6 MARS 2010 – J+210 – CLASS C DRUGS !

 

Ligne de changement d'heure

Précision avant de continuer le récit de nos aventures : nous avons passé entre le 4 et le 6 mars la ligne de changement d'heure. Ainsi, vous ne verrez jamais apparaître le 5 mars 2010 ni le J+209 dans nos articles. Et pour cause, cette journée n'a pas existé pour nous. Enfin presque puisqu'elle n'a duré que 8 heures et compte tenu que nous avons passé ces 8 heures à pioncer dans l'avion entre Santiago et Auckland, ça compte pour du beurre.

 

Une arrivée « hors-la-loi »

Quelques minutes avant notre atterrissage, les hôtesses nous ont remis un peu de paperasse à remplir avec attention. Parmi les documents, la déclaration des douanes a attiré notre attention. Après le coup de la pomme au Chili et le souvenir de notre passage douanier en Australie (très protecteur aussi), on se l'ai joué top réglo ! Et on a tout déclaré, jusqu'au moindre objet douteux : nos bouteilles d'eau (et oui, au Chili, ils nous emmerdent pas pour des bouteilles d'eau), nos pauvres paquets de gâteaux industriels, notre bouteille de brandy achetée rapidement au Duty Free avant de grimper dans l'avion... Même les briques de lait chocolatée et les feuilles de coca de Bolivie ont été stipulées.

Nous avons ainsi effectué un premier passage pour vérification de ce qui doit être vérifié. Et le gentil bonhomme a estimé que les briques et les feuilles demandaient plus d'attention. Qu'à cela ne tienne, au pire, ils auront qu'à les garder... Notre deuxième passage a sauvé les briques (il faut dire que la liste des constituants était exclusivement en espagnol et que le douanier avait l'air de n'y rien comprendre) mais pour les feuilles de coca, cela a demandé un « check » supplémentaire. Et c'est là, au troisième round que ça s'est compliqué. On a très vite compris pourquoi le mec ,qui était, à côté de nous en train d'être vérifié également, était mort de rire en voyant notre sachet. Il savait que nous allions passer à une autre étape des vérifications douanières.

Et effectivement, deux nouveaux protagonistes nous ont gentiment demandé de nous asseoir, quelques mètres plus loin. L'un d'eux (un jeune en instruction sous la surveillance du second) a engagé la conversation avec un put... d'accent ! On n'a pas tout compris tout de suite mais quand on a entendu le mot « lawer », on lui a demandé de répéter. « Lawer » signifiant avocat, on souhaitait être sûrs d'avoir bien compris. Dans le doute, on lui a demandé s'il parlait de tribunal mais il nous a expliqué tranquillement qu'il nous lisait nos droits car nous étions en possession de « Class C drugs ». Encore un thème barbare de plus mais là, on rigolait plus et on a demandé expressément des explications. En fait, en Nouvelle-Zélande, les feuilles de coca sont répertoriées comme des drogues de catégorie C (« Class C drugs ») au même titre que le cannabis. S'ils savaient que ce n'était pas avec notre pauvre poignée de feuille qu'on allait fabriquer ne serait-ce qu'une ligne de coke ! Mais, on s'est pas non plus aventurés à leur expliquer ! Passer d'un pays où les feuilles sont en vente libre pour faire du maté (sorte d'infusion servant notamment contre le mal de l'altitude) à un pays où en posséder est considéré comme un délit... ça calme !

On a ainsi eu droit en suivant à une fouille intégrale des sacs et une série de questions sur les raisons de notre possession de feuilles de coca et l'utilisation que l'on en faisait. Nos explications de tour du monde (et donc de passage en Bolivie) et de sommet à 6000 mètres (d'où le besoin de lutter contre le mal de l'altitude) ainsi que notre bonne foi (après tout, on les avait déclaré ces feuilles), ils ont compris qu'on n'avait pas décidé de devenir dealer sur leur territoire.

Mais bon, chez les anglo-saxons, la procédure reste la procédure alors on a eu droit à la lecture civique (pareil que dans les séries policières à la TV... mais en vrai), la fouille en bonne et due forme de nos sacs (ouf, on a échappé à la fouille corporelle !) et un avertissement notifié sur le casier d'Ander en Nouvelle-Zélande (alors qu'elles se trouvaient dans le sac d'Ophély... vraiment il fait pas bon à être un beau brun à la peau mate dans le monde actuel) . La prochaine fois, c'est le tribunal direct !

Finalement, les feuilles sont partie à la destruction, enfin, en théorie car on les soupçonne de les avoir conservées pour les montrer aux nouveaux arrivants dans le service. Il faut dire que nos douaniers n'en avaient jamais vu de leur vie. Vous auriez du voir leur tête quand on leur a expliqué que la petite pâte à l'intérieur du sachet était de la quinoa pour mieux faire dégorger les feuilles ! Notre séjour commençait bien !

 

 

6 – 9 MARS 2010 – J+210 - J+213 – UN PEU DE REPOS TOUT DE MÊME !

 

Quand on débarque à Auckland, on sent très vite le potentiel de « conneries » que cette ville dynamique, à l'image de la Nouvelle-Zélande offre. Le choix d'activités sensationnelles est pléthorique et il est difficile de choisir entre les émotions proposées :

- s'exploser les cordes vocales dans un « Buggy jump » (saut à l'élastique) depuis le Auckland Harbour Bridge,

- s'offrir une crise cardiaque au « Skyjump » (saut en harnais depuis la Sky Tower) avec un lâcher depuis plus de 190 mètres et une chute libre de 11 seconde,

- se tasser les vertèbres dans une course de voile dans la baie, à bord d'un bateau America's Cup,

- se tordre une cheville dans un tunnel de lave lors d'une randonnée sur le plus récent volcan de la ville, Rangitoto,

Et on en passe ! Finalement, on a préféré se la jouer petits bras, recharger les batteries et préserver notre santé de mamie et papi pour le reste du séjour. Du coup, on a tranquillement retenu :

- un petit sirotage de bière au soleil couchant confortablement installés dans un fauteuil du Sky Lounge (Bar de la Sky Tower situé à 192 mètres de haut) avec vue panoramique sur la ville tentaculaire,

- un paisible tour de la baie en croisière pour contempler, pénards au soleil, les reflets dans l'eau des nombreux volcans alentours et les parties de pêches auxquelles les citadins se donnaient à cœur joie,

- une ballade-découverte des quartiers historiques de K's Road et Parnell. Point de vue historique, c'est un peu limite compte tenu de l'extrême jeunesse de ce pays (fondé au milieu du XIXème siècle) mais ça nous a permis de prendre le pouls de cette agréable cité.

Bon, on ne pouvait pas résister et on a quand même pris un risque durant notre séjour :

- se faire péter la peau du ventre dans l'un des nombreux « food court » (endroit où se réunissent tout plein de petits restos) asiatiques qui jalonnent le centre-ville. Japonais, chinois, malaisien, coréen... un choix à ne plus savoir où donner de la tête ! Il fait dire que le centre d'Auckland ressemble à une extension japano-coréenne. Arrivés en force lors de la crise financière asiatique de la fin des années 90, ils ont littéralement investi le cœur de la mégalopole... Plus dense que le XIIIème parisien, c'est pour dire !

 

 

9 – 10 MARS 2010 – J+213 - J+214 – « BAY OF ISLAND »

 

Des toilettes pas comme les autres

Après la prise en main de notre maison pour les 26 jours à venir, nous avons fait cap vers le nord de l'île du Nord. Notre première halte technique fut par la même occasion « exotique » puisque nous avons visité les « Hundertwasser 's Kawakawa toilets », autrement dit les toilettes les plus célèbres et les plus photographiées du pays, œuvre d'un architecte autrichien ayant résidé plus de 20 ans dans les environs et est décédé ici en 2000. Les céramiques colorées et le verre des bouteilles utilisées donnent des jeux de transparence et de lumière incongrus dans un lieu souvent si banal et fade. De quoi ravir les plus belles envies !

Waitangi, le berceau de la nation

Nous avons débuté notre auto-tour par le lieu de fondation de la Nouvelle-Zélande : Waitangi, le lieu de signature du traité, entre les Maoris et les Anglais, établissant la création de la Nouvelle-Zélande. Soi-disant que les Anglais venaient protéger les Maoris de la menace française. Il est vrai que les Français avaient à l'époque clairement annoncé leur volonté d'étendre leur influence dans la zone Pacifique et notamment sur les terres Aoteaora. Mais protection anglaise, tu parles ! C'était surtout pour se protéger eux-mêmes. Ils n'entendaient pas laisser s'étendre notre hégémonie dans la région. Ce fut donc le bon prétexte pour entrer en négociation avec les tribus locales. Et il faut reconnaître qu'ils ont été bons. Enfin, surtout un homme, Busby, pariât anglais exilé en Nouvelle-Zélande de force de nombreuses années auparavant et devenu « diplomate » pour l'occasion, illustrant parfaitement son surnom déjà établi depuis un certain temps pour les Maoris : « l'homme de guerre sans armes ». Il a su comprendre et faire accepter aux Anglais les pré-requis sans lesquels les chefs des tribus ne signeraient pas (garanties du respect de leurs terres, de leurs forêts et de leurs zones de pêches) et a eu l'intelligence de faire traduire le tout en langue locale pour souligner leur bonne volonté. C'est ainsi que le 6 février 1840 a vu naître la Nouvelle-Zélande.

Bon, certains chefs de tribus ayant manifesté leur répugnance au moment de la signature du traité (ils étaient pas dupes) et ont d'ailleurs fait éclater une petite guerre quelques années plus tard. Cela était fortement prévisible puisque le but réel recherché n'était pas vraiment la protection des autochtones tant mise en avant mais les Anglais ont encore su faire preuve de tact puisque cela est rapidement rentré dans l'ordre.

Nous n'avons pas pour le moment suffisamment d'éléments pour bien comprendre comment cela se passe de nos jours mais il semble que ce traité ait permis de faire perdurer une culture Maori forte, fierté aujourd'hui affichée partout à travers le pays. Le meilleur exemple en est certainement le rugby et ses célèbres « haka » !

 

« Bay of islands »

 

Après une matinée culturelle, il ne nous restait plus qu'à entrer dans le vif du sujet de la « Bay of Island » : une croisière au milieu des quelques 144 îles. Installés sur l'avant du bateau, les pieds en balancier et les cheveux au vent, nous avons fait cap vers le premier « highlight » du tour : les dauphins ! On a beau connaître l'aisance qu'ont dans l'eau ces magnifiques mammifères, c'est toujours avec autant d'enthousiasme qu'on les a observés s'amuser avec la coque de notre bateau. Faut dire qu'ils étaient bien costauds ; certains d'entre eux dépassaient largement les 200 kilos et, en plus, une maman nous a présenté son petit. Attendrissant, forcément ! Sans oublier deux bébés requins marteaux venus s'aventurer dans les parages. De quoi vouloir se jeter à l'eau !

On a poursuivi par LE passage de toutes les croisières dans la baie pour faire frisonner les mamies et papis touristes : le « Hole of the block » (le trou dans le rocher). Comme son nom l'indique, il s'agit d'un gros rocher avec un trou et le but est de passer dans ce tunnel naturel relativement étroit avec le bateau. Bien sûr, la mer est quelque peu déchaînée et l'entrée mouvementée demande un minimum de dextérité de la part du capitaine... sinon, c'est pas drôle ! D'ailleurs, le spectacle fut tout autant dehors, avec notamment des reflets argentés à la surface de l'eau dus aux frétillements de bancs de poissons, que dedans, avec les sifflements des touristes, les bras en l'air, redemandant un tour !

Pour nous remettre de ces fortes émotions, nous avons eu droit à une petite escale paradisiaque sur une des îles. Sans la présence du quai, on se serait cru sur une plage thaïlandaise : une eau turquoise et paisible, du sable blond, des dômes volcaniques en ligne de mire et une végétation luxuriante. De quoi, coincer la bulle quelques minutes avant de repartir vers le petit village de Russell.

Débarqués dans ce petit havre de paix (moins en haute saison paraît-il mais on a du mal à le croire) après 17 heures, heure fatidique chez les Kiwis après laquelle vous ne les trouvez que dans les bars, restaurants et casinos, nous avons dû nous rabattre sur le « Swordish Club » (le club de pêche au gros du coin...) pour déguster une bonne bière. L'ambiance conviviale nous a rapidement fait passer au vin blanc et beignets de moules et heureusement que le ferry pour rejoindre notre dodo ambulant arrivait, sinon, on aurait fini dans de beaux draps !

 

 

11 MARS 2010 – J+215 – AU PAYS DES ESPRITS MAORIS

 

Nous avons commencé cette journée, torturés par notre bonne conscience. Nous souhaitions aller au Cape Reinga, le point le plus au nord de Nouvelle-Zélande (enfin, le point géographique exact se situe à 3 kilomètres à l'est mais on ne peut y accéder qu'à pied) et pour cela, nous pouvions emprunter la « Ninety Mile Beach » (qui ne fait en réalité que 64 miles de long). Mais, voilà, rouler sur cette étendue de sable à perte de vue est formellement interdit dans notre contrat de location, sous peine de ne plus être assurés. Alors, comme on cumule les « pas de chance » en ce moment, on n'a préféré pas tenter le diable... même si l'idée nous a turlupinés un moment ! Du coup, Ander s'est contenté d'une petite session « sandbodyboarding » sur les dunes où 4 descentes (enfin, 4 montées plutôt) suffi à lui couper les pattes... Il n'y avait pas le quad magique de Wayne pour le remonter cette fois-ci !

Puis, nous avons pris la route intérieure aux mille virages pour atteindre le phare du bout de Nouvelle-Zélande ! Situé sur une falaise a-pic, il surplombe le point de rencontre des eaux de la mer de Tasmanie et de l'Océan Pacifique (pouvant occasionner des vagues de plus de 10 mètres de haut par mauvais temps). Il supplante également le rocher qui permettait aux âmes maoris de descendre dans les profondeurs marines pour atteindre l'île de Hawaiki, lieu originel de cette civilisation et symbole de leur au-delà. Nous étions donc aux portes du paradis en quelque sorte !

On ne croyait pas si bien dire car, quelques heures plus tard, nous partagions les joies d'une excellente douche chaude et de bonnes côtelettes d'agneaux braisées !

 

 

12 MARS 2010 – J+216 – PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS... DE KAURIS !

 

Au lendemain de notre escapade maritime, nous nous sommes réveillés l'appel de la forêt au ventre ! Cela tombait bien puisque nous avions prévu d'aller nous frayer un chemin dans celle de « Waipoua », la forêt de « kauris ». Le « kauri » est l'arbre géant sacré des maoris dans lequel ils fabriquaient leurs canoës démesurés. Certains individus pouvant atteindre plus de 60 mètres de haut, 5 mètres de diamètre ou 16 mètres de circonférence, ils avaient largement la matière ! D'ailleurs, pour la petite histoire, le « kauri » ne leur fournissait pas que le bois mais aussi une fine résine qu'ils faisaient brûler pour en faire un pigment utilisé pour les tatous ou qu'ils mastiquaient directement. Qui a dit que les Américains avaient invité le chewing-gum !

En plus d'être instructives, notre promenade s'est également révélée des plus courtoises puisque nous avons eu l'honneur d'être présentés à toute la famille : le père de la forêt, « Te Matua Ngahere », vieux de 2000 ans, le fils et les quatre sœurs. A côté des hommes de leur famille, elles paraissaient toutes fine-guettes mais bien plus sexy. Même « Tane Mahuta », le dieu de la forêt, fruit de l'union de la Terre-Mère et du Ciel-Père, s'est prêté au jeu de la photo.

Lors de nos déambulations, nous avons aussi pris la mesure de ce qu'est une fougère arboricole en Nouvelle-Zélande. Ici, Elles portent vraiment bien le nom de « arboricole » et on pourrait même les dénommer « arbres fougeroles » que cela ne choquerait personne.

 

 

13 – 14 MARS 2010 – J+217 - J+218 – EAUX CHAUDES OU EAUX FROIDES ?

Après le petit bout de terre de l'extrême nord, nous avons mis le cap vers l'est pour la péninsule de Coromandel, réputée pour ses belles plages. Mais avant de tester la beauté de ses étendues de sable, nous avons souhaité vérifier la fraicheur de ses autres merveilles de l'Océan en dégustant une petite douzaine d'huîtres. Bon soyons directs : elles n'arrivent pas à la cheville ni de nos « Utah Beach » ni des huitres sauvages qu'on ramasse sur les plages bretonnes lors des grandes marées (nos amis bretons comprendront !) ; et puis, il faut dire qu'on les achète ouvertes (donc en général mortes) dans des boites en plastiques transparentes prêtes à la dégustation... Alors autant dire que ça n'aide pas à nous donner la délicate impression de fraîcheur que nous aimons tant chez ces bêtes-là ! Enfin, ne soyons pas trop difficiles, elles étaient suffisamment bonnes pour en faire une bonne entrée arrosée d'un petit verre de vin blanc local (que c'est bon de profiter des bonnes choses que le pays a à offrir !). Le ventre rempli, nous nous sommes préparés à un sommeil réparateur et surtout à un réveil en douceur sur la plage de Hahei... une très belle plage aux airs de baie d'Halong. Entendre le clapotis des vagues au réveil et apercevoir les eaux turquoises à travers le pare-brise... ça donne du baume au cœur et surtout l'envie de poursuivre cette agréable journée à la plage.

Alors on s'est exécutés : en route pour une petite balade dans la végétation pour atteindre l'incontournable « Cathedrale Cove » et sa plage de sable blanc. On ne vous fera pas un long discours car comme disent certains mieux vaut une bonne photo pour décrire les lieux ! Au programme : marche le long du rivage, bronzette, photos, baignade... enfin seulement pour Ander car Ophély a trouvé que la température de l'eau était trop à même de raffermir ses pores... !

Du coup, à défaut de faire trempette dans l'océan Pacifique, Ophély s'est laissée tenter par les eaux chaudes de la non moins fameuse et inéluctable « Hot water beach ». Quelques kilomètres plus bas sur la côte, une plage bénéficie d'une activité géothermique souterraine lui permettant d'offrir à ses visiteurs, les joies d'un bain chaud... voir brûlant ! Attention, ça se mérite ! Il faut venir armé d'une pelle pour creuser son trou sur le sable laissé nu par la marée descendante (2 heures avant et 2 heures après environ, passé ce délai l'Océan remplit de ses eaux fraiches les cuvettes creusées) et surtout trouver un espace disponible pour effectuer la manœuvre. Forcément, un spa gratuit à ciel ouvert avec vue sur les eaux turquoises du Pacifique, ça fait des émules ! Malgré un dimanche après-midi surchargé autant par les touristes que par les locaux, nous avons joué des coudes et obtenu un superbe bassin en première ligne et à une distance raisonnable de la source pour n'avoir ni trop chaud, ni trop froid. Instant de délectation ! Malheureusement, il nous a fallu nous résoudre à quitter notre bain naturel au bout d'1h environ ; la marée montante ayant détruit nos remparts. A contre-cœur...

Heureusement, nous n'étions pas à la fin de nos activités journalières puisque les anciennes mines d'or de la région allaient nous divulguer tous leurs secrets. Par une route encaissée au fond d'une superbe gorge, nous avons parcouru les vestiges du temps des chercheurs d'or. Le long de parois abruptes surplombant l'ondulante rivière Ohinemuri, nous avons suivi les anciennes rails du tramway (tiré par des chevaux), nous baladant de cavités en cavités, de maison de pompage en station de nettoyage du minerai... La traversée d'un tunnel de plus de 180 mètres, à flanc de montagne, avec une vue entrecoupée sur les contrebas, nous a permis de bien nous rendre compte de l'exploit technologique qu'étaient ces mines dans ces paysages enclavés.

15 MARS 2010 – J+219 – AU PAYS DES KIWIS

 

Rien de tel pour bien démarrer une journée qu'un petit exercice matinal et une bonne perspective de repas en suivant. Pour se dégourdir les jambes, nous nous sommes attelés à la montée du mont Maunganui qui nous a valu une vue panoramique de la « Bay of plenty » (baie de l'abondance). Et pour la récompense gustative, un tour à la poissonnerie du coin nous a permis de débusquer deux bons bouts de poisson pour le prix d'un. En effet, devant notre hésitation entre le « kingfish » et le « moonfish » (n'ayant pas de frigo dans le van, nous devions choisir), la gentille poissonnière nous a offert un belle portion pour deux du second avec de la glace pour soulager notre dilemme. Trop sympa ! On est donc reparti avec plus de 20 dollars de poisson pour la modique somme de 11,30 dollars (les citrons en plus) et nous nous sommes faits deux beaux festins les deux soirs suivants ! Qui a dit qu'on négligeait son alimentation en tour du monde ?

Et comme il nous manquait le dessert, on n'a pas résisté à l'attraction la plus ringarde du coin : la « Kiwi 360° Experience » (le fruit, vous l'avez compris). On n'allait pas laisser passer l'occasion de tout savoir sur l'une des emblèmes de Nouvelle-Zélande (même si le surnom de « kiwi » donné aux néo-zélandais leur vient de la marque de cirage « KIWI » qu'ils utilisaient durant la seconde guerre mondiale pour les différencier des Australiens), surtout qu'ils proposaient cette visite à bord de la superbe « kiwi-car » ! A bord de notre super bolide (environ 4 km/h de moyenne... et on est gentils !), nous voilà embarqués dans les champs de kiwi pour apprendre qu'ils cultivent trois espèces (initialement importées de Chine) : le kiwi vert que l'on a chez nous (finalement, celui qu'on a le moins apprécié), le kiwi jaune (plus sucré, plus allongé avec une sorte de verrue à une extrémité) et le kiwi raisin (gros comme un grain de raisin). On a aussi découvert que pour faire pousser ce fruit « exotique », il faut en plus de beaucoup d'ensoleillement, une forte pluviométrie, environ 600 heures de froid (en-dessous de 6°C) et une série de bonnes gelées hivernales (en-dessous de 0°C). Moins exotique finalement ! On a retenu aussi que ces grands producteurs exportent tellement leurs kiwis qu'ils sont obligés d'en importer d'Italie pour leur marché intérieur. Les deux moments forts resteront l'ancienne « machine à calibrer » : tous les kiwis sont expédiés à la même intensité comme dans un distributeur de balles et retombent en fonction de leur niveau de projection dans des caisses différentes – ainsi que la dégustation : fruits, jus de fruits, confiture, vin, liqueur... tout y est passé, en trois exemplaires bien sûr ! Verdict : fallait essayer !

16 MARS 2010 – J+220 – « TE PO EVENING EXPERIENCE »

 

Notre arrivée à Rotorua fut ubuesque ! Débarqués dans l'un des points touristiques de l'île du nord, on s'est dit qu'un passage à l'office du tourisme nous permettrait d'obtenir des conseils sur ce qu'il y avait à faire dans les parages. Et pour conseils, nous avons reçu pléthore de brochures. Ah, elle était fortiche la nana ; sans même regarder, elle nous sortait les « flyers » de dessous son bureau ! Avec tout ça, on a du passer au moins deux heures à la bibliothèque à les déchiffrer ! Bon, au final, il ne restait pas grand chose car il faut dire que d'un petit rien, il en font toute une affaire touristique et puis tout se paye... à prix d'or !

Ander s'est laissé tenté par une nouvelle expérience aquatique et est parti se faire secouer dans les eaux vives des environs grâce à une petite séance d'« hydrospeed ». L'hydrospeed ? C'est une sorte de luge où l'on met la tête la première et où l'on fonce dans les rapides. Sensationnel en principe, Ander a tout juste eu le temps de se chauffer que l'activité tirait déjà à sa fin. Il aurait carrément pataugé plus longtemps !

Mais déjà, notre activité de fin de journée se profilait : « Te Po evening experience ». Rien que le nom, ça envoie ! En fait, il s'agissait d'une soirée à la rencontre de la culture maori. Le truc à touristes sans aucun doute mais un passage obligé à Rotorua, capitale de la terre maori.

La première partie consistait en une visite guidée instructive pour aborder les piliers de cette culture : leur langue, leurs fameux « waka » (canoës), leurs modes de tissages, leur vision du temps... Autrefois, ils fonctionnaient non pas par calendrier mais par génération et chaque âge était décrit suivant des caractéristiques physiques. Par exemple, les personnes âgées étaient nommées « ceux qui ont des poils au nez et aux oreilles ». Le guide nous a également sensibilisés à la transmission de leur patrimoine culturel avec les conteurs et les « carving » (sculptures). Leurs histoires narrant la création du monde étaient transmises par voie orale et les sculptures leur servaient en quelques sortes d'aide-mémoire. « Te Ara Ahi » (le chemin de feu) retrace ainsi, à travers l'épopée périlleuse de Ngatoroirangi, un expert spirituel vénéré, la création des volcans et du système géothermiques. Pris au piège par la neige, il envoya des messages « télépathiques » à ses sœurs pour qu'elles lui viennent en aide et le réchauffent. Ainsi, sous la forme de trois flammes, elle partirent à sa recherche, sortant sous forme de volcans dans tous les endroits où elles pensaient le trouver.

Ce tour du propriétaire nous a par ailleurs permis de faire connaissance avec le kiwi (l'oiseau cette fois-ci). Espèce nocturne difficile à observer dans son milieu naturel (seulement 50000 spécimens en Nouvelle-Zélande), on dirait une poule sans ailes, avec un long bec et un plumage la faisant ressembler à une grosse marmotte. Un drôle d'oiseau !

La visite guidée terminée, nous avons poursuivi avec une approche plus démonstrative : les danses et les chants. Bien sûr, nous avons eu droit à l'incontournable « haka » (danse guerrière) que tous les fans de rugby connaissent mais avec des athlètes bien plus dévêtus et armés d'autres outils qu'un ballon ovale. En revanche, avec les mêmes tatouages, les mêmes yeux globuleux et la langue tout aussi tirée ! Le pendant féminin, quant à lui, est bien plus doux : la danse des « poi » (ficelles avec boule blanche d'un côté et pompon de l'autre) correspond à nos majorettes. Complété par la démonstration stupéfiante de leurs chants (de magnifiques voix caverneuses agrémentée d'autres limpidement aiguës), les rythmes du son de leurs flutes et le jeu des bâtons... nous avons eu droit à la gamme complète de leur activité artistiques pour notre grand plaisir.

Il ne nous restait plus qu'à aller savourer le « hangi », plat typique maori cuisinée à l'étouffée sous terre et contempler le jet continu du geyser « Pohutu » pour achever notre soirée en grande pompe.

17 MARS 2010 – J+221 – WAI-O-TAPU

Réputée pour ses activités géothermiques, nous ne pouvions nous contenter de quitter Rotorua qu'en ayant vu le seul geyser « Pohutu » la veille au soir. Nous avons alors élu le site de Wai-O-Tapu, plus grande zone de la région et surtout la plus variée : cratères, piscines d'eau et de boues chaudes et froides, fumerolles... Nous étions assurés de tout y trouver ! Et puis, les prospectus sont clairs, il ne faut pas manquer le « Lady Knox Geyser » qui crache violemment tous les jours à 10h15. 10H15 précise ! Tant de régularité... hallucinant ! Rien du tout ! En fait, il la font cracher cette pauvre lady en lui injectant quelques grammes de savon dans la bouche. Tu parles d'un geyser à ne manquer sous aucun prétexte ! Enfin, observer la mousse dégouliner progressivement sur les flancs du geyser puis voir l'eau éclabousser la horde de touristes affublés sur les bancs valait la ponctualité.

Pour le reste du complexe, nous n'avons pas été déçus, tout y était : des cratères de plus de 20 mètres de diamètre et de 12 mètres de profondeur pour certains, une série de piscines de boue dont la couleur due aux petits morceaux de graphite et de pétrole leur vaut le nom d'« encriers du diable », les terrasses de silice les plus larges du pays, la « piscine de Champagne » dont la couleur centrale turquoise contraste avec le orangé pétant sur ses bords et l'étonnant « bain du diable » dont l'arsenic qu'il contient lui donne une teinte verte vive incroyable.

Nous avons fini notre journée avec un tour en bateau à vapeur sur le lac Taupo, le plus grand lac de Nouvelle-Zélande (il faut signaler qu'il s'agit d'un ancien cratère de volcan dont l'éruption a été si puissante et avec un tel envoi de cendres volcaniques dans l'atmosphère terrestre que les romains, à l'époque, ont noté des couchers de soleils anormalement sanguinolents pendant plusieurs semaines tandis que les chinois ont signalé une baisse non négligeable de luminosité ambiante pendant ces mêmes semaines... !), voir une gravure maori contemporaine uniquement accessibles par voie d'eau. Haute de plusieurs mètres et creusée à même la falaise, elle est d'une symétrie impeccable. De retour au port, 17 mars oblige, nous avons fêté la Saint-Patrick avec une bonne bière au bar irlandais du coin mais il nous manquait quelques compatriotes pour arroser toute la nuit et c'est relativement sagement que nous sommes allés nous coucher.

 

18 MARS 2010 – J+222 – TONGARIRO ALPINE CROSSING

 

Avant de nous laisser corrompre par les festivités irlandaises, nous avions prévu de réaliser la marche à la journée la plus belle de Nouvelle-Zélande : le « Tongariro Alpine Croissing » mais le souffle trop violent du vent risquant d'annuler la sortie du lendemain à plus de 70%, nous avions finalement opté pour Saint-Patrick. Quelle ne fut pas notre désolation à notre réveil de constater qu'il faisait un temps de curé ! Qu'à cela ne tienne, ce n'est pas quelques grammes de houblons qui allaient nous engourdir les jambes et ni une, ni deux, nous étions sur le parking de départ, prêts à en découdre. Bon, du coup, partant sur le tard (11h15), nous avions le challenge d'accélérer le pas pour prendre la dernière navette de 17h30. 4h52 top chrono ! pour une balade que l'on peut faire en 5h30-6h si l'on est en forme (et généralement donnée pour un peu de plus de 7 heures avec les pauses) Carrément qu'on est en forme ! Bon, en revanche, la navette nous a laissé au pied de la route principale, à 7 kilomètres du parking, puisque qu'avec notre arrivée tardive, nous n'avions pu « souscrire » à une navette le matin même et on se serait bien passé de ces kilomètres supplémentaires. Heureusement, trois américaines ont eu pitié de nous et nous ont pris en stop à la moitié de la montée pour nous mener jusqu'à notre van !

Mais ça valait amplement le coup de se décarcasser pour cette sacrée balade ! Ce n'est pas pour rien que ces panoramas ont servi de décors au « Seigneur des anneaux » (« Plains of Gorgoroth » pour les initiés). On louvoie au pied de trois volcans dont l'un est un cône parfait multicolore et l'autre sert de station de ski en hiver. Au milieu des coulées de lave, on s'offre de splendides vues sur les vallées environnantes. On longe des cratères dont le « red crater » qui porte fabuleusement bien son nom avec un crevasse pourpre gigantesque. Et pour parachever le tout, après la deuxième montée, on surplombe un trio de lagunes turquoises. Des paysages sauvages comme on les aime !

19 MARS 2010 – J+223 – UNE JOURNEE AU MUSEE

 

Notre passage éclair à Wellington, la capitale du pays, pourrait presque se résumer à la visite du musée « Te Papa », LE musée de Nouvelle-Zélande. Sur 6 niveaux, il présente les multiples facettes de l'histoire du pays et notamment, son biculturalisme entre le peuple indigène maori et le peuple « adoptif » du traité de Waitangi. Nous pensions y passer 2-3 heures tranquillement avant de faire un tour de la ville mais on y est finalement restés quasiment 5 heures. Et encore, on a raccourci notre pause café : 10 minutes avec la commande ! Il faut dire qu'il y a tellement de choses à y voir et à y faire que l'on pourrait y passer plusieurs jours sans s'ennuyer. Rien qu'au premier niveau, entre la présentation des six écosystèmes de Nouvelle-Zélande (montagne, forêt, eaux douces, littoral, haute mer et profondeurs sous-marines) qui a la particularité d'exposer « une » calmar géant, et la salle concernant les forces de la Nature (plaques tectoniques, tremblement de terre, volcans, événements météorologiques...) dans laquelle nous avons expérimenté les secousses d'un tremblement de terre (une petite pensée pour nos amis chiliens), 2 heures et demi s'étaient déjà écoulées. Ajoutez à cela, quelques explications sur les trésors culturels maoris, un tour à la « marae » pour faire notre portrait chinois... maori et surtout la « Brocante », une présentation interactive rythmée par les meuglements d'une vache empaillée située dans la salle de cinéma blindée d'objets incongrus (un mini canon, une tondeuse...) pour retracer en images les moments amusants et poignants des 100 dernières années de l'histoire du pays... vous obtenez aisément les heures supplémentaires passées.

Après cette longue escale culturelle, il ne nous restait que quelques instants pour visualiser les quelques bâtiments officiels de la capitale (dont un en forme de volcans) et déambuler sur le port. D'ailleurs, nous avons eu la surprise d'assister à l'accueil officiel de Paul Watson, le capitaine du « Sea Sheperd » et son équipage. Écologiste fermement engagé, ce « Robin des mers » est réputé pour ses méthodes fortes avec à son actif une dizaine d'éperonnages de bateaux non-respectueux de l'environnement (pêche au requin notamment). Pour les initiés, c'est lui qui amène Rob Steward au Costa-Rica dans le film « Sharkwater ». Un film hautement recommandable pour vous réconcilier avec la malheureuse victime de Steven Spielberg !

Un petit tour au spa de la piscine municipale pour se décontracter les muscles (pour la modique somme de 4,20 NZ$ soit environ 2 €) et voilà une journée bien remplie comme on en connait tant en Nouvelle-Zélande !

20 MARS 2010 – J+224 – BOIRE UN P'TIT COUP C'EST AGREABLE... LA LA LA

15 jours pile-poil après notre débarquement en Nouvelle-Zélande, un beau ferry nous attendait dans le port de Wellington pour nous permettre de traverser de l'île du Nord à celle du Sud : trois heures de navigation prometteuses pour la seconde partie du programme. Après les côtes relativement lisses de la capitale, les « Marlborough Sounds », ensemble de montagnes érodées dont les pentes s'achèvent dans le Pacifique et forment un enchevêtrement de routes aquatiques, nous ont offert de magnifiques panoramas. Le vert des flancs de ces « sounds » (sorte de fjords plus élargis et moins encaissés) contrastaient avec le bleu limpide du ciel et un soleil impeccable nous souhaitait la bienvenue. Bon, on se serait bien passé de l'accueil décoiffant de son collègue, le vent ! Après une île du Nord « déjà vue » avec un arrière-pays pyrénéen et des côtes corses (après plus de 7 mois, on commence à devenir exigeants !), nous étions en attente d'un dépaysement plus intense dans le Sud et le début s'annonçait bien !

Mais la suite, bien que pas très exotique, fut des plus agréables puisque nous avons été faire un tour du côté du bordelais néo-zélandais : le « Marlborough wine country ». Séances de dégustation à la clé dans deux chais relativement réputés; enfin deux, trois... Mais rassurez-vous, nous en avons recraché l'essentiel, surtout Ander qui, conduisant, ne voulait pas ajouter à son casier de dealer un casier de délinquant de la route. Et figurez-vous qu'il a du avoir un sixième sens car, une cinquantaine de kilomètres plus loin, il a eu droit à un alcootest en bonne et due forme (le deuxième de la journée après un à Wellington sur la route du ferry à 7 heures du matin). RAS ! Ouf !

Pour les intéressés, parmi les 17 vins testés (ah, il en faut du courage en Nouvelle-Zélande, les vignerons n'étant pas avares !), le « Te Koko » de Cloudy Bay a particulièrement retenu l'attention de notre palais. Une mention spéciale également pour un vignoble de la région : le « Churton » que nous avions testé à Auckland. Un Sauvignon à mettre dans toutes les bouches (surtout celle de Nadia de la part d'Ander...) !

 

 

21 MARS 2010 – J+225 – GRAND CHELEM

 

En tant que lecteur assidu de l'équipe, Ander avait repéré le calendrier du dernier match de l'équipe de France de rugby. Et voilà comment à 8h30 un dimanche matin (nous avions 12 heures d'avance sur vous avant votre changement d'heure – 11 maintenant), nous avons parcouru en long, en large et en travers la petite ville de Nelson à la recherche d'un pub irlandais ouvert qui diffuse le match. Et bien, aussi étonnant que cela puisse paraître, au pays des « All Blacks », ça n'a pas été une partie gagnée d'avance. Mais à force de persévérance et en suivant les « beuglements » de quelques irlandais éméchés, on a fini par trouver. Et si, d'après ce qu'on a compris, les « Bleus » n'ont pas fait le match de leur vie, c'était un Grang Chelem au nez et à la barbe de nos amis anglais... ah ah ah ! Et puis après tout, seule la victoire est belle !

Cocorico !!!!!!!!!!

22 MARS 2010 – J+226 – I'M KAYAKING IN THE RAIN !

 

A une soixantaine de kilomètres au nord de Nelson, le Parc National d'Abel Tasman (du nom de l'explorateur hollandais qui l'a découvert) est l'une des cartes postales phares de Nouvelle-Zélande. Les côtes sauvages de ce parc marin jouissent d'une réputation internationale quant à ses eaux cristallines et ses plages de sable doré. On peut même y observer dauphins et pingouins bleus par beaux temps. Marche, catamaran, navette, kayak... nous avions l'embarras du choix dans les transports pour apprécier les lieux mais une sortie en kayak de mer semblait être le must. Alors, forcément, on a élu le kayak ! L'excursion avait en plus l'avantage de combiner la « montée » du parc en navette (le long de la côte) à une « descente » dans le sens du courant en kayak. Que demander de plus ?

Nous avons donc débuté notre tour de reconnaissance à bord du « Sea Shuttle », à partir duquel nous avons pu apercevoir le « Split Apple Rock », une étrange grosse boule coupée nette en son milieu mais pas jusqu'au bout, et aussi et surtout les « kekeno », otaries à fourrures néo-zélandaises. Ondulant sur les rochers ou plus actives dans les piscines d'eau, elles nous ont offert le spectacle ! Cela commençait bien !

Mais voilà, l'habituel soleil dévoilant les reflets orangés du sable et turquoise de l'eau n'a pas été très longtemps au rendez-vous et nous avons plutôt eu droit à ses ennemis les nuages, qui s'en sont donné à cœur joie pour nous déverser quelques seaux d'eau sur la tronche. Heureusement, cela ne nous a pas empêché d'apprécier les bras de mers aux eaux cristallines qui s'emplissent à la marée montante ni de « surfer » la vague pour avancer sans pagayer. Finalement, ça a du bon le mauvais temps !

23 MARS 2010 – J+227 – « PANCAKE ROCKS »

 

Enfin une journée un peu plus calme... Ça fait du bien ! Notre programme d'autotour récupéré auprès de notre loueur de van ne nous a pas laissé beaucoup de répit jusque là. Non pas qu'il soit trop chargé (quoique, dans l'île du Nord, un peu) mais c'est surtout qu'il y a de la distance kilométrique entre les « hot spots » et les routes du pays ne sont pas réellement des plus droites. La preuve en n'est, nous avons mis facilement 3 heures pour parcourir la portion de 150 kilomètres à travers la « Buller gorge ». Et encore, 50 km/h de moyenne dans cet environnement de virages, de lacets, de ponts à une voie... c'est pas mal !

Du coup, nous avons profité de ce calme pour bavarder avec un couple de français en voyage pour un an en Nouvelle-Zélande, rendre visite à une petite colonie d'otaries à fourrures et surtout aller voir Punakaiki et ses « Pancake rocks ». Il s'agit d'une formation rocheuse ressemblant à des pancakes empilés les uns sur les autres plus ou moins en bazar et au milieu de laquelle il y a un souffleur. Parait-il qu'il faut y aller à la marée haute et dans des conditions venteuses pour obtenir une hauteur de jet d'eau fort honorable. Nous avons eu la chance d'avoir les deux mais pas pour autant l'explosion tant escomptée. Peut-être que l'angle des vagues n'était pas optimal ou peut-être, certainement même, que les photos touristiques des kiwis sont put... de bien faites. Ah, pour ça, ils sont vraiment très forts !

24 MARS 2010 – J+228 – JOURNEE DE LA JADE

 

Si le passage dans l'île du Sud nous a rapidement fait comprendre que l'on se rapprochait de l'influence du pôle Sud ; la bruine étant devenue progressivement notre amie, ce jour-là, nous avons particulièrement eu un temps exécrable. Des trombes d'eau se sont déversées sur la région accompagné d'un vent à décorner les bœufs. Notre nuit a d'ailleurs été particulièrement agitée, notre beau « sphinx » ondulant non négligemment de l'essieu arrière au gré des bourrasques. Nous avons même appris depuis que la région des fjords, à une centaine de kilomètres à vol d'oiseau, avait fait l'objet d'une alerte météorologique coupant la route d'accès. On n'a plus l'habitude du mauvais temps ! Enfin, on s'est adaptés mais tout de suite nos activités ont été beaucoup moins sexy : laverie, bibliothèque, mise à jour du site... Heureusement, on n'a égayé la journée avec une petite visite d'une fabrique de bijoux en jade à Hokitika, LA ville de la « pounamou » (jade).

Et ce ne fut pas désagréable, loin de là, d'observer les tailleurs taillaient à la scie circulaire puis polirent minutieusement ces jolis petits bouts de pierre verte. Impressionnant de dextérité et de précision. Cet entracte nous a aussi révéler les significations des pendentifs maoris que l'on voit dans toutes les boutiques de souvenirs. Le « Hei Matau » (hameçon) symbolise la prospérité et la bonne santé pour celui qui le reçoit et représentant la détermination et l'énergie positive, il est souvent considéré comme portant chance dans la vie. La « Koru » (spirale), forme dérivée de la pousse jeune de la fougère, évoque la croissance, le début de quelque chose. Elle peut également indiquer une relation prometteuse. Porteur de pouvoirs surnaturels, le « Manaia » comprend traditionnellement la tête d'un oiseau, le corps d'un homme et la queue d'un poisson. Il concrétise les éléments du ciel, de la terre et de la mer ainsi que l'équilibre entre ces trois éléments et il protège celui qui le porte contre le mal. La « torsade » symbolise la liaison d'une amitié ou d'une relation spéciale et enfin, le « Hei Tiki » matérialise les ancêtres et sa valeur spirituelle augmente avec les successions de propriété.

Maintenant que vous savez tout ou presque sur ces symboles, il ne nous reste plus qu'à faire une dédicace à « Jade », petit bijou resplendissant de sa blondeur sur les côtes réunionnaises... Désolé pour les autres mais les intéressés comprendront !

 

25 MARS 2010 – J+229 – UNE PIQURE DE RAPPEL PLUS QU'AGREABLE !

 

Nous attendions cette étape avec un grain d'impatience ! Notre expérience islandaise nous ayant bien séduite, remettre le couvert faisait plus que nous tenter ! Après un repérage rapide du Franz Josef Glacier, ce sera finalement le Fox Glacier, le plus long glacier de la côte ouest de Nouvelle-Zélande avec ses 13 kilomètres (quand on vous dit que la Nouvelle-Zélande est le pays des « plus »), qui aura nos faveurs pour une journée sur la glace. Et oui, notre rapide aperçu en Islande nous ayant laissé un peu sur notre faim, cette fois-ci, on ne s'est pas fait prier et on s'est fait la totale : une journée d'excursion avec plus de 4 heures de marche sur la glace, déjeuner inclus !

Déguisés en parfaits « schtroumpfs » avec nos parkas et pantalons bleus, nous avons de nouveau foulé la glace avec autant de plaisir. C'était toujours aussi excellent d'entendre craquer le sol sous nos crampons même si l'ultra prudence de notre guide lui faisait creuser des marches là où ils auraient pu enfin servir à quelque chose... En tout cas, l'environnement polaire nous a réservé toutes les surprises : passage dans des crevasses escarpées, pause photo dans des cavités d'un bleuté renforcé, superbe panorama sur les « waterfalls » (mur de crevasses que personne n'a encore réussi à franchir par la glace pour atteindre le sommet du glacier)... Même quelques rayons de soleil se sont invités en fin d'après-midi sur le pic enneigé dominant l'ensemble.

Et pour finir cette magnifique excursion, nous sommes allés décrasser nos cuisses au lac Matheson pour tenter de voir le reflet parfait du Mont Cook. Malgré une nette amélioration des conditions météo dans la fin d'après-midi, on a du se contenter d'apercevoir sa pointe et pour le reflet, celui des arbres. Mais soyons clairs, un rideau nuageux, c'est toujours mieux qu'un rideau de pluie !

 

26 MARS 2010 – J+230 – WANAKA

 

Une fois foulé un véritable glacier la veille, nous n'avions plus qu'à traverser les territoires d'anciens glaciers autour des lacs Wanaka et Hawea. Il y a de cela des milliers d'années, en période de glaciation, les environs étaient monopolisés par d'immenses étendues gelées et même accompagnés des panneaux explicatifs, nous avons eu du mal à nous rendre compte que si nous avions mis les pieds ici à cette époque, nous nous serions retrouvés sous des milliers de mètres cubes de glace.

Heureusement, des temps plus chauds ont depuis fait du bon boulot puisqu'à la place, nous avons eu droit à de jolis panoramas lors de notre balade sur l'une des collines de la ville, et même à une petite bière, paisibles sur le bord de l'eau pour profiter d'un beau coucher du soleil. Rien de tel que de laisser s'écouler les minutes dans l'attente que les pics enneigés revêtissent leurs plus belles teintes rosées.

27 MARS 2010 – J+231 – AAAAAAAAHHHHHHHHH !

 

Quelques jours relativement tranquilles, c'en était de trop pour nous ! Il était temps que ça bouge et pour ça, que rêver de mieux que de débarquer dans LA ville de l'action de Nouvelle-Zélande, voire du monde entier : Queenstown ! Ici, tout est tourné sur « l'outdoor » et si on trouve des activités extérieures pépères, on peut bien plus facilement se procurer quelques frissons : VTT de descente, saut en parachute, saut à l'élastique, « jet boat »... le choix ne manque pas ! Nous avons donc décidé de nous jeter dans la gueule du loup !

Ander d'abord ! Le mister n'a pas pu résister à l'appel du vide. Vierge de tout « bungy » (saut en élastique), il ne pouvait manquer l'occasion de faire son baptême sur le pont historique qui a vu naître cette activité en 1988 ! Et si la vision d'en haut du pont, chaudement couvert, sans harnais... ne lui a pas posé trop de souci et l'a amené relativement tranquillement à signer pour un « jump », son approche sur la plateforme de saut, légèrement vêtu avec la perspective de toucher l'eau 43 mètres plus bas, l'a de suite laissé beaucoup moins serein ! Regardez bien sur les photos, il sourit... jaune ! Il faut dire que cela prend 2 à 3 minutes au bord du vide pour se faire solidement attacher les pieds... Bien sûr, pendant ce temps-là, on reçoit les consignes de sécurité : « On pousse fort sur les jambes et on laisse l'élastique faire le reste ! - Euh... il est bien solide cet élastique au moins ? Il me parait bien fin ! - Pas de problème, il tient jusqu'à 100 kg pour le saut et jusqu'à presque 400 kg en test de rupture ! - Merde, il va falloir y aller alors... - Tu veux finir la tête dans l'eau en bas ou pas ? - Ben ouais, tant qu'on y est, jusqu'aux épaules ! » On s'avance alors sur le bout de planche, dans le vide comme les condamnés sur les bateaux pirates... et là, bien sûr, le petit coup d'œil fatal vers le bas... Oh put..., c'est haut quand même ! « Un sourire pour la caméra, un sourire pour les gens qui regardent  ! » Tu parles qu'on a envie de sourire ! Et puis, le décompte : « 1... 2... - Euh… 2 secondes, là je sais pas si ça va le faire... - Mais si, mais si ! 1... 2... t'es prêt ? - Euh, non pas trop là, je vais peut-être finir par y réfléchir à deux fois... (Merde c'est non remboursable...) - Mais non ! De toute façon, on n'est jamais prêt pour ce genre de truc ! 1...2...3... » Et là, hop, le grand saut ! Un saut de l'ange impeccable ! Tellement impeccable que l'arc de cercle était trop grand pour permettre à Ander de toucher l'eau. Mais à 15°C, cette abstinence ne l'a pas trop dérangée ! Bref, une énorme bouffée d'adrénaline qui vaut vraiment le temps d'être vécue ! On en redemanderai presque...

Et Ophély, où était-elle pendant ce temps-là, vous interrogez-vous peut-être ? Et bien, ayant perdu son innocence « bungyesque » il y a de cela 10 ans, se rappeler les sensations ressenties à l'époque et voir ces quelques secondes d'extrême appréhension suivie d'un sentiment de jubilation après la chute dans les yeux d'Ander et des autres courageux lui a suffit pour lui procurer un bon taux d'adrénaline !

Ses sensations fortes aériennes nous ayant mis en appétit, nous avons embrayé avec une version plus... aquatique. Pas question de plongée ou de kayak mais de « jet boat », un bateau sans hélice, propulsé par l'eau captée à l'avant puis recrachée à très forte pression à l'arrière. Environ 25000 litres d'eau par minute ! Au bout de la route escarpée des chercheurs d'or du Skipper canyon, nous avons ainsi pris place dans notre puissante embarcation bleue pour 30 minutes de frissons ! Quelle démonstration de maniabilité ! Nous avons littéralement frôlé les parois rocheuses, nous avons « survolé » les rapides, nous avons effectué des 360°... Nous nous sommes éclatés !

Et pour la petite histoire, lorsque nous avons achevé le tour en haut d'un ancien pont de saut à l'élastique à 102 mètres pour un jet de pierre « port-bonheur », Ander s'est rendu compte qu'il avait bien fait de choisir « l'historique » plutôt que le plus grand actuel car il n'aurait certainement jamais sauté ! 134 mètres, il faut être fou !

28 MARS 2010 – J+232 – 60 MILLIONS DE MOUTONS ET NOUS ET NOUS ET NOUS !

La saison de la tonde battait son plein depuis plusieurs jours et nous espérions tomber au moment où un fermier regrouperait ses troupeaux pour les transvaser des champs au hangar « technique ». Alors, quand nous avons perçu un affolement général de quelques centaines de bêtes bêlant sur le bord de la route, nous avons fait une halte. Bingo, il y avait bien derrière tout cela un fermier accompagné de ses chiens et... de son fidèle quad ! Et le mec a du trouver amusant qu'on le viennent voir la manœuvre parce qu'il est vite venu nous chercher et nous a demandé si l'on était intéressés pour faire un tour avec lui... Un peu, mon neveu ! Hop, dans le « trailer » (remorque) et en route, à la poursuite de ces pauvres créatures laineuses ! « Sauve qui peut, des étrangers ! Rassemblons-nous ! » En deux coups de cuillères à pot, enfin, en deux aboiements et demi, les moutons ne formaient plus qu'une immense tâche blanchâtre en bordure du pré. Surprenant de voir les chiens au « taquet », complétement surexcités, dans l'attente des ordres de leur maître et obéissant plus qu'au doigt et à l'œil ; notre guide bougeant à peine l'index sur sa droite que le chien partait dans cette direction, puis de revenir sur l'arrière du troupeau au signal de fin. 1 an de dressage pour un résultat époustouflant ! Nous voyant nous amuser comme des petits fous (il en faut peu aux urbains de nos jours... un peu d'activités agricoles et voilà !), il a continué le tour de la propriété avec une petite visite aux cerfs et biches (destinés à la consommation de viande du marché allemand) et aux vaches. Si les moutons s'affolent littéralement à l'approche du moindre humain (il doivent faire la relation entre l'homme et l tonte qui leur donne froid...), les cervidés ne sont pas vraiment farouches et temporisent ; les vaches, elles, sont carrément curieuses ! L'une d'elle aurait fini par lécher la main d'Ophély si elle avait eu un peu plus de temps. Seule la trouvaille de deux cadavres, celui d'un mouton (ça arrive) et d'une vache (c'est plutôt rare), aura entachée cette heure champêtre... on a eu un peu mal au cœur pour notre super gentil éleveur.

 

S'il y a une journée où nous devions avoir de la chance avec la météo, c'était celle-là car nous allions découvrir le n°1 des « 101 must do in New Zeland » : le Milford Sound ! Et sachant que ce joyau reçoit au bas mot un jour sur deux de pluie, il nous a fallu en faire des prières, des incantations... ! Et ça a marché puisque nous avons eu ce jour-là un ciel bleu impeccable ; certainement, le plus nickel de tout notre séjour ! Toute la journée, un soleil de folie nous a accompagné. Pas un nuage ! Vous l'aurez compris, un temps de curé comme il en arrive peu dans cette région et comptez sur nous, nous en avons profité comme il se devait !

Et comment nous direz-vous? Avec une... sortie kayak, bien sûr ! Car si traditionnellement, le « Milford » se parcourt en croisière, il existe une variante en kayak sur laquelle nous avions lorgnée avant notre arrivée sur place... au cas où il ferait beau ! Une virée pour le coucher du soleil : « Twilight Wind & Waves », ça envoit, non ?! Embarquement programmé à 16 heures pour apprécier la luminosité des derniers rayons du soleil de la journée ainsi que le calme dans le fjord après le retour des dernières croisières et la fin des « scenic flights »avec leur coucous vraiment trop bruillants. Après avoir remonté en bateau rapide les 2/3 du fjord, nous avons débarqué les kayaks, les pagaies... et hop à la flotte ! Waaoouu ! Quel spectacle ! Le « Mitre Peak » et ses 1683 mètres de haut nous contemplaient ! Que nous étions petits, tous petits ! Et d'imaginer que les parois verticales de plus de 700 mètres qui nous entouraient continuent leur chute sous nos pieds pour atteindre une profondeur maximale de 305 mètres renforçait ce sentiment ! Nous nous sommes alors gentiment laissés porter vers ces monstres de roches pour approcher de plus près la plus grande chute des environs. Quelques coups bien ardus de pagaie et le mur d'eau de 151 mètres se dressait alors devant nous mais le courant provoqué par la chute ainsi que les vapeurs d'eau frisquounettes qu'elle nous éjectait sur le visage nous a vite fait nous éloigner ! Nous avons continué notre balade aquatique exceptionnelle avec vue sur glacier, coucou aux otaries, boisson chaude servie sur les embarcations (le must)... jusqu'à l'arrivée des ténèbres. 14 kilomètres d'efforts récompensés, non seulement par un cadre somptueux mais aussi et surtout par une tente surchauffée par de puissants ventilateurs à notre arrivée. On a même hésité un moment à leur demander refuge pour la nuit !

29 – 30 MARS 2010 – J+233 - J+234 – FANTOMATIQUE

 

Si la veille fut une journée exceptionnelle, les deux suivantes nous ont fait payé ce surplus de chance ! Non seulement, notre demande de prolongation de trois jours de location du notre super van nous était refusée mais en plus, le temps pour notre croisière « overnight » (avec une nuit à bord) dans le « Doutful Sound » pour apprécier le silence des lieux aux heures les plus sombres, ne s'annonçait pas des plus cléments. Bien au contraire, le temps très mitigé du premier jour a tourné à l'alerte sévère à la pluie dès le lendemain matin (300 mm de prévu en moins de 24 heures). Heureusement, nous aurons déjà débarqué et ne verrons pas le déluge inhabituel, même pour cette région la plus pluvieuse du pays, qui s'est abattu les 48 heures suivantes dans le Fiordland. Mais finalement, l'ambiance fantomatique offerte par cette météo exécrable ne nous aura pas déplu. Bon, c'est sûr, être à l'intérieur, bien au chaud avec un bon thé chaud et des muffins à tomber par terre a contribué à notre faire passer la pilule ! Mais au-delà de ça, la présence des nuages en basse couche et la pluie qui les accompagnait donnait un sentiment d'isolement encore plus fort à notre navigation dans ce fjord « multi-branche ». Et sans ce climat rebutant, nous n'aurions pas pu profiter de l'omniprésence de la « rain forest » ainsi que des nombreuses chutes d'eau qui strient de leurs jets blanchâtres les immenses parois montagneuses. En revanche, on ne peut pas vous cacher que l'on aurait bien mieux apprécier notre rencontre avec les otaries sans ce temps de m... ! Être emmitouflés de partout pour essayer de laisser la pluie en dehors de notre espace vital, tenter de résister aux bourrasques de la mer de Tasmanie pour apercevoir des bestioles immobiles sur les rochers et prendre dans la mesure du possible des photos avec un objectif inondé de gouttelettes... on a connu bien mieux ! La sortie « kayak » (encore et toujours) n'a pas été piquée des vers non plus ! Contrairement à tous les kayaks que nous avions pu essayer jusque là, ceux-là présentaient deux inconvénients majeurs : 1, ils ne comportaient pas de jupes et donc se remplissaient de toute l'eau recrachée par les vilains cumulonimbus noirs au-dessus de nos têtes, sachant que pour ajouter un peu de « fun », aucun vêtement protecteur ne nous avait été fourni. Et 2, il s'agissait de monoplaces. Or de question donc pour Ophély de pouvoir faire des pauses tout en continuant d'avancer grâce à la puissance musculaire de son chéri ! Mais quel environnement de fou ! Malgré le froid, nous nous sommes régalés dans cette atmosphère de fin du monde... une sensation de liberté, d'union avec la nature ! A croire même que pagayer, ça réchauffe grave car nous nous sommes même jetés à l'eau depuis le bateau. 14°C ! Autant dire que la séance de nage a plutôt tourné au rapide plongeon et deux brasses et demi pour rejoindre le pont ! Ah, on a eu les chairs bien raffermis et les pores bien fermés ! Une bonne douche chaude et un buffet gargantuesque pour couronner le tout et nous ne nous sommes pas fait prier pour rejoindre nos cabines. Le réveil, provoqué par le démarrage des moteurs à 6h30 du matin fut un peu brutal mais voir défiler les eaux sur notre passage nous a vite ouvert l'appétit. Quel plaisir de petit-déjeuner face aux murs de roches abrupts et quelle délectation que les minutes de silence total que le capitaine nous a fait observer pour être en symbiose avec les éléments, entendre le déferlement des eaux des chutes et le chant des oiseaux avant de retourner au port. On y serait bien restés un peu plus longtemps...

30 MARS 2010 – J+234– DES ANIMAUX, EN VEUX-TU ? EN VOILA !

 

De retour sur la terre ferme, nous avons fait cap vers le sud via la « Southern Scenic road » mais à part des milliers de moutons et un ormeau géant (ils adorent mettre des trucs géants à l'entré des villes les kiwis...), nous n'avons pas croisé grand chose qui nous ait transcendé... jusqu'à la « Costal Road ». Là, ce fut une autre histoire !

Notre premier stop à Waipapa nous a réservé une belle surprise. Nous étions venus visiter un phare et apprendre l'histoire du plus grand naufrage civil néo-zélandais (ayant donné lieu à la construction de ce phare) et nous nous sommes vus interdire l'entrée par une lionne de mer. Comment avons-nous su qu'il s'agissait d'une femelle ? Une vingtaine de minutes plus tard lorsqu'elle s'est décidé à rejoindre la plage où se trouvaient deux homologues à elle. Put... la taille du mâle ! Pas de doute, nous venions simplement de croiser une femelle ! Il était franchement énorme et nous avons respecté les consignes de sécurité (rester à plus de 10 mètres de distance et surtout pas entre lui et l'océan) même si notre présence n'a pas semblé grandement les déranger au vu de la séance pornographique qu'ils nous ont offert ! Si nous nous interrogions sur les raisons de la querelle qui avait animé les deux femelles, voir le mâle s'occuper comme il se devait de l'une d'entre elles nous a bien fait comprendre qu'il était question de jalousie et de tour !

L'affaire dans le sac, nous avons pu reprendre la route pour l'extrême pointe sud. Cette fois-ci, nous étions bien au bout du bout... de l'île du sud seulement... Et oui, Steward Island, appartenant à la Nouvelle-Zélande, se trouve plus au sud encore. Décidément, on n'en verra jamais le le bout !

La dernière étape de la journée nous a également réservé une superbe surprise. Partis pour constater la présence d'une forêt pétrifiée sur le bord de l'océan (phénomène déjà impressionnant), nous avons alors appris en arrivant que les lieux offraient le spectacle rare de voir des pingouins aux yeux jaunes. Bon, le phénomène étant rare, on ne s'attendait pas vraiment à y avoir droit... Mais tant qu'il y a de la vie, y'a de l'espoir et aux dernières lueurs du jour, un gentil papa pingouin est venu se présenter ! Il a remonté en quelques bonds du rivage à la plage jusqu'à atteindre la végétation où devait certainement l'attendre maman pingouin ! Que c'était drôle de le voir tortiller des fesses sur le plat, sauter d'un coup sec sur les rochers ou encore s'arranger ses gros sourcils jaunes !

31 MARS 2010 – J+235 – LE PAPA PINGOUIN... LE PAPA PINGOUIN...

 

Nos rencontres inattendues de la veille avaient aiguisé notre appétit animalier et nous avons profité de notre tour sur la péninsule d'Otago, réputée pour ses albatros royaux et ses pingouins aux yeux jaunes, pour remettre le couvert.

On a débuté avec l'oiseau royal et que de choses incroyables nous avons appris à propos de ce volatile pas comme les autres ! Nous pouvons maintenant vous annoncer (si vous ne le saviez déjà) que l'albatros ne boit que de l'eau douce et que pour cela, il possède un désalinisateur intégré (vu qu'il ne vit qu'en mer, il fallait bien qu'il ait un truc). On peut aussi vous aviser que les muscles de ses ailes sont quasiment atrophiés. Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu'il a un système auto-bloquant inclus et qu'en fait, pour voler, il joue davantage avec le vent qu'il ne bat des ailes. Pourquoi se compliquer la vie, finalement ?! Mais en même temps, faut le comprendre, faut la bouger la masse de 70 centimètres sur pied qui dépasse la taille d'un homme debout les ailes déployées ! Oui, oui, son envergure fait environ deux fois la nôtre ; même en forçant bien sur les bras, pas moyen de rivaliser ! Instruits de toutes ces données, nous nous sommes alors dirigés à l'observatoire mais, malheureusement, une journée exceptionnelle sans vent ne nous a permis de voir qu'un seul individu, et encore d'assez loin, la tranquillité des airs ne lui ayant pas permis de remonter la colline et s'approcher de nous. Mais, même de loin, cela reste impressionnant. Du coup, on s'est contenté de l'observation de trois petits en attente d'avoir la capacité de voler. Fin septembre environ, âgé de huit mois, ces jeunes albatros seront prêts à prendre leur envol. Ils attendront une bonne brise pour décoller de ce morceau de terre... pour un long périple : 3 à 6 ans à voler autour de l'Antarctique avant de revenir ici pour démarrer une nouvelle génération, couvrant jusqu'à 800 km/jour avec des pointes à 120 km/h. Globe-trotteurs ?

Après les oiseaux dans les airs, nous nous sommes attaqués aux oiseaux dans les mers : direction la « penguin place » pour reluquer d'un peu plus près ces créatures rigolotes rentrer au bercail pour la nuit ! La luminosité tombant très vite à cette époque, notre guide a raccourci les explications techniques pour de suite rejoindre le bord de plage. Sur le chemin, nous avons commencé par apercevoir quelques pingouins bleus, les plus petits pingouins au monde, dans des caisses en bois spécifiquement installées pour eux. Et ces poids plume étaient vraiment petits avec leurs 25 cm et leur kilo tout mouillé !

Passé ces maisons d'adoption, nous avons débarqué dans un véritable camp d'entraînement militaire ! Des bunkers de planches en bois tout juste écartées pour observer les alentours, des tranchées camouflées pour traverser d'un bâtiment de protection à l'autre, on se serait cru dans un décor de cinéma d'un remake de la guerre 14-18. Une installation nécessaire pour un maximum de discrétion afin de ne pas effrayer les pingouins aux yeux jaunes qui viennent nicher dans le coin. Première halte et premier individu en vue descendant de la dune les deux pieds en canard (finalement, on devrait dire en pingouin) et traversant ensuite la mare qui le séparait de sa maison. « Ah, qu'est-ce que c'est bien plus facile dans l'eau ! Ces deux espèces d'excroissance qui me servent de bras m'y sont bien plus utiles ! ». A peine disparu derrière la colline, nous étions déjà à la recherche du second : « Vite, retournons sur les observatoires du bord de plage pour voir si d'autres copains seraient dans les parages. » Et nous nous sommes éclatés à jouer les détectives : observation aux jumelles, attente, scrutation des vagues plus foncée que les autres, course entre les pôles d'observation, attente... Gagné ! Un autre... Un autre... Et de 3 ! On a même du faire un choix sur celui que l'on allait suivre ! Après avoir patienté de longues minutes que ce monsieur daigne finir sa toilette (en fait, il récupère la graisse de poissons collectée dans sa nourriture et stockée sous sa queue pour se « waterproofer » le plumage), nous avons couru tant qu'on pouvait dans les corridors pour atteindre LE point de rencontre. Et si le camouflage ne nous a malheureusement pas permis de le voir très nettement, le bruit à quelques centimètres au-dessus de nos têtes ne nous a pas laissé l'ombre d'une hésitation !

 

 

1ER – 2 AVRIL 2010 – J+236 - J+237 – PAS MOYEN DE S'ENVOYER EN L'AIR !

 

« Aoraki » (le mont Cook) est un symbole fort en Nouvelle-Zélande. Considérée comme source de pouvoir sur la vie et la mort, il représente le lien entre le « supernaturel » (que l'on peut traduite par l'au-delà chez nous) et le monde naturel (terrestre). Aller voir d'un peu plus près cette montagne sacrée de 3754 mètres, la plus haute de Nouvelle-Zélande, nous tentait donc forcément ! Alors quand en plus l'attraction la plus répandue consiste à en faire le tour en hélicoptère, pas une seconde d'hésitation : en route !

Nous sommes arrivés sur les lieux en début d'après-midi avec l'envie très nette de s'envoyer en l'air ! Le temps était relativement au beau fixe, les sorties étaient programmées tous les jours, toute la journée... Tout semblait donc au poil ! Jusqu'à ce qu'on réserve ! « Nous ne sortons pas cette après-midi car il y a trop de vent ! » Ah ?! C'était trop beau, pour une fois que le soleil était de la partie et que l'on voyait nettement le pic enneigé du Mont Cook ! On aurait du le sentir... Quand il pleut, généralement le client ne veut pas sortir parce qu'on n'y voit rien et quand il fait beau, on ne sort pas non plus parce qu'il y a trop de vent ! Mais, on sort quand dans tout ça ?! Le lendemain peut-être suivant la météo. Et bien, patientons alors ! En Nouvelle-Zélande, ce qui est bien, c'est que pour patienter, y'a toujours des balades. Nous nous sommes donc baladés : une première fois pour un panorama du Mont Cook, une deuxième fois pour une vue d'ensemble du lac Tasman, une troisième fois pour aller voir de plus près les quelques icebergs qu'il transporte. Une fin de journée bien moins exceptionnelle qu'on ne la souhaitait mais agréable tout de même et puis l'espoir d'un jour meilleur n'était pas loin...

Notre réveil par un grand beau temps, encore plus ensoleillé que la veille, nous a tout de suite motivés et nous avons filé vite fait, bien fait à l'aérodrome de la première compagnie pour demander un vol : « Nous sommes complets ce matin et je n'ai pas un appareil de disponible pour le vol que vous souhaitez avant le milieu d'après-midi, sous réserve de confirmation » (Mer..e on doit faire 400km cet aprem...). Bon, deuxième compagnie : « Je peux vous proposer deux places dans moins d'une heure mais ce n'est pas pour le survol du Mont Cook. » Mais nous c'est le Mont Cook qu'on veut, on est là pour ça. Voler, on peut le faire n'importe où ! Grr !! « Sinon, vous pouvez faire le survol du mont vers 11 heures environ mais comme vous n'êtes que deux et que je n'ai personne d'autre en attente, il vous faudra payer double. » Grrrr !!!! Troisième compagnie (par téléphone) : « Le Mont Cook, bien sûr. Deux places, sans problème. Dans 1h30, ça vous va ? » Un peu que ça nous va ! Juste le temps d'arriver à l'aérodrome qui se trouve à 70km de là ! On embraye sans trainer pour se rendre à l'office confirmer notre vol : « Voici, le plan de vol. » Mais, ça fait pas le tour du Mont Cook ?! « Non, mais vous le voyez clairement à ce moment du voyage ». Mais, on s'en fout de le voir de loin deux minutes, on veut en faire le tour, le survoler ! C'est pas compliqué quand même ! « Malheureusement, nous n'avons pas de vol qui fasse cela. » Grrrrrr !!!!!! Nous sommes partis blasés sans avoir volé autour du magnifique Mont Cook... y'a des jours où la chance ne veut pas sourire, c'est comme ça !

 

 

2 – 3 AVRIL 2010 – J+237 - J+238 – UN PETIT AIR DE FRANCE

 

Abandonnant la région du Mont Cook un peu déçus, le ciel bleu sans nuage illuminé d'un superbe soleil nous a très vite remis le cœur à l'ouvrage et nous avons fait cap vers la péninsule de Banks, en banlieue de Christchurch. La vue dégagée de la baie étant purement magnifique, nous avons prolongé le plaisir en empruntant la version longue de la route des sommets pour atteindre le village d'Akaroa. Surprise, la France nous accueillait les bras grands ouverts ! D'une part par les drapeaux bleu, blanc, rouge qui flottaient aux fenêtres des maisons et même de la mairie (le village a été fondé en 1840 par des colons français venus chasser la baleine) et d'autre part, par l'accueil très chaleureux de Franck, le neveu d'une des voisines des parents d'Ander (ouais, c'est pas simple mais en relisant, vous allez situer) qui vit ici depuis maintenant deux ans. Chef de salle d'un bon petit resto, nous nous sommes dévoués pour un apéro (trop dur !) afin de lui tenir compagnie au début de son service. Les clients arrivant, nous l'avons laissé vaquer à ses occupations et sommes allés tranquillement profiter des charmes de la ville : balade en front de mer, petit dîner sur le bord du port... Avant de le retrouver le lendemain matin pour un dernier petit-déjeuner en sa compagnie. La vie a l'air bien paisible en Nouvelle-Zélande... Doucement le matin, pas trop vite le soir... Il a bien raison d'en profiter notre petit « frenchy »... dont la cote ne cesse de grimper dans le village ! Bonne continuation !

4 AVRIL 2010 – J+239 – TOUJOURS PAS POUR CETTE FOIS-CI ...

 

Pour notre dernière journée en van, nous avions prévu des activités de folie... Un véritable bouquet final ! Nous nous étions rendu exprès à Kaikoura afin de programmer une sortie pour observer les baleines, une excursion pour aller nager avec les dauphins et une soirée dans des eaux thermales pour nous reposer de toutes ces émotions. Bon, nous savions qu'Ander était peu chanceux avec les cétacés mais la pub garantissant un remboursement de 80% du billet si aucune baleine n'était vue, ça promettait de caser la malédiction.

Levés à 7 heures tapantes, excités comme des puces, nous constatons que le temps a tourné à la pluie et au vent dans la nuit. Après une telle belle journée la veille, nous étions un peu dégoûtés mais totalement prêts à affronter les éléments pour aller photographier ces forces de la nature ! Nous attendions impatients notre heure sur le parking de l'office de « Whale Watching » quand un troupeau de touristes sortit du bâtiment pour rejoindre leur voiture. Toujours le mot pour rire, Ander lâche : « La malédiction nous poursuit... La sortie est annulée, ils rentrent chez eux ! » Fusillé du regard par Ophély, il se rattrape « Je plaisante ! Ils ont du recevoir les consignes pour se rendre au port » (sachant que qu'il n'y avait pas de quai devant l'agence). 80 % de remboursement, aucune compagnie ne s'amuserait à faire ça si elle n'était pas sure. Ce serait dépôt de bilan garanti. Rien ne pouvait nous empêcher d'en voir ! Et bien, croyez-y ou non, nous n'en avons pas vu tout simplement parce que la blague d'Ander est devenue réalité : ils ont annulé toutes les sorties de la journée pour cause d'intempéries, la météo étant pire au large et allant en se dégradant ! Incroyable ! Nous avons maintenant à notre actif quelques uns des meilleurs spots d'observation de baleines (Basse-Californie, Islande, Madagascar...) et la seule que nous ayons vu était morte, en train de se faire dépecer en Islande ! A chaque fois, il y a quelque chose qui cloche : la saison commence dans 15 jours, la météo est exécrable... A quoi allons-nous avoir droit la prochaine fois ?!

Le temps n'étant pas propice pour les baleines, on ne s'attendait pas vraiment à mieux pour les dauphins mais les restrictions étant moindres, l'annulation n'était pas au rendez-vous. « Cool, vous avez pu compenser ! », nous direz-vous. Et bien, pas vraiment car avec la possibilité d'y aller, on avait aussi celle de se jeter dans une eau à 16°C sous la pluie, avec une visibilité réduite à quelques mètres et surtout, on a eu droit à un « seasickness warning » (avertissement au mal de mer). A y réfléchir à deux fois, on a préféré remettre cela à une autre fois, quand les conditions nous permettront d'en faire une expérience mémorable... dans le bon sens du terme !

Alors, pour noyer notre chagrin, autre que dans les eaux déchaînées du Pacifique, nous avons élu le complexe des eaux thermales de Hanmer Spring avec ses 9 piscines à ciel ouvert, ses 3 piscines de soufre, sa piscine d'eau fraiche chauffée de 25 mètres... On s'est même pris la version « luxe » avec multiples entrées pour une session diurne et une seconde en nocturne après le dîner. Histoire de digérer la journée ! On a fini la journée prélassés, à peine consolés !

 

 

5 – 6 AVRIL 2010 – J+240 - J+241 – ADIEU LE SPHINX, SALUT LES KANGOUROUS !

 

Malgré nos tentatives d'égayement, notre fin de séjour s'est un peu terminé en jus de boudin. La pluie ne nous a pas lâchés d'une semelle jusqu'à la dernière seconde et il nous a fallu rendre notre cher « Sphinx » auquel nous nous étions attachés ! Même Christchurch, qui pour une ville néo-zélandaise est assez attrayante, n'a pas réussi à nous distraire suffisamment. On a quand même fini notre séjour « goulument » autour d'un succulent repas, histoire de déguster un sublime mouton au four accompagné d'une ultime bouteille de vin local. Mais rien n'y a fait, nous devenions impatients de nous envoler vers Sydney et retrouver nos amis Géraldine et Dimitri, installés là-bas depuis presque 5 ans.