10 AVRIL 2010 – J+245 – UN ACCUEIL « NADINE DE ROTCHILD »

 

Après une arrivée un peu frustrante en l'absence de hublot et donc avec une vue limitée sur le lagon (et ce malgré une arrivée au comptoir à 4h55 du mat'... on les aurait bouffés !), la chaleur et le traditionnel collier de fleur (en plastique... tout se perd !) nous a mis de bonne humeur ! Et l'accueil réservé par Gilbert, le père d'une des collègues d'Ander et Nadine, sa femme, a fini de nous convaincre, c'est sûr, nous allions apprécier la Nouvelle-Calédonie ! Hommage à nos hôtes qui allaient nous faire vivre le « caillou » sous ses meilleurs aspects, à la rencontre de sa remarquable nature mais aussi et surtout de la gentillesse des « caldoches ». Un grand merci à ce couple au grand cœur qui nous ont prêté, sans même nous connaître, leur voiture, nous ont hébergé, mitonné de bons plans et embarqué dans de superbes aventures toute la semaine. Ne vous impatientez pas, vous allez bientôt les découvrir dans les articles suivants.

 

Mais en attendant de retrouver Gilbert et Nadine le lundi, nous avons profité de notre week-end à Nouméa pour voir une autre amie, parisienne cette fois-ci, et son copain (Sylvia et Raphaël pour les intéressés). L'apéro ne s'annonçait pas sous les meilleures augures car lorsque nous avons débarqué au Géant du coin pour quelques ravitaillement, nous n'avons pu acheter une goutte de vin ! Interdiction de vente d'alcool à partir du samedi 16 heures et ce, jusqu'au dimanche 6 heures. En dehors de notre embarras à arriver les mains vides, cela nous a surtout peiné de constater les problèmes d'alcoolémie rencontrés sur l'île (et encore, ça s'est amélioré car avant c'était du vendredi au lundi). En effet, il semblerait que les kanaks « urbains » soient légèrement en marge de la société et laissent libre champ à leur penchant pour la bibine en fin de semaine. Mais cet « incident » n'a en rien entaché notre première soirée à refaire le monde, parler voyage... boulot (et oui, même à l'autre bout du monde, on reste sérieux !). Encore quelques heures passées à toute vitesse.

11 AVRIL 2010 – J+246 – LA BOUCLE EST BOUCLEE...

 

Une fois les retrouvailles effectuées, il était temps de commencer les visites ! Déjà qu'avec notre petite semaine, nous allions devoir faire des choix ! Mine de rien, le « caillou » a plutôt la taille d'un gros rocher avec ses 400 km de long et 50 de large (2 fois la Corse pour vous faire une idée)... alors bien sûr pas question d'en faire tout le tour mais juste un léger aperçu. Nous avons donc débuté notre incursion avec une boucle dans le Grand Sud : Nouméa, Yaté, Prony, Plum, Nouméa – une boucle de 210 kilomètres environ sur la journée. Gérable ! Enfin, presque... !

Direction le Parc Provincial de la Rivière Bleue pour commencer, LE parc à visiter dans cette région ! Et effectivement, il mérite son titre de « à ne pas manquer ». Non seulement la route pour s'y rendre est superbe avec un contraste comme nous les aimons entre le orange ferreux de la terre, le vert pétard de la végétation et le bleu franc du ciel... mais en plus, l'aménagement du parc permet de découvrir des espèces arboricoles géantes, telles que les « houps » et « kaoris » et de rafraîchissantes rivières animent l'ensemble offrant un cadre agréable pour un pique-nique.

On a poussé également jusqu'à la façade est de l'île pour une vision plus « kanak » de la destination. On s'est même aventurés dans une des tribus (un village kanak en quelques sortes...) du coin. Et si la partie de pétanque nous a rappelé un brin la jovialité marseillaise, l'accueil un peu « chelou » d'un jeune du village n'a pas mis Ander dans un climat des plus sereins et nous avons préféré ne pas déranger davantage. Malheureusement, il faut aborder rapidement la question de la réputation un peu sulfureuse des kanaks. Une grande timidité que l'on pourrait confondre avec de l'arrogance, une ardeur plus ou moins prononcée pour l'indépendance vis-à-vis de la Métropole, un rang social pas des plus élevés et une corpulence à faire pâlir Stalone font que la cohabitation n'est pas très simple sur l'île... On n'est pas des sociologues mais on a pu se rendre compte que socialement le caillou n'est pas un paradis...

Bref, nous avons alors pris la route de retour vers Nouméa que nous avons dû achever de nuit... les ténèbres tombant très vite sous ces latitudes. Rien de bien méchant si cela n'avait pas duré plus de 60 kilomètres sur une piste sinueuse et truffée de nids de poule. Aie, la jante ! Ouf, le pneu a résisté et un coup de marteau le lendemain l'aura remis en ordre en moins d'une seconde, ni vu, ni connu ! Bon, au moins, cela nous aura évité le spectacle désolée de la mine de nickel qui ravage le paysage dans la région. Épuisés, on ne s'est pas fait prier pour se mettre au lit, d'autant plus qu'une autre merveille nous attendait tôt, très tôt le lendemain : le lagon de Nouvelle-Calédonie !

 

 

12 AVRIL 2010 – J+247 – PATRIMOINE MONDIAL DE L'HUMANITE

 

En Nouvelle-Calédonie, le soleil se lève aux aurores (5h30 environ...). Alors, c'est tôt (trop tôt ?) que nous nous sommes rendus au centre de plongée pour aller découvrir LA perle de la destination, celle qui mérite que tous les amateurs de merveilles aquatiques traversent le Pacifique et supportent les nombres heures de vol : le lagon !

Protégé par une barrière de corail longue de 1 600 km, une faune et une flore exceptionnelles, riches et souvent endémiques, des eaux claires et peu profondes, le plus grand lagon du monde fait de la Nouvelle-Calédonie un des plus beaux sites de plongée de la planète. Et nous confirmons ! Nos deux (malheureusement trop peu...snif!) plongées furent très belles et si le palmarès d'Ophély reste limité en termes de comparaison, celui d'Ander lui a permis d'affirmer que ce furent de très très belles plongées de récifs. Tu m'étonnes ! Car si la première nous a déroulé le panel traditionnel des lieux (une diversité exceptionnelle de coraux, une multitude de petits et gros poissons colorés...), la seconde nous a offert un spectacle incroyable comme il est rare de vivre : le bal « dansant » d'une quinzaine de requins gris (la visibilité ne nous a pas permis d'en compter davantage mais on aurait parié fort qu'ils étaient bien plus nombreux !) en train de s'oxygéner dans une passe. Un scène à faire pâlir notre ami Dimitri (seulement certains comprendront – désolée pour les autres – mais je ne pouvais rater cette occasion de le taquiner) !

 

13 – 14 AVRIL 2010 – J+248 - J+249 – « KOH LANTA »

 

On a retrouvé Nadine et Gilbert dans l'après-midi qui a suivi la plongée et tous juste installés confortablement, ils nous réservaient une bien agréable surprise pour les deux jours à venir : une escapade en bateau et une nuit sur une île déserte. « Une île qui n'est pas proposée au tourisme, moins bien donc, mais forcément beaucoup mieux ! », dixit Ander ! Même à l'autre bout du monde, on essaye de coller à l'actualité française et on s'est dit qu'on pouvait jouer spécialement pour vous une adaptation de « Koh Lanta : le choc des héros » ! Et ne vous enflammez pas trop, nous savons pas qui est le vainqueur de cette année !

Les bagages préparés : maillots de bain, paréos, sacs de couchages, vivres et bateau... nous voilà partis tous les quatre sur les eaux turquoises du lagon calédonien. On a débuté par un petit pique-nique sur un banc de sable doré perdu au milieu de nulle part pour appréhender progressivement le dépaysement mais très vite Ander et Gilbert sont passés aux choses sérieuses avec une partie de chasse sous-marine... malheureusement infructueuse... enfin presque... Car ce n'est pas faute pourtant de s'y être adonnés corps et âme mais que voulez-vous une langouste de plus de 3 kilos, ça ne se lève pas comme ça. Ils ont bien réussi à la piquer au fusil mais la remonter (elle était bloquée dans un corail) fut plus délicat et le crépuscule a eu raison d'eux. Gilbert a fini par la sortir le lendemain matin mais malheureusement, les autres poissons s'en étaient déjà donné à cœur joie et sa chair avait déjà tourné. Nous avons donc du nous sustenter d'onctueuses soupes chinoises chauffées dans une boite de conserve sur le feu de camp. Bien, oui, on a triché un peu, on avait des munitions au cas où et un briquet ! On vous a dit que c'était un « remix » ! En tout cas, la nuit à la belle étoile devait être proche de l'original (à l'exception du matelas et des sacs de couchage) avec la voie lactée au-dessus de nos têtes, les cris enfantins des pétrels (oiseaux similaires à des mouettes dont le cri fait très fortement penser à des pleurs d'enfant) et le fond sonore des vagues s'échouant sur le sable à quelques mètres de nos couches. Une nuit idyllique !

Reposés de ce retour à la nature, nous avons canalisé notre énergie du deuxième jour sur deux séances de « snorkelling » extraordinaires dans les « secret spots » de Gilbert ! Au programme, une multitude de poissons multicolores (Ophély était en extase devant les innombrables « némos » dont certains noirs à rayures bleues et autre variétés qu'elle n'avait encore jamais vu), des labyrinthes de coraux comme pour mieux en découvrir la variété et finalement deux requins pointe blanche pour donner encore plus de piment à l'expédition ! Un moment splendide !

 

15 AVRIL 2010 – J+250 – AMBIANCE DE LA BROUSSE !

 

Après le versant aquatique, nous voulions retrouver le côté terrestre de Grande Terre et rien de mieux pour cela que le plateau de Dogny, sanctuaire naturel perdu sur la transversale La Foa – Canala. Mais n'ayant pas fait l'effort de nous lever tôt, (et ouais, pour une fois, on a traîné au moins jusqu'à 8h au lit), notre marche en forêt a été écourtée et nous n'avons pas eu le temps d'atteindre le premier point de vue sur la vallée (mais vu le brouillard qui montait sur les cimes, on se dit qu'on a pas du raté grand chose). Nous avons toutefois bien profité du décor forestier avec sa rivière, ses sentiers, ses arbres alambiqués et surtout sa « cuve » (un bassin naturel), histoire de se rafraîchir les idées (par 30° et 90% d'humidité, ça aide !) avant d'aller festoyer au restaurant incontournable de Nouvelle-Calédonie « chez Mamie ». Et oui, quand même, ce n'est pas tout de dépenser ses calories sur les chemins de traverse, il faut mettre du carburant dans la machine. Et là, croyez-nous, on a eu droit à un sacré carburant ! En entrée, nous avons eu droit à une salade de citrouilles, du pâté de foie de cerf (4 morceaux au cas où on en manquerait!) et un crabe de palétuvier (le tourteau est un petit joueur à côté). Pour le plat principal, nous avons du nous forcer pour déguster le succulent ragout de cerf à la patate douce. En revanche, le dessert (bananes flambées) est passé tout seul, même mieux, il nous a permis de digérer tous ces bons mets. Un régal encore plus appréciable qu'une pluie diluvienne s'est abattue sur les environs alors que nous étions tranquillement installés sous le porche. Il ne nous restait plus qu'à aller faire la sieste pour le reste de la journée.

 

16 AVRIL 2010 – J+251 – DE L'ANIMATION AVANT DEPART

 

Comme nous étions gentiment invités le soir même chez des amis de Gilbert et Nadine à Nouméa, nous avons attaqué la journée par un peu de cuisine pour réaliser un bon gâteau au chocolat dont Ophély a le secret. Puis, après quelques arrangements techniques supplémentaires et donc fin prêts à rejoindre la capitale, nous avons pris la route... mais pour quelques kilomètres seulement.

A la sortie de La Foa, la 206 a commencé à faire des ratés... une fois, deux fois... plus rien. Une saleté dans le carburant ? Puis, de nouveau... une fois, deux fois... plus rien. Rien de méchant quand même ? Rebelote... une fois, deux fois... plus rien. Mais cette fois-ci plus rien sous la pédale ! Plus de puissance et impossibilité totale d'accélérer. Et bien, forcément, Ander n'a pas eu d'autres choix que de se garer sur le bas côté. Le plus dur a été de viser la route sans pouvoir gérer la vitesse. Mais Ander est passé maître dans l'art de l'adaptation et du premier coup, nous nous sommes retrouvés nickel sur le bas côté. Coup de chance, une dépanneuse est sortie d'une petite route au même moment. Pile poil pour nous prêter son téléphone. Qu'est-ce que vous aviez imaginé ? On l'aurait bien pris cette dépanneuse, surtout qu'il n'est pas de bon ton de laisser sa voiture sur le bord d'une route calédonienne sous peine de n'en retrouver que la carcasse carbonisée quelques heures après mais on a préféré appeler l'heureux propriétaire, Gilbert qui nous a envoyé son beau-frère à la rescousse. Même pas le temps de taper le carton qu'il nous remorquait déjà jusqu'au garage puis déposait gentiment à l'arrêt de bus. Tout ceci dans un timing nickel puisque nous avions rendez-vous à 14h30 avec Gilbert et que nous sommes arrivés, malgré ce contretemps mécanique, à 14h ! Merci Mimine (le beauf) !

Et il ne sait pas à quel point nous le remercions de nous avoir permis d'être à l'heure ! Sans lui, nous aurions peut-être raté l'un des meilleurs moments de notre semaine : le survol de l'île dans un Tobago TB10, un coucou de 4 places pour être plus clair, et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de l'avion sur lequel Ander a appris à voler... Nostalgie quand tu nous tiens... Gilbert nous a donc piloté comme un chef au-dessus de Grande Terre et nous avons pu contempler d'en-haut les magnifiques spots qu'il nous avait fait découvrir en bateau, en-bas. Super, la multitude d'îlots disséminés sur la côte ; super, la barrière montagneuse de l'intérieur qui nous arrosait d'une bonne averse tandis que, sur la côte, le soleil faisait exploser le turquoise du lagon. Une heure de régal visuel qui a été divinement complété par un régal festif chez « Dany family » : barbecue, guitare et bodega les pieds dans l'eau jusqu'à pas d'heure... le fond des poches bien chargé... ! « Casse pas la tête » comme on dit ici !