près des marchandises étranges, différentes, inconnues... en dehors des sentiers battus de la panoplie électronique et d'appareils photo à faire baver Ander.

Et croyez-nous, nous avons été servi dès notre première visite matinale dans le quartier de Sheung Wan. Bien évidemment, nous avons trouvé des magasins entiers d'ailerons (et autres cartilages) de requins. Et vu la quantité de bocaux remplis dans les très nombreux magasins, on s'étonne moins de savoir que 90 % de la population de requins dans le monde entier a été décimée en moins de 20 ans. Le pouvoir aphrodisiaque fait des ravages... surtout chez les asiatiques. De là à ce que les vertus soit véridiques, peu importe ; à 300 – 400 € le kilo, y'a du commerce !

Sinon, voici une petite liste (non exhaustive mais nous n'avons pas pu identifier un tas de choses) pour vous faire une idée de ce que l'on trouve : des nids d'hirondelles, des bois de cerfs, des pénis et viscères de singes, des concombres de mer, des hippocampes séchés, des lézards écartelés, séchés et étendus avec la tête comme des tapis animaliers, des ormeaux en quantités astronomiques, des pétoncles par centaines de bocaux, des « trucs » (nous ne savons toujours pas ce dont il s'agissait) noirs comme des cheveux enroulés... Bon, heureusement, on a aussi vu des marchandises plus parlantes pour nous autres occidentaux : crevettes et poulpes séchés, fritures, pipasses, champignons en tout genre... En tant qu'habitants du XIIIème arrondissement de Paris, on avait aussi un avantage ! Même si Tang Frères est tout petit joueur en comparaison !

Au-delà de ces articles alimentaires, nous avons aussi visité le Temple Night Market et le Lady Market, deux institutions en termes de gadgets et autres souvenirs en tout genre. Il faut dire que les montres s'y vendent par 5 au prix d'une pile en France. A savoir si elles tiendront longtemps, c'est une autre histoire ! On a même croisé, dans le premier, des stands de « voyants » lisant l'avenir dans des cartes tirés par... des oiseaux ! Mais notre chinois étant limité pour le moment et leur anglais peut-être aussi bon que notre chinois, on s'est abstenu. Dommage, on aurait certainement bien rigolé !

Enfin, après ce qui se mange mais que l'on n'osera peut-être jamais tester, après ce qui clignote de partout mais dont on ignore pour quelle durée... nous nous sommes attaqués au troisième pilier : le « domestique ». Alignement de fleuristes et centaines d'oiseaux à vendre sur Yuen Po Street et « agglutinement » de poissons exotiques dans des sachets transparents gonflés sur Tung Choi Street. Encore une ambiance de fous !

Une ville qui respire...

Mais Hong Kong, ce n'est pas seulement une ville ultra-urbanisée. Hong-Kong, c'est aussi de superbes espaces verts paisibles disséminés ça et là dans la ville, véritables lieux d'apaisement pour pratiquer le « Tai Chi » ou se ressourcer sur un point d'eau ; c'est aussi un extraordinaire parcs botanique et zoologique pour découvrir une faune peu courante d'ici et d'ailleurs ; c'est aussi des temples zen au milieu du brouhaha... Une ville qui respire.

Nous avons surtout bien pu sentir ce pouls apaisé durant notre troisième jour. Tout d'abord, notre traversée d'une rive à l'autre en « Star Ferry » aux aurores nous donnait déjà une impression de calme. Pénétrer sur ces embarcations historiques datant de la fin du XIXème siècle, s'asseoir sur les bancs en bois de l'époque et entendre la sirène marine sonnant le départ... nous a donné l'impression de partir en mer pour des semaines. Le décor de buildings paraissaient presque comme une toile de fond que l'on aurait posé derrière pour les besoins d'un film. Et 9 minutes plus tard, nous mettions de nouveau les pieds sur la terre ferme.

Pour continuer dans la thématique « zen », nous nous sommes rendus au « Peak », le plus haut point de la ville. Embarquement dans le « Peak Tram », un tramway d'autrefois qui s'incline sur certaines portions du trajet jusqu'à 45 degrés pour atteindre le sommet ; on se croirait couchés, debout ! Et à l'arrivée, nous avons eu la chance de trouver un ciel dégagé pour observer l'intégralité de la ville étendue à nos pieds. Une sensation de « maîtres du monde » à la clef ! Du coup, on s'est décidé pour faire perdurer cette pause bucolique en effectuant la descente à pied (dans ce sens, c'est toujours plus facile) et nous n'avons pas regretté. La forêt dense nous a accompagnait tout du long des 3 kilomètres et quelques et parfois, au détour d'un escalier plus pentu, nous nous demandions si nous étions bien à Hong Kong et si les centaines d'immeubles que nous avions dominés quelques minutes auparavant n'étaient pas des mirages. Mais non, nous avons bien retrouvé la folie des grandeur en arrivant en bas.

La version « verte » nous ayant charmé, on a prolongé notre déambulation au « Hong Kong Zoological & Botanical Garden ». Plus qu'un jardin public, si l'on peut dire, c'est un véritable zoo en pleine ville. Et au-delà de la surprise de trouver un tel espace dédié aux animaux au milieu des buildings, c'est le nombre et la rareté de certaines espèces qui donnent toute la dimension à ce lieu. Nous avons pu y voir pour la premier fois des ibis rouges, des flamands roses... oranges, des lions tamarins (petit singe) et même deux orangs-outans (c'est toujours difficile de voir de tels animaux en cage mais à l'observer se curer les dents sur les barreaux, on était quand même rassurés d'être de l'autre coté de ceux-ci !).

Et pour finir notre petit « zenitude tour » de la ville, rien de telle qu'une petite virée dans deux des principaux temples. Si le premier nous a rapidement mené vers la sortie à cause de la fumée étouffante lâchée par la surabondance de serpentins géants d'encens en train de se consumer depuis plusieurs mois pour certains (on y trouve l'étiquette qui stipule le jour de début d'allumage), le second nous a offert une dimension plus concrète de leur pratique religieuse : les pots de bâtons de la chance que les croyants secouent jusqu'à ce que l'un s'éjecte, les demi-lunes jetées à terre comme une réponse à une question posée, le circuit tout autour du temple avec les bâtons d'encens en éventail au-dessus de la tête... Nombre de cérémoniels pour lesquels il nous faudra trouver plus d'explications lors de notre passage en Chine !

 

Apaisés et excités par cette mégalopole, nous y serions bien restés plus longtemps mais déjà une nouvelle aventure nous attendait, et pas n'importe quel morceau : l'Inde !