9 – 12 OCTOBRE 2009 – J+62 - J+65 – PAPI FAIT DE LA PALEONTOLOGIE !

 

Après une arrivée un peu abracadabrantesque à Windhoek, nous avons pu prendre un peu de repos et nos nouveaux repères chez Ashok, un namibien d'une soixantaine d'année, d'origine indienne, quelque peu loufoque et fan de musique (l'apéro sur fond de concert de Dire Strait fut très agréable) qui nous a accueillis par l'intermédiaire de « Couchsurfing ». De quoi réaliser une escale technique agréable dans la capitale namibienne afin de réserver les quelques campings des grands « spots » du mois à venir, rechercher le matos de camping, récupérer la voiture, penser à vous en mettant le site Internet à jour... et visiter la ville accessoirement même si son attrait est assez limité (où les rues Fidel Castro et Robert Mugabe côtoient la rue de l'Indépendance) ! Bref, on n'a pas chaumé ! 35 jours en Namibie, ça ne s'improvise pas ! Et finalement, nous avons pris la route des grands espaces namibiens ! Direction : le Sud !

 

Le tropique du Capricorne traversé, nous avons atteint Keetmanshoop pour y faire la rencontre d'un super papi fermier reconverti dans la paléontologie ! Figurez-vous qu'il a trouvé sur son terrain, il y a maintenant une vingtaine d'année, des fossiles de, accrochez-vous, « mésosaurus », hybride préhistorique entre un gros gecko et un bébé crocodile. Nous voilà partis pour une visite guidée de sa ferme, remontant le temps jusqu'à l'époque de la formation des continents. Par la même occasion, nous avons également eu la chance de découvrir une autre particularité des lieux, la présence d'arbres endémiques rares, que l'on ne trouve que dans cette région et sur des petites surfaces : les « kokerboom » (ou arbre carquois). Et pour couronner le tout, notre gentil fermier nous a ramenés quelque peu en enfance, en jouant sur des pierres musicales (pierres à résonances métalliques) notre international « Frères Jacques ». Un moment surprenant ! Ce petit périple s'est ben évidemment fini avec un magnifique coucher de soleil, dans les dédales de « Giant's Playground » (une zone de rochers énormes d'origine volcanique amoncelés les uns sur les autres comme un légo géant, le tout dans un sublime équilibre).

 

13 – 15 OCTOBRE 2009 – J+65 - J+67 – ENTRE DESERT ET OASIS

 

Les jours suivants nous ont mené encore plus au sud, à la frontière sud-africaine pour la découverte d'une des splendeurs de la Namibie : le Fish River Canyon ! Deuxième canyon au monde après le « célèbrissime » Colorado, le Fish River Canyon s'étale sur plus de 150 km et peut atteindre jusqu'à 550 mètres de profondeur. Mais le plus surprenant est sans doute que l'on ne se doute pas de sa présence même à quelques kilomètres du site ! On parcourt une zone désertique quasi plate avant d'arriver au bord... du précipice ! Et là, sous nos yeux, s'ouvre la faille. Un plateau géant nous fait face et l'on distingue le peu qu'il reste de la rivière (nous sommes actuellement en fin de saison sèche) grâce au contraste de sa couleur verte avec la roche environnante. Et si la luminosité du matin fait le bonheur des photographes (vous voyez de qui on parle...) et bien celle du soir renforce les formes et donne une impression de gigantisme encore plus forte au canyon !

 

Après plusieurs heures de visite, une nouvelle expérience 4x4 pour Ander et surtout une résistance à la dure chaleur du désert et à l'omniprésence de la poussière, nous avons fini par quitter les lieux pour l'oasis de Ai-Ais. On ne savait pas ce que l'on allait y trouver hormis notre camping pour la nuit suivante et c'est avec une d'autant plus grande surprise, que nous avons découvert le complexe ! Oui, oui, appelons cela comme ça. Car, quand en pleine zone désertique, perdus au fin fond d'une gorge située entre deux montagnes rougeâtres, vous découvrez des terrains de tennis, une piscine extérieure énorme et un ensemble intérieur de bassins chauffés à plus de 35° dont certains sont même à remous... Et bien, vous hallucinez... purement et simplement ! Et quand en plus, il y a un spa qui propose un forfait « Couple connection » (massage complet du corps, bain de miel et de lait et lotionning) à un prix défiant toute concurrence, vous ne résistez pas. Rien de tel pour ressourcer un couple aussi « agité » que nous sommes !

 

15 – 17 OCTOBRE 2009 – J+67 - J+69 – ET SI ON REMONTAIT LE TEMPS

 

Malgré l'envie de prolonger notre farniente dans les bains à remous et compagnie, il nous a fallu reprendre la route. Mais c'était sans savoir que notre prochaine étape nous ferait vivre un moment « hors du temps » ! Nous sommes arrivés à Luderitz en fin d'après-midi où nous avons été accueillis par Giel, un photographe pro d'environ 50 ans, fan d'aviation, radio-amateur à ses heures, également membre de « Couchsurfing » et surtout un super gars. Il nous a plus que pris en main et dès le soir même, nous a fait découvrir les coulisses de la ville. Programme de la soirée : bowling à l'ancienne avec 11 des 200 blancs de la ville. Et bien qu'il n'y ait aucune connotation raciale négative à l'heure actuelle, le « spectacle » auquel nous avons assisté en arrivant sur les lieux, nous a surpris. Imaginez ! Nous prenons le gros 4x4 de Giel, débarquons dans le cœur de la ville complétement déserté et pénétrons dans une maison au charme suranné. Et là, 11 gros « bébés » blancs (Ander faisait petit garçon à côté pour mieux vous aider à faire la comparaison) d'origines diverses (sudaf, russe, allemand...) sont attablés en plein conseil de guerre. Très rapidement, mais tout de même entre 2 montées de ton et 4 ou 5 whiskies-coke par tête de pipe, les voilà qui se dirigent vers deux pistes de bowling. N'allez surtout pas vous projeter dans le bowling à la française avec 10 pistes ultrapolies et boules à trois trous. Ici, les deux pistes sont en parquet déformé, les boules s'attrapent avec les deux mains (ou une suivant votre gabarit), les lumières suspendues au-dessus de la piste datent des années 50 et les photos sur les murs soulignent clairement que les lieux ne sont pas de toute fraicheur. Inauguration 1904 ! Mais le plus incroyable, ce sont les deux noirs, installés dans le fond, au bout des deux pistes, qui servent de ramassage automatique : ils installent les quilles et renvoient les boules après s'être fait canarder par nos gros gaillards ! Et la cerise sur le gâteau, après la partie, les gars sont montés sur les chaises pour entonner des chants allemands, un verre de schnaps à la main, l'avalant bien sûr cul sec. Seule la couleur sépia manquait aux vêtements des joueurs pour nous projeter au siècle dernier.

 

Et comme si notre soirée ne nous avait pas suffisamment ramenés dans le passé, la visite de Kolmanskop, à quelques kilomètres de Luderitz, s'en est chargée. Ancienne ville diamantifère du début du XXème siècle, elle a été abandonnée dans les années 30-40 et donne l'impression d'une ville fantôme, dont la vie semble s'être arrêtée brutalement il n'y a pas si longtemps. Certes, les vitres sont brisées, les portes sont sorties de leur gond, les planchers ont cédés sous le poids des amoncellements de sable mais les frises au mur sont intactes, l'on devine très facilement les installations électriques, le piano du casino-théâtre semble résonner dans l'enceinte et l'hôpital garde encore la trace de la première machine à rayons X d'Afrique Australe ! Une visite étrange au milieu des dunes où le vent souffle sans retenue, comme pour permettre au sable environnant de recouvrir de son manteau jaune-orangé les lieux et les laisser appartenir définitivement au passé. Une belle tempête de sable nous coincera en ville et nous empêchera de visiter la péninsule de Luderitz baignée par les eaux froides de cette partie de l'Atlantique. Du coup, il a fallu noyer notre chagrin dans l'alcool, ce qu'Ophély a fait non seulement avec notre ami Giel et ses copains les « gros bébés », mais également avec une maestria digne des fêtes de Bayonne, ce qui lui vaudra 24h d'une sublime gueule-de-bois !

 

18 – 19 OCTOBRE 2009 – J+70 - J+71 – DES DUNES ET DU 4X4 A SOSSUSVLEI

 

Tant bien que mal remis de nos émotions « luderitziennes », nous avons repris la route (enfin… Ander a conduit, Ophély a cuvé sa boisson...), direction LE spot de Namibie : Sossusvlei ! Il s'agit d'un ensemble de cuvettes argileuses entourées de dunes gigantesques. Une sensation de désolation incroyable ! Si vous vous êtes intéressés un temps soit peu à la destination, vous avez forcément déjà vu Dead Vlei, cette photo d'arbres morts perdus au milieu des dunes oranges qui symbolise souvent la Namibie.

 

Après une courte nuit (mais réparatrice tout de même...), nous voilà donc au taquet à 5h30 devant la porte d'entrée du parc pour aller assister au lever du soleil sur le site, situé à 65 km de là. Relevé de la plaque d'immatriculation de la voiture (pour être sûr que l'on ne reste pas coincés dedans, ce qui au vu des événements qui vont suivre peut avoir son importance) et GO !!! On avale avec impatience les premiers 60 kilomètres asphaltés en laissant derrière la dune 45 qui est l'arrêt initial standard (mais nous, on n'aime pas trop les standards...). 1 heure plus tard, se présentent les 5 derniers kilomètres réservés aux véhicules 4x4. Petit moment d'hésitation... « Pas glop »... Du sable... Et puis aller hop, on y va. Après tout on est 4x4, non ?! 1 km, 2 km, 2 km 5, tout va bien. Ander rétrograde de la seconde à la première pour reprendre un peu de puissance et là... c'est le drame ! Nous sommes enlisés !!! Marche arrière, marche avant, high, low... rien à faire, nous y sommes pour de bon. Petit moment de panique : comment allons-nous nous sortir de là avec notre pauvre malheureuse petite pelle et du sable jusqu'au bas de caisse ?! Pas gagné ! Heureusement, quelques minutes à peine après notre « arrêt », deux super gentilles allemandes gays ont eu pitié de nous et sont venus nous aider, nous prêtant leur pelle, nous dégonflant un peu les pneus et conduisant pendant que l'on poussait ! ¾ d'heure plus tard, incident terminé ! Enfin, presque. Parce que la gentille allemande qui avait pris le volant s'était lâchée sur l'embrayage, le faisant sérieusement fumer. Du coup, on a du laisser la voiture se refroidir pour le reste de la matinée et on a fini à pied le reste du parcours, se faisant doubler et saluer par les gros touristes qui eux avaient préféré prendre le « shuttle » plutôt que de braver les aventures 4X4... Grrrrrr ! Quelqu'un a dit les premiers seront les derniers... Pas bête le gars ! Et une mauvaise aventure n'arrivant jamais seule, la guigne nous a poursuivi, avec l'arrivée d'une splendide tempête de... sable ! Ouff, nous avons une deuxième matinée, parce que celle-ci c'était un peu un coup pour pas grand chose !

 

Bon, le lendemain, par prudence, on s'est contentés de prendre un « shuttle » (comme des gros touristes...) hors de prix, mais bien moins cher que le changement d'un embrayage et le remorquage de la voiture, pour enfin gravir la dune 45 au lever du soleil, découvrir Sossusvlei sans tempête de sable et finalement revoir dans de meilleures conditions Dead Vlei (on ne rentrera pas dans les détails du site en lui-même, constitué de moultes dunes, regardez les photos, c'est plus parlant). On finira la journée dans une agréable ferme des environs, au bord de la piscine, en compagnie d'un gentil springbok apprivoisé et d'un intrépide suricate. Il nous fallait bien cela pour nous remettre de nos émotions.

 

On apprendra d'ailleurs que cet incident était inévitable. Dans le sable, il faut des pneus sous-gonflés à 1 bar environ, des roues lockées en version 4x4 et une vitesse régulière en sur-régime. Et nous, nous avions : 2.5 bars dans chaque pneu, une des roues avant n'était pas en mode 4x4 et Ander, voulant reprendre de la puissance, a rétrogradé dans le bac à sable passant la barre fatidique des 1500 tours. Bref, tout pour aller droit dans le mur ! Mais maintenant, on sait comment ca marche, enfin en théorie !

20 – 22 OCTOBRE 2009 – J+72 - J+74 – ADRENALINE, VERSION « WALVIS »

 

Après tout ce désert, cette chaleur, ces émotions... rien de plus agréable qu'une petite virée océanique. Walvis Bay nous tendait les bras. Grand port en eau profonde de Namibie et longtemps restée aux mains des anglais puis des sud-africains (jusqu'en 1994 alors que l'indépendance date de 1990), Walvis Bay est surtout réputée pour ses salines, ses lagons, paradis des oiseaux : pélicans, flamants roses, cormorans par centaines, peut-être même plus... et ses activités aquatiques !

 

On en a profité et on s'est offert la parfaite panoplie du bord de mer : huîtres pour les déjeuners (et autant dire que le goût de noisette des Utah Beach n'a qu'à bien se tenir et que la douzaine que nous nous sommes engouffrée nous a bien calé !), sortie en kayak pour aller dire bonjour aux otaries à Pelican Point (même si c'est moins bien que la plongée avec les spécimens de Basse-Californie...) et excursion à Sandwich Harbour, 4ème et dernière section du désert du Namib accessible uniquement en 4x4 pour laquelle, rassurez-vous, on a pris une sortie organisée avec chauffeur professionnel ! Hallucinant ! Il n'y a pas d'autre mot pour décrire cette expérience de montagnes russes en 4x4 dans les dunes surplombant l'Océan Atlantique... Mieux que « Space Mountain » et « Tonnerre de Zeus » réunis ! La lumière éblouissante nous a fait rapidement perdre nos repères visuels et seul notre cœur qui se soulevait en descente nous rappelait le relief. On a alors très vite compris pourquoi il y avait une longue barre de fer devant chaque siège ! Dommage que notre ami belge ne soit pas là pour vous raconter ce qu'il a ressenti quand sa voiture est partie dans le vide... en arrière... et qu'il pouvait nous voir lui foncer dessus avec notre véhicule! Sensationnel !

 

Reboosté à l'adrénaline de la veille, Ander a voulu tester une autre sport à sensations dans les dunes : le sandboarding ! Il s'agit de snowboard mais, comme son nom l'indique, cela se passe sur le sable. Tel un champ de poudre vierge ouvert devant lui, Ander a alors chaussé ses boots, armé de sa planche puis s'est tranquillement élancé du haut de la dune 7 (l'une des plus hautes de Namibie). Digne d'un pro !

 

23 – 25 OCTOBRE 2009 – J+75 - J+77 – ADRENALINE, VERSION « SWAKOP »

 

Swakopmund (alias Swakop') a été créée à la fin du XIXème siècle par les Allemands pour « concurrencer » sa rivale anglaise de l'époque, Walvis Bay. Autant vous dire qu'ils n'ont pas lésiné sur les moyens pour que la culture germanophone soit présente et le reste avec le temps : le style colonial germanique, les noms de rue... mais aussi le climat (frais, très frais).

 

Anglais ? Allemands ? Il nous fallait bien comparer les activités ! On a pris le même cadre : les dunes mais on a fait varier les plaisirs. A Swakop', ce sera du quad ! Après la démonstration de Sandwich Harbour, on était ultra-motivés pour mettre en application les techniques de conduites nous-même. Bien décidés à faire chauffer nos petits bolides, on s'est fait un malin plaisir à « booster » leur puissance pour monter le plus haut possible sur les différentes dunes, redescendant parfois dans un équilibre incertain... mais toujours avec l'intime conviction ne pas se retourner. Sauts et dérapages contrôlés ont été de rigueur ! Bon, Ander a quand même réussi à s'ensabler. Si, si, c'est possible. La preuve ! A croire qu'il l'a fait exprès ! Heureusement, en quad, c'est beaucoup plus simple, tu tournes le guidon, tu t'élances dans la pente et s'est reparti ! Au passage, on a même eu droit à un peu de sandboarding mais typique cette fois-ci (c'est-à-dire couché sur le ventre, la tête en avant, sur une fine de planche de bakélite). Et si l'essai d'Ander a été concluant (le sable, ça commence à le connaître et les kilos ça tire vers le bas, gravité oblige !), celui d'Ophély fut plus hasardeux, se terminant en apéritif sableux ! Pas très écolo tout ça mais qu'est-ce qu'on s'est amusé !

 

On a aussi profité de notre escapade dans la région pour découvrir une des particularités de Namibie, les « Welwitschias Mirabilis ». Curiosités botaniques qui ne poussent que dans le désert du Namib, ce sont des plantes dotées d'une seule paire de feuilles coriaces, dont l'extrémité repose sur le sol, s'enroule et se dessèche. Leurs racines, pouvant atteindre plusieurs mètres de long, s'étendent juste sous la surface du sol afin d'absorber l'humidité déposée par le brouillard dans le désert. Surprenantes par leur taille et leur âge (l'un des spécimens a plus de 1500 ans !), on ne peut pas dire qu'elles soient franchement esthétiques !

26 - 27 OCTOBRE 2009 – J+78 - J+79 – ALLER SIMPLE BREST - ALICE SPRINGS !

 

Autre étape incontournable de la côte Atlantique, nous nous devions d'aller taquiner la Skeleton Coast d'un peu plus près. Et si le brouillard persistant de Swakopmund commençait déjà à nous miner le moral, le temps tout aussi brumeux et froid de la frange côtière (oui, oui, juste la côte... du ciel bleu à droite... du ciel bleu à gauche... mais pile sur la côte : un bon brouillard breton...) ne nous a pas davantage renforcés en vitamine C. Nos K-Way n'étaient pas de trop pour affronter cette côte désolée de la Namibie où l'océan violent condamne souvent les bateaux à l'échouage (d'où son nom, « Côte des Squelettes »). Heureusement, cet univers de brume, rafraîchi par les vents océaniques et le courant froid du Benguela, ravit les taquineurs de goujons, avec des eaux exceptionnellement poissonneuses.

Côté touristes, passage obligé par Cape Cross ! La plus grande colonie d'otaries au monde. On sait que l'on arrive sur le site, non seulement au bruit (on se croirait dans une bergerie) mais aussi et surtout à l'odeur. Certains diront que le temps de visite correspond au temps de résistance aux effluves de ces belles bêtes... On dira qu'on a connu bien pire et que si le vent est clément, on peut largement profiter du spectacle des otaries se bagarrant, surfant dans les vagues ou tout simplement coinçant la bulle grave !

 

Après l'univers « frisquet » de la côte Atlantique, il était temps que l'on retourne au... chaud ! On allait finir par prendre froid. A peine quelques dizaines de kilomètres de parcourus et déjà la chape de plomb (35° mini) nous tombait de nouveau dessus. Quel bonheur ! Le paysage retrouvait ses couleurs désertiques et le Damaraland, région touristique par excellence, connue pour ses particularités géologiques et ses arts rupestres, s'offrait à nous ! Ah... un peu de culture après ce shot d'adrénaline... Première découverte : Spitzkoppe, véritable Ayers Rock (ou Uluru pour les connaisseurs) namibien, perdu en plein milieu de vastes étendues désertiques. Notre séjour dans ce lieu de pierres granitiques rouges et son camping très cosy (vous verrez sur les photos l'emplacement n°8 sous la roche) a été fort agréable. On a non seulement pu découvrir de belles peintures rupestres « san » datant de plusieurs milliers d'années mais on a également pu échanger avec des Damaras, une des principales ethnies de Namibie. Et oui, après nous avoir entonné un petite chanson fort sympathique lors de la visite guidée, notre guide local nous a invité à boire un verre au village pour fêter son anniversaire. Village ? Plutôt dire un regroupement de baraquements et un bar ... « The place to be ». Avec, s'il vous plait, mesdames, messieurs, un sublime juke-box crachant sa musique plus fort que dans un concert d'AC/DC dans le fond à gauche et un billard de compète dont le tapis vert s'était un peu fait la malle au milieu, le tout décoré par de magnifiques banderoles publicitaires de multiples marques de bières. Bref... Tournée générale. Faut dire que pour moins de 2 euros, on a pu régaler tout le monde et notre guide a pu fêter dignement ses 24 ans ! Et voilà comment, on s'est rapidement retrouvés dans un village du Damaraland, entourés d'une dizaine de jeunes, sirotant une liqueur légère à la cerise, à discuter football et prévention sexuelle, Sida et préservatifs... Dure réalité et interrogation pour eux, partagés entre la conscience du danger encouru et leurs traditions.

27 – 28 OCTOBRE 2009 – J+79 - J+80 – SUR LES TRACES DES « SAN »...

 

Notre traversée du Damaraland s'est poursuivi à travers les monts Erongo, chaine de montagnes granitiques de même typologie que le Spitzkoppe et massif le plus long de Namibie avec plus de 400 kilomètres. Nous y avons découvert une zone de gros cailloux ronds posés à même le sol comme des boules de pétanque pour géants, mais aussi une une sympathique grotte aux peintures rupestres facilement identifiables et relativement design, dont le nom à fait sourire Ophély : Phillipp's Cave. L'intéressé se reconnaîtra !

 

Lancés dans la découverte des monts de granit et des peintures « san », notre tournée des lieux a continué avec le Branberg, massif totalement circulaire (allez voir sur Google Earth, c'est surprenant) qui possède le plus haut mont du pays avec plus de 2500 mètres de haut. Petite spécificité des lieux, la présence de la célèbre peinture rupestre dite « White Lady »... (dame blanche) qui, s'avère être en fait un homme, et d'origine « san » de surcroît. La présence de cheveux longs et la couleur blanche recouvrant la moitié basse du corps (d'où son nom) seraient en fait la représentation du passage à l'âge adulte d'un jeune « san », mais qui fut mal interprétée par l'abbé français Breuil. On a ainsi encore appris davantage sur les traditions « bushman » à travers leurs « murs » de communication.

 

Pour finir agréablement cette journée « culturelle », rien de tel qu'un beau coucher de soleil avec le massif en toile de fond... Pour cela, direction les anciennes mines d'étain d'Uis (village à proximité du Brandberg où nous avons dormi) et le tour organisé de notre chef de camp, Basil. Le tout accompagné par une troupe d'écoliers venus de Windhoek pour fêter l'arrivée des vacances. Ah, la vision de la scolarité namibienne a de quoi donner des envies : vivre la nature pour mieux la connaître, la préserver et surtout mieux apprécier l'école ! Et au passage, on a même eu droit à un petit rappel de Sandwich Harbour avec deux belles descentes de dunes en 4X4 à quelques 45° d'inclinaison. Pas mal !

 

29 – 30 OCTOBRE 2009 – J+81 - J+82 – ENCORE UN PEU DE PREHISTOIRE !

 

Notre petit séjour dans le Brandberg nous avait certainement mis dans de bonnes dispositions car nous nous sommes lancés dans le « solidaire » dès le lendemain. Que voulez-vous, quand vous voyez une gentille mamie en belle robe bariolée, accompagnée d'un gentil papi vous interpeller pour les prendre en stop alors qu'il est à peine 9h et qu'il fait déjà 30°, vous ne pouvez refuser. Alors, on a dit oui, on a serré nos affaires à l'arrière pour qu'ils puissent s'asseoir et leur 5 sacs ½ ont réussi à trouver leur place dans le canopy du pick-up. Finalement, il faut bien un 4x4 de la taille du Hilux en Namibie !

 

Mais il a fallu les laisser avant leur destination finale, notre route se dirigeant vers Twyfelfontein, autre site très connu du Damaraland, réputé pour ses gravures rupestres cette fois-ci. Faut bien varier les plaisirs quand même ! Ce site, classé Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis juin 2007, est l'un des plus grands sites de gravures rupestres d'Afrique Australe, avec pas loin de 20000 motifs. Et sa richesse ne repose pas seulement sur la quantité retrouvée mais aussi sur les types de dessins. On peut y croiser un lion avec une empreinte de main au bout de la queue, un koudou qui danse, nombres de girafes et d'éléphants... mais également otaries, flamants roses, manchots du Cap ainsi qu'une pierre quasi verticale avec de multiples empreintes d'animaux, tel un tableau noir d'école pour les élèves « san » afin de leur apprendre à reconnaître les empreintes visibles dans le bush.

 

Autre particularité des environs, des arbres pétrifiés estimés à 250 millions d'années. Selon la théorie de la formation des continents (Gondawa pour ceux à qui ça parle), ces arbres seraient originaires d'Afrique centrale et auraient été « ensevelis », subissant des pressions gigantesques et un manque d'oxygène les ayant transformés en pierres. Surprenant à voir. A première vue, on dirait du bois avec les nœuds et l'écorce mais si on compte là-dessus pour faire un « braai » (barbecue namibien ultra répandu dans le pays, chaque camping qui se respecte inclut un emplacement pour le « braai » dans les commodités) et bien c'est pas gagné !

 

Et pour accompagner ces marches sous un soleil de plomb, nous avons assisté en soirée à une petite séance traditionnelle de chants et danses Damara où l'on a retrouvé avec plaisir le rythme inimitable des africains et les clics de langage toujours aussi surprenants. Sans oublier ce beau moment d'émotion lorsque le groupe a entonné l'hymne national namibien. Quand on sait comment ils ont lutté pour obtenir l'indépendance (en 1990...), cela donne forcément la chair de poule...

31 OCTOBRE – 1ER NOVEMBRE 2009 – J+83 - J+84 – UN PETIT COIN DE PARADIS

 

Après une belle découverte du Damaraland, nous voilà en direction du Kaokoland. Et autant dire que cette région du nord-ouest de la Namibie, aux superbes paysages et surtout réputée pour ses tribus Himbas, se mérite ! Tout a commencé sur les conseils avisés de notre ami Pascal, notre expert Namibie... Purros, qu'il a dit ?! Alors, on a pris la route pour ce petit village encaissé le long de la rivière Hoarusib (connue pour ses éléphants du désert). Entre les lacets caillouteux, les lits de rivière asséchés et de longs kilomètres de bac à sable, les 100 et quelques kilomètres ont été pour le moins sportifs. Mais maintenant, ça y est, Ander va pouvoir s'inscrire au Paris-Dakar ! Aussi ardue que fut la route, notre arrivée à Purros fut une belle surprise. Un camp au bord du lit de la rivière (asséchée pour le moment), avec des douches chauffées au bois et des vrais toilettes, le tout dans une végétation généreuse, nous attendait. Une véritable maison à la Robinson Crusoé avec le confort nécessaire, le tout en pleine nature, sans barrière, laissant libre les éléphants de pouvoir se balader. On en fera d'ailleurs l'expérience dès le lendemain où de retour d'une ballade, nous ne pourrons accéder à notre camp pendant quelques dizaines de minutes, celui-ci étant occupé par deux beaux pachydermes, pas vraiment prêts à nous céder la place. Vous vous doutez bien qu'on ne voulait pas les fâcher, on a donc attendu !

 

Une fois installés dans notre petit nid douillet, en route pour notre premier « Desert elephants drive ». Nous avions parcouru tous ces kilomètres pour venir observer ces beaux pachydermes adaptés aux conditions climatiques difficiles des lieux, alors il était temps d'y aller. Concrètement, par rapport à leurs confrères « standard », ils ont les jambes plus longues, le corps plus petits et surtout les pieds plus larges pour ne pas s'enfoncer dans le sable. Mais, dans les grands lignes, cela reste des éléphants.

Et si notre première balade s'est avérée infructueuse pour les éléphants, nous n'avons pas été déçus pour autant car une découverte, encore plus surprenante que l'on ne s'y attendait pas, nous a comblé : la présence de lions du désert. Et oui, les lions, toujours les lions. Que voulez-vous ? On les aime bien ces petites bêtes ! Nous avons donc eu le plaisir d'observer la meute du coin : 1 gros mâle avec une crinière très foncée splendide, 2 femelles et 3 ados. Tandis que les jeunes se régalaient des restes d'un oryx chassé le matin, les « parents » se lançaient dans les préliminaires sexuels. Non, non, nous ne pouvons vous en raconter davantage... c'est censuré ! Non, c'est tout simplement parce que cela peut prendre plusieurs jours avant de conclure et nous n'en étions qu'au tout début...

 

De retour au camp et pour une histoire de douche non chauffée, nous avons fait connaissance avec deux couples de français, voyageurs au long cours également. Tout d'abord, Laurent et Carole, partis pour 1 an en 4x4 entre Afrique et Amérique Latine et surtout en famille, avec leur deux fils, Enzo et Rubben. Quelle belle initiative ! Ensuite, Maxime et Eva (une compatriote d'Ander), de retour d'un an à la Réunion (décidément cette île nous poursuit !), voyageant pour 3 mois en Afrique Australe avant leur retour en métropole et ayant, au moment de notre rencontre, la particularité de camper chez... les Himbas ! Et oui, comme on l'a précisé plus haut, Purros, c'est non seulement le quartier des éléphants du désert mais aussi celui de la fameuse tribu des Himbas. Et pour en revenir à Maxime et Eva, et bien, ils ont eu le courage de demander au village traditionnel d'à côté de rester dormir avec eux. Excellent ! De fils en aiguille, on a passé la soirée autour d'un barbecue et d'un verre de Brandy à refaire le monde et à parler voyage... Un moment de partage bien agréable après toutes ces semaines... euh... mois (déjà ! ) isolés sur la route !

 

Après une nuit écourtée par toutes nos rêveries, nous nous sommes remis au concret. Destination du jour : le village Himba ! Nous avons commencé par une petite visite « touristique » des différents ateliers mais très vite, grâce à la présence de Maxime et Eva et du légendaire appareil photo d'Ander, nous avons « sympathisé ». Tentatives de communication en tout genre : sourire, mains, gestes, dessins... Tout ce que l'on peut faire quand on ne parle pas la même langue (les Himbas ne parlent qu'Himba !). Bon, on s'en n'est pas trop mal sortis. On a réussi à faire du lait caillé, on a appris à une femme himba à prendre des photos (regardez dans la galerie, c'est la photo d'Ander et Maxime pas vraiment cadrée), on a fait de la géographie ensemble avec l'aide de notre mappemonde, on leur a fait peur avec nos piercing et eux avec leurs deux dents de devant d'en-bas qu'ils font sauter avec un bout de bois... Un moment de pur bonheur ! Il nous a fallu retourner au camp, le cœur serré, emplis de leurs parfums et de leurs couleurs. On reviendra, c'est obligé !

 

Après ces encore et toujours belles émotions, on est allés à la découverte des éléphants du désert, qui ont répondu à l'appel cette fois. Toujours aussi beau de les voir évoluer comme sur des œufs, de les observer arracher les branches avec leurs trompes, de surprendre une maman prendre soin de son petit... Quelle journée inoubliable !

 

2 NOVEMBRE 2009 – J+85 – DANCING BAR AVEC LES HIMBAS

 

Si l'on pensait avoir vécu un moment unique le jour précédent, celui de la soirée suivante allait être encore plus incroyable. Même encore aujourd'hui, en vous l'écrivant, nous avons du mal à réaliser ce que nous avons vécu. Nous n'avons malheureusement pas d'images de ce moment pour les partager avec vous mais là, c'est un moment qui ne s'inscrit pas sur des pellicules photos ou vidéos, c'est un moment qui se vit. Tout simplement.

 

Après avoir quitté Purros, nous avons rejoint LA « ville » du coin, à 200 km de là environ : Opuwo. C'est le berceau Himbas par excellence, ils marchent par dizaines dans les rues, hommes, femmes, enfants, tous en habits traditionnels, mais c'est aussi celui de toutes les autres tribus du coin (dont certaines que nous n'avions encore jamais vues)... Bref, un carrefour ethnique où chacun vient se ravitailler (d'ailleurs, imaginez la scène au supermarché du coin, lorsque les différentes tribus, habillés dans leurs costumes traditionnels comme on peut les voir dans les reportages sur Arte, noirs, blancs ou rouges... font la queue à la caisse...) mais aussi et surtout passer du bon temps autour d'une bonne « Black Label » (la bière la plus appréciée... surtout quand on sait que la bouteille de 750 cl coûte environ 0,80 centimes d'euro !). Encore tous émus de l'expérience de la veille et accompagnés de Maxime et Eva, nous nous sommes donc lancés et sommes allés prendre un verre au bar du coin. Et si nous pensions prendre une bière tranquillement pour observer les gens du coin, cela ne s'est pas tout à fait déroulé comme prévu. Très vite, une Himba est venue demander un peu de bière à Ander. Hors de question ! Non mais, c'est pas parce que c'était une jolie himba qu'Ander allait se laisser aller à partager son alcool ! Finalement, le « bras de fer » a tourné à la rigolade et l'échange a commencé. Comment ? Elle a tenté de nous apprendre la chorégraphie d'une chanson que diffusait le juke-box. Et pour l'aider dans ce surprenant challenge, deux femmes Herero (autre tribu dont les Himbas sont issus mais qui ont pris le costume des femmes des colons du XVIIIème siècle – allez voir sur Internet, ça vaut le coup) nous ont rejointes et ont engagé... la danse ! Voilà comment Ander s'est retrouvé à danser en rond avec une Himba tandis qu'Ophély ondulait son corps, yeux dans les yeux avec une Herero. Et dire que nous croyons que c'est nous qui allions assister au spectacle... C'est bel et bien nous qui avons été le spectacle de la soirée de tous ces gens qui nous observaient avec leurs yeux tous ronds ! Deuxième déchirement en deux jours, nous sommes rentrés les yeux pétillants d'images, de sons, d'odeurs, de souvenirs... Les mots nous manquent !

 

3 - 6 NOVEMBRE 2009 – J+86 - J+89 – DU COTE DE LA FRONTIERE ANGOLAISE

 

Nous avons ensuite mis le cap vers la frontière angolaise, avec pour première étape les Epupa Falls, jolies chutes qui s'étalent à la frontière namibo-angolaise. Bon, la saison des pluies n'étant pas encore réellement commencée, les chutes étaient donc relativement vides mais la végétation dense et les roches déchiquetées donnent un aspect sauvage au site qui nous a bien plu. Et puis, la route pour les atteindre était splendide, elle tranche totalement avec la majorité désertique du reste du pays. Au milieu des montagnes, on assiste à une alternance entre le rouge de la terre, le vert des arbres (ça surprend d'en voir d'aussi grands), le jaune paille de l'herbe et la blancheur de la piste qui oscille entre toutes ces couleurs.

De nouveau, notre dodo fut une belle surprise. Le camping était situé juste au bord des chutes ; il nous suffisait de quelques pas pour aller faire trempette. Mieux, dans la nuit, les vannes du barrage situé en amont avaient été ouvertes et le niveau des bassins est monté de plus d'un mètre, l'eau rasant la berge où reposait notre tente. D'un peu plus, on avait droit au bain gratos !

On a surtout profité de cette petite virée aux Epupa pour se distraire dans les bassins qui surplombent les chutes. Connaissant Ander, vous vous doutez bien qu'il ne s'est pas fait prier pour se jeter à l'eau avec deux ados pour jouer à qui arrosera le plus l'autre. Restée sur la rive, Ophély ne s'est pas moins ennuyée, observant le spectacle, notamment un groupe de femmes qui faisaient leur toilette en se racontant les potins de la journée. Sans oublier, le moment où un hélicoptère a surgit à quelques dizaines de mètres à peine au-dessus de nos têtes pour atterrir à 10 pas de notre voiture. Ouahh, quel contraste des cultures !

 

Rafraichis par la baignade, on a continué notre parcours le long du Kunene jusqu'au Kunene River Lodge, nouvelle halte tout aussi sympathique que la précédente, toujours en bord de rivière avec de belles plates-formes herbeuses pour notre tente et une belle vue pour un bon barbecue entre copains (nous étions toujours en compagnie de Maxime et Eva).

Après quelques réticences de la part d'Ophély, l'expérience zambèzienne ayant laissé des traces, nous nous sommes laissés tenter par une journée de rafting. Parait-il que le Kunene est bien plus tranquille que le Zambèze ! Parait-il ! Car l'entrée en matière dans la rivière ne l'a pas vraiment prouvé. Les garçons ont entamé la mise à l'eau par un saut de rocher de 9 m, pendant que les filles se cachaient les yeux pour ne pas assister à un possible amerrissage loupé... Puis, du haut d'un autre rocher, à quelques dizaines de centimètres (voire 1 m ou 1,5 m) de la surface de l'eau, on s'installe dans le canoé deux places, plus ou moins suspendu dans le vide, et on « tombe » dans la rivière d'un coup, gentiment poussés par le guide. Baignade obligatoire d'entrée ! Heureusement, la descente s'est ensuite avérée très douce et les rapides namibiens sont bien plus reposants que ceux du Zimbabwe (nous sommes en fin de saison sèche et le niveau d'eau est relativement bas). La preuve, notre guide, bien costaud, nous a fait surfer la vague dans l'un d'entre eux pour notre plus grand plaisir. Bon, on a quand même réussi à rester coincés sur un rocher découvert en plein rapide. Impossible de se déloger sans l'aide de nos guides ! Et puis Eva a laissé un petit bout de sa dent sur place. Ça a rappelé des vieux souvenirs à Ander...

Bien fatigués, nous avons quand même trouvé la force de nous diriger vers l'est pour faire un stop à Otavi, dans un camping un peu particulier. Il abrite un baobab de plus de 1000 ans, dont la circonférence de 27 mètres est supérieure à sa hauteur (seulement 25 mètres) et dont l'intérieur creusé a eu de multiples fonctions à travers le temps : fort de défenses entre tribus, bureau de poste, prison et église !

 

Dernier stop avant Etosha National Park et tout son petit monde animalier, c'était avec un brin de nostalgie que nous avons quitté le Kakokoland. Heureusement, les animaux nous attendaient !

7 - 10 NOVEMBRE 2009 – J+90 - J+93 – AU ROYAUME DES ANIMAUX

 

Il était une fois Etosha. Situé dans le centre nord des terres namibiennes, ce royaume de 22 270 km² a survécu tant bien que mal à de nombreuses guerres de territoire depuis sa création en 1907, voyant sa superficie réduite de près de 77 % en quelques dizaines d'années. Mais malgré les difficultés, sa population, restée fidèle, peut aujourd'hui se targuer fièrement d'être l'une des plus riches et variée au monde. Certes, la vie n'y est pas toujours douce, la sécheresse entraînant parfois de monstrueux incendies, détruisant ainsi sur son passage la végétation si précieuse à la survie de chacun, mais l'eau y est régulièrement présente et suffit donc à préserver tout ce petit monde.

 

Alors que la population vaquait à ses occupations habituelles, un événement particulier vint modifier l'ordre établi. Deux individus non identifiés pénétrèrent dans le parc en ce jour de novembre 2009 : Dame Ophély et Sieur Ander à bord de leur véhicule 4x4. D'abord surpris, les habitants du royaume, très hospitaliers, ont souhaité que la visite de leurs hôtes reste dans leur mémoire. Et durant quatre jours, chacun y est allé de sa petite attention, des plus imposantes des confréries (éléphants, lions, girafes, autruches...) aux plus discrets (dik-dik du Damara, secrétaire, rhinocéros noir...), des plus rigolos (un phacochère s'amusant à creuser un trou dans de la boue pour se lover dedans et éclabousser tout son entourage) aux plus disgracieux (hyènes tachetées, bubales).

 

Divisé en trois comtés distincts, la population a proposé d'organiser leur séjour par zone géographique. La première journée fut dédiée à Namutoni, dans l'est du pays, comté des girafes. Par ballets d'une dizaine de comtesses, elles déambulaient devant leur véhicule, les saluant, les observant, leur souriant... Et à peine avaient-elles tourné les talons qu'une trentaine d'éléphants ne résistait à l'envie de saluer les nouveaux arrivants. La seconde journée se déroula à Halali, au centre du royaume, capitale des équidés. Par centaines, ces cavaliers zébrés de noir et blanc se déclinaient devant eux. Bien que motivés à leur exprimer le plaisir de les voir sur le territoire, ils jouaient parfois les timides, tournant souvent le dos aux deux invités perplexes. Dans ces cas-là, comme pour se faire pardonner, ils leur envoyaient leur garde rapprochée (springbok, impalas, bubales...) et leurs fidèles serviteurs (gnous) pour continuer de les distraire. Le troisième jour, partagé entre Halali et Okaukuejo dans le sud-ouest, fut consacré aux rois et reines du royaume : les lions. Pas moins de 25 têtes sacrées se sont tour à tour relayés pour leur assurer le spectacle. Tantôt deux lionnes avec leurs petits leur croisaient la route de très bon matin et un autre groupe de 11 individus alternait câlins, breuvage et défilé, au pied d'un arbre pour les occuper quelques heures supplémentaires, tandis qu'en fin d'après-midi, un groupe de lionnes s'étaient mis en tête de leur faire une démonstration de préliminaires de chasse : repérage, repos, repérage, repos...

 

Et si les journées furent déjà bien appréciables, les soirées furent quant à elles de la responsabilité des rhinocéros noirs. Peu nombreux en Afrique, ils ne souhaitaient pas manquer de leur exprimer leur gratitude par une présence régulière dès la tombée de la nuit. De la parade amoureuse à quelques altercations avec d'autres villageois (éléphants, girafes...), chacun voulait séduire Dame Ophély et Sieur Ander. Un individu isolé s'est même aventuré de bon matin pour les saluer de sa belle cuirasse grise.

 

Même dans les appartements privés de Dame Ophély et Sieur Ander, les « Etoshais » venaient leur rendre visite : un éléphant mâle pénétra dans leur camp de Namutoni les obligeant à s'enfermer plus vite que prévu dans leur chambre Quechua, tandis que dans leur résidence d'Okaukuejo, plusieurs chacals avaient farouchement envie de partager leur barbecue et que leurs amis les lions continuaient de leur rugissements sonores à leur souhaiter bonne nuit à 4 heures du matin.

 

Et puis le dernier jour et l'heure des au revoir arriva. Tout le monde fut en émoi. Le village d'Okakeujo sortit le grand jeu pour ces dernières heures d'émerveillement. Un spectacle digne d'un défilé du 14 juillet fut organisé. Gnous, oryx, zèbres, springbok, chacals, coudous, éléphants, girafes... chaque tribu était représentée ! Tour à tour, chacun prit son bain devant l'estrade dans une mise en scène spécifique : les zèbres avaient choisi de s'aligner pour souligner au mieux leur costume noir et blanc, les springbok, elles, préférèrent s'enfoncer jusqu'au garot pour démontrer leur courage et les éléphants s'aspergèrent d'eau et de boue pour faire scintiller leur cuirasse au soleil.

 

Après cette magnifique parade et surtout décidés à en profiter jusqu'au dernier moment, Dame Ophély et cousin Ander ont réalisé une tournée d'adieux. Chaque corporation a répondu présente et les derniers au revoir furent plein d'émotions. Même le rhinocéros noir a répondu à l'appel. En attente à deux mètres de la route vers la sortie, il les a surpris ; sa corpulence et son regard noir à si peu de distance ayant de quoi en effrayer plus d'un. Échange de photos, de promesses de revenir... Ils ont du se séparer le cœur serré, devant rejoindre la porte d'entrée sud du royaume avant le coucher du soleil et ainsi parcourir les derniers kilomètres à une vitesse non négligeable. Mais tel Cendrillon, ils ont passé le barrage à 19h07 tapante, heure officielle de fermeture d'Etosha.

 

Cette découverte du royaume d'Etosha fut merveilleuse, bien qu'il en restera un tout petit bémol car si la famille royale (lions, lionnes, lionceaux) s'est volontiers prêtée au jeu de l'accueil, les ducs et comtes (léopards et guépards) se sont montrés beaucoup plus timides, restant dans leur appartement, ne daignant pas pointer leur bout du nez.