30 – 31 JUILLET 2010 – J+356 - J+357 – SOUS HAUTE SURVEILLANCE ?!

 

Nous voilà de retour dans le mythique transsibérien mais cette fois-ci encore (et pour la dernière fois) dans la partie « dérivée » du transmongolien. Il nous faudra attendre de passer la frontière et un peu plus de 200 kilomètres supplémentaires pour officiellement rejoindre le tronçon original de 9298 kilomètres datant de la fin du XIXème siècle !

Et comme toujours à bord de ce train, les passages de frontière ne sont pas piqués des vers ! Bien sûr, on s'attendait à ce que ce soit long et fastidieux et que la suspicion règne dans les rangs russes. Alors nous n'avons pas été vraiment surpris lorsque la « pète sec » russe nous a demandé d'un ton affable comme savent si bien le faire les administratifs aux frontières nos passeports et qu'elle nous a fait comprendre en russe bien sûr (nous nous apercevrons quelques minutes plus tard qu'elle parlait un français impeccable... heureusement qu'on s'était tenus à carreaux pendant son intervention malgré l'envie de raconter de belles conneries...) de la regarder droit dans les yeux pour vérifier que la photo correspondait bien à nos têtes. D'ailleurs, nous avons eu là la confirmation que nous avions changé... surtout Ander, puisque la sèche douanière s'y est repris à deux fois le concernant ! Les cheveux courts ? Le visage aminci ? Allez savoir ! Peut-être le trouvait-il tout simplement beau garçon ?! Euh, non ! On rigole pas avec ça, par ici ! Nous n'avons pas non plus été surpris lorsqu'un militaire nous a expédiés dans le couloir afin de procéder à l'inspection de la cabine à la lampe torche ni même du passage des « stups » et de leurs cockers.

En revanche, le manège mongol précédent la frontière lui, nous a laissé dubitatifs ! Ça allait et venait de partout, dans les couloirs, les cabines, bardés de cartons puis de marchandises déballées... On a fini par comprendre qu'il s'agissait de vendeurs qui tentaient de se répartir leurs provisions chinoises qu'ils allaient vendre sur les quais sibériens. Jeans, tee-shirts, pantoufles feutrées, saucissons... tout y passait ! On a même, nous aussi, récupérer trois jeans et deux paires de chaussons mongols dans notre cabine ! Ils ne devaient plus savoir où les fourguer et un échantillon de 3 devait représenter la quantité légale pour passer la frontière sans encombre. Enfin, presque... parce ne parlant toujours pas ni le russe ni le mongol, nous n'avons du recevoir les explications techniques et n'avons rien pu faire au passage du douanier russe... lorsque celui-ci les a réquisitionné ! Ben ouais, on n'est pas fous non plus ! On n'allait pas jouer les contrebandiers en territoire russe alors qu'on n'avait pas encore récupéré nos passeports avec l'acceptation d'entrée. Un incident est parfois si vite arrivé !

Vers 2h30 du mat', on a donc tranquillement pu redémarrer et la nuit enfin commencer... Pas tout à fait quand même puisque tous ses braves commerçants ont alors entrepris de récupérer leurs marchandises à travers tout le wagon. Un beau fourbis...

Mais bien que la nuit fut courte, le premier réveil a été des plus agréables grâce à un panorama de folie sur les rives du lac Baïkal, le lac le plus profond du monde avec près de 2000 mètres de profondeur par endroit ! On a découvert, avec des petits yeux, les paysages sibériens : des forêts à perte de vue sur les collines environnantes, la transparence des eaux du lac, des portions de plages sables jaunes où le string et la « bronzette » sont de rigueur. La Côte d'Azur locale en quelque sorte ! Bien qu'un peu plus champêtre que St Tropez tout de même et bien moins glamour aussi avec la proximité de bonnes vieilles villes bien sibériennes, aux bonnes usines et architectures soviétiques comme on les imagine ! Bien que nous devons le reconnaître, Irkutsk, notre halte pour ce tronçon, nous ait fait l'effet d'une bulle d'oxygène avec le fleuve en son milieu, ses bâtiments de bois, sa jolie gare ferroviaire, ses églises orthodoxes à bulbe, ses avenues marchandes, son marché aux fruits rouges (miam miam !), ses trams ...

En posant les pieds sur le quai, nous avons alors assisté à la démonstration mercantile associée aux mouvements de la veille au soir. Toutes les marchandises ayant transitées le long du chemin de fer se trouvaient exposées pour attirer le chaland... comme sur un véritable marché quasiment ; les tee-shirts exposés sur des bustes-mannequins, les jeans déballés et étalés sur les bras pour que chacun cherche sa taille, les sacs comme les saucissons, en bandoulière sur les vendeurs... Toute une organisation ! Les négociations se sont faites vite fait, bien fait. Avec 30 minutes d'arrêt, il n'y avait pas de temps à perdre !

Nous avons même failli nous joindre à la partie lorsque, assise sur les sacs en attendant qu'Ander prenne des photos, Ophély s'est vu interpellée par une russe pour connaître le prix de nos polaires Quechua, posées sur ses genoux. Après les avoir retournées et inspectées, la nana a tilté, comprenant qu'il s'agissait de vêtements personnels d'une pauvre touriste. « Ben, partez pas madame, on peut s'arranger... On est en fin de parcours, on peut peut-être vous faire un prix ! ». Mais, elle n'a rien voulu savoir et s'en est vite allée vers le marchand suivant. Pas de temps à perdre comme on vous disait !

31 JUILLET – 1ER AOÛT 2010 – J+357 - J+358 – SEX, DRUGS & ROCK'N'ROLL

 

Pour nos étapes sibériennes, nous voulions réitérer l'expérience « couchsurfing » pour découvrir la jeunesse russe actuelle et le premier contact a été au-delà de nos espérances. A peine débarqués du taxi en provenance de la gare, nos deux hôtes, Anton & Tata, nous ont fait déposer nos sacs dans l'entrée de leur appartement et nous ont pressés immédiatement vers la sortie car une manifestation les attendaient... nous attendait en ville... Une manifestation pour protester contre le gouvernement. On n'a toujours pas compris contre quoi précisément mais peu importait, on avait rencontré les « engagés » du coin et nous étions près à les suivre. Quoique ?! « Ça nous plait bien tout ça mais on n'a pas encore enregistré notre visa (et oui, restes d'une bureaucratie soviétique oblige, tout touriste qui entre dans le pays doit non seulement enregistrer son visa au plus vite dans une des administrations locales mais également réitérer le processus à chaque fois qu'il passe plus de trois jours dans une même ville... et bien sûr, chaque enregistrement est payant, sinon, c'est pas drôle !) et on voudrait pas à aller en prison sans passer par la case départ alors si on pouvait ne pas être trop exposés, ça nous conviendrait pas mal ! » Un petit passage dans une cité du coin pour qu'ils puissent se mettre du cœur à l'ouvrage avec quelques artifices (genre petit bout de « caoutchouc » amélioré, si vous voyez de quoi on veut parler...) et nous étions plongés en l'espace d'une vingtaine de minutes dans l'ambiance révoltée de la jeunesse russe. Mais l'ambiance s'est avérée somme toute limitée puisque le nombre de manifestants devait atteindre les 8 personnes à tout casser. Bon, au moins, on était rassurés, on n'allait pas avoir à éviter les affrontements policiers ! Bien qu'il y avait matière puisque les forces de l'ordre étaient au final plus nombreuses que les revendicateurs. Caméras au poing ; « souriez, vous êtes filmés ! » C'est pas bon pour le casier tout ça !

On a finalement poursuivi par une gentille petite balade sur les bords du fleuve en fin d'après-midi, les esprits n'ayant pas réussis à vraiment se chauffer. Et nous avons ensuite été embarqués au concert DU groupe rock en soirée pour raviver la flamme. On se doit de dire également que le nombre de photographes amateurs dépassait le nombre de fans, le tout sur fond de Champs-Élysée (le thème de la toile de fond du concert...).. En tout cas, nous, on a bien aimé ! La nuit s'est achevée à la russe, avec les membres du groupe, dans une maison en bois pour vivre l'ambiance « sex, drug and rock'n'roll » plébiscitée par Tata, bien que la bière fut bien plus plébiscitée que la vodka et l'ambiance plus champêtre que « sex » !

2 – 5 AOÛT 2010 – J+359 - J+362 – SUR L'ÎLE

Sonnez les mâtines...

Malgré un réveil raté (nous avions oublié de changer l'heure de Mongolie et phénomène rare en allant vers l'Ouest, nous avions une heure de plus), nous avons réussi à choper à temps le minivan qui devait nous mener sur LA destination du transsibérien : le lac Baïkal et l'île d'Olkhon. Et c'est une destination qui se mérite car le trajet, en plus d'être long, se termine « chaotiquement » sur de la piste. Heureusement, une petite aération pour prendre le ferry (même si l'hiver, le lac gelé permet d'effectuer la traversée en voiture) a temporisé le rythme du « bumpy » au milieu de collines verdoyantes... Et même si ce petit air de déjà vu n'était pas pour nous déplaire, nos fesses s'en seraient bien passées ! Ainsi que nos poumons car le vent mordant nous a clairement remis à notre place géographiquement : nous n'étions plus en Mongolie mais bien en Sibérie ! « Quand le soleil est là, ça va mais quand le vent s'en mêle... on se les pèle ! »

Pour cette étape, nous avions également tenté de contacter un mec de CS (« couchsurfing ») mais la saison touristique battant son plein, il ne pouvait nous accueillir. Nous sommes donc simplement allés à sa rencontre et quelle rencontre ! Sur son profil, était noté « sonneur de cloches » et à l'époque, nous n'y avions pas bien prêté attention... jusqu'à apercevoir les cloches ! En fait, c'est son vrai métier ! Responsable de l'église orthodoxe du village, il fait sonner les cloches matin et soir et au grès des visites... comme la nôtre ! Ander a ainsi eu son quart d'heure de gloire en alternant d'un coup de poignet franc les différents carillons... Vous auriez du le voir, un artiste était né ! Merci Sergei !

 

Un petit bain « bañia » ?!

Notre première journée entière sur l'île a du être l'une des plus éprouvantes depuis bien longtemps. Avec ces tours en « watz », ces séjours en famille, ces transferts en train, on avait presque oublié ce que le mot « activité sportive » voulait dire. Mais notre décision d'effectuer une balade en VTT dans les environs nous a vite rappelés à l'ordre, nous rafraîchissant rapidement la mémoire et surtout celle de nos muscles ! Parce que de balade, elle n'en avait que le nom. Et oui, les « bumpy » collines, si belles et si douces depuis la fenêtre du minivan de la veille, se sont montrées redoutables ! Et vas-y que ça montait et vas-y que ça descendait tout le temps dans cette put... d'île ! Sans oublier le terrain sablonneux pour agrémenter la sauce... comme si nos pauvres cuisseaux ne souffraient pas assez. Au moins, on a pu découvrir ce que passer du froid (dans les descentes) au chaud (dans les montées) voulait dire ici !

Nous n'étions pas mécontents de lâcher nos montures en fin de journée pour s'accorder une « bañia » (sauna à la russe). Rien de tel pour se revigorer les muscles. Et oui, la particularité de la « bañia » repose dans le refroidissement corporel apporté par la douche glaciale à la sortie du bain de vapeur ! Mais si, rappelez-vous, la pub « Mentos » où le beau jeune homme se jette dans la glace et bien c'est ça le principe... en principe ! Non, non, on vous voit venir, on ne s'est pas dégonflés et on s'est jetés dans la bassine d'eau froide à notre sortie. Un deuxième contraste chaud-froid plus appréciable cette fois-ci !

Restait alors à revigorer nos estomacs avec une bonne dégustation de « omoul ». Nous avons profité de cette espèce endémique du lac, entre saumon et truite, dans tous ses états durant notre séjour sur l'île : grillé, fumé, séché, en soupe... Après le régime « mouton » en Mongolie, nous n'étions pas contre une variante « poisson » en Russie !

En revanche, pour la nuit réparatrice, on repassera car nos voisins de chambre avaient décidé de faire nuit blanche et nous avons eu droit à la musique, aux engueulades et autres éclats de voix jusqu'au petit matin. On les aurait bouffés !

Cap au cap !

Surtout que nous devions poser les pieds sur terre relativement tôt le lendemain pour notre excursion du jour, le cap Khoboy ! A bord d'un « watz » russe (souvenirs, souvenirs... encore une fois), nous avons parcouru la partie nord de l'île pour découvrir ses points d'intérêts touristiques : sa montagne au visage humain, son rocher du crocodile, son ancien goulag stalinien, sa plage avec toujours le string de rigueur (photo à l'appui cette fois-ci pour les curieux que nous ne nommerons pas !). Et toujours, ses collines vallonnée et arborée, ses vues panoramiques sur le lac... ainsi que sa fameuse « canine », rocher qui domine de ses falaises abruptes le point le plus profond du lac.

Encore une journée couronnée de succès avec, pour finir un dernier tour du village pour rendre hommage au rocher du chaman (l'un des cinq points chamanes les plus importants de la planète pour la minorité Bourriate) et assister à un concert de « balalaïka » (guitare russe) avant de reprendre la longue route le lendemain pour retourner à la ville.

5 – 6 AOÛT 2010 – J+362 - J+363 – « DATCHA »

 

Nos retour à Irkutsk fut tout de suite animé par la récupération de nos billets de train commandés depuis l'île et bien que nous ayons fait la démarche par le cadre formel d'une « guest-house », nous nous sommes encore retrouvés dans une magouille de plus. D'abord, la nana n'était pas chez elle et ne pouvait l'être qu'à 21 heures. On a fini par insister et une heure plus tard, les billets étaient en notre possession... Enfin, une variante de nos billets puisque les horaires avaient changé ! Soit disant qu'il n'y avait plus de places ! « Rappelle-moi pourquoi on t'a payé une commission ?! Justement parce que tu pouvais nous garantir les horaires qu'on souhaitait ! » Bon, cela devait être certainement un mal pour un bien ! Et l'on ne pensait pas si bien dire !

Pour ce contretemps technique, on a débarqué directement à l'appartement de Anton et Tata sans pouvoir les prévenir de notre retard (nous leur avions dit vers 17-18 heures et il était quelque chose comme 19h30). Et là, surprise : il n'y avait personne ! Sentant LE truc arriver (ne voyant arriver personne – et pour cause – ils avaient décidé d'aller passer la soirée dans la « datcha » (maison de campagne) familiale à l'extérieur de la ville), on s'est vite débrouillés à débusquer un portable pour les appeler afin de savoir de quoi il en retournait. Par chance, un adorable arménien de passage, fan d'Aznavour et de Joe Dassin, s'est plié à notre demande et au bout d'un quart d'heure d'explications que nous tentions de comprendre pour savoir où et comment rejoindre Anton et Tata, il a même fini par converser en russe avec nos hôtes et nous rendre le plus grand service en nous déposant au fameux arrêt de bus, non identifiable pour nous, où nous avons pu prendre un minivan qui allait nous permettre de retrouver nos deux engins ! Que tous ceux qui ont dit un jour du mal des russes quant à leur amabilité se cachent ! A chaque merdouille, nous avons trouvé une âme prête à nous prêter son portable, nous montrer notre arrêt, nous faire la traduction en russe... Bref, nous avons fini par arriver à destination et deux belles surprises nous attendaient : non seulement, un jardin rempli de succulents fruits et légumes dans lequel nous avons eu le droit de nous servir à foison mais aussi une superbe « bañia ». Fruits rouges en pagaille et décoction vapeur ont été notre programme de la soirée pour profiter de la vie à la russe, version « datcha classique » cette fois-ci.

6 – 7 AOÛT 2010 – J+363 - J+364 – DE RETOUR SUR LES RAILS

 

Après une belle soirée à la campagne, nous avons rejoint la gare pour prendre ce fameux train de l'après-midi et faire auparavant la queue pour acheter le billet suivant. On vous épargne souvent les détails logistiques de notre aventure mais Dieu sait s'ils sont parfois loufoques (comme notre recherche de billets sur Internet sur un site russe en compagnie du mec de l'Internet pour nous traduire) ou énervants (comme attendre une heure la nana pour un billet à un horaire non souhaité) ! Enfin, la logistique était quasiment derrière nous (puisque nous avions tous nos billets de train jusqu'à Moscou en main) lorsque nous nous sommes enfin installés confortablement pour notre troisième et avant-dernier tronçon du transsibérien. Et de reprendre les activités habituelles de ce genre de trajet de plus de 24 heures : sieste, lecture, rédaction du site, rédaction du carnet de voyage, photos, partage de nourriture avec nos voisins de « platskart », observation du paysage qui défile... Un peu de glande, ça fait pas de mal !

7 AOÛT 2010 – J+364 – ETAPE SURPRISE

 

Pour atteindre Tomsk, nous avons choisi l'option « descente à Taiga » (ville sur la ligne du Transsibérien située à environ 80 km de Tomsk) puis transfert en « elektritshka » (train de banlieue) jusqu'à Tomsk, à deux heures de là. Jusque là, notre programme semblait être géré nickel chrome, non ? Et bien, non ! Parce qu'à notre arrivée, lorsque nous avons demandé deux billets pour Tomsk, nous avons découvert que ces trains de banlieue que nous pensions nombreux, se comptaient au compte-goutte et que nous allions devoir attendre plus de 4 heures dans une gare d'une mini-ville de Sibérie sans bouquins ni Internet sous la main. Faut dire qu'au début, l'heure annoncée de 18h24 ne nous avait pas mis le doute immédiat puisqu'il était 17h18 à notre montre. Mais voilà, 18h24, c'était l'heure de Moscou, à savoir trois heures de moins que là où nous nous trouvions. Par chance, nous avions déjà perdu une bonne demi-heure rien qu'à obtenir cette information et s'assurer qu'elle soit fiable. 30 minutes de gagné, c'était déjà ça mais quitte à avoir du temps à perdre, on s'est lancé dans l'aventure de trouver les consignes à bagages (en russe toujours). Et figurez-vous qu'Ophély devient de plus en plus balaise en mime parce qu'en 10 minutes, c'était emballé, pesé... rangé ! Prêt à partir en ville pour tenter de trouver un peu d'Internet, non seulement pour faire passer le temps mais aussi et surtout pour obtenir les coordonnées de notre nouvel hôte « CS » à Tomsk afin de l'avertir de notre arrivée plus tardive que prévue.

Se connecter relevait donc de l'impératif et comme dans tout pays où il est difficile de se faire comprendre, autant éviter d'avoir des impératifs ou sinon, il faut beaucoup 1. de temps et 2. de chance ! Et bien, ce jour-là, nous avions les deux ! Bénis des Dieux ?! Non, motivés, persévérants et efficaces ! (les fleurs n'étaient pas chères !). Méthodiquement, nous avons débuté par le supermarché du coin, juste au cas où quelqu'un parlerait anglais mais quelle idée, aucun touriste ne débarque ici. L'incontournable version « mime » est de nouveau venue à la rescousse nous permettant d'obtenir une réponse positive ainsi qu'une explication détaillée de la route pour atteindre le web. Succès ?! Oui mais non... parce que le descriptif était en russe avec des gestes pas vraiment coordonnés et que lorsque nous nous sommes rendus sur tous les lieux pouvant un temps soit peu ressembler au plan, nous avons fait chou blanc. Retour à la case départ où nous avons opté pour une seconde tentative : les jeunes ! Y'allait bien en avoir un qui allait baragouiner deux mots d'anglais, non ?! Et bien, bingo ! Les deux premiers interpellés étaient à même de nous comprendre, seulement voilà, leur réponses ne nous convenait pas vraiment ! « Internet à Taiga ?! Ah, non, y'a pas de café Internet. C'est trop petit ! » 30 000 habitants et ils voulaient nous faire croire que c'était trop petit... On doit pas avoir les mêmes notions ! Bon, et bien là, on était dans la merdouille ! Dernier essai, juste au cas où ! « Euh, et le Wi-fi ? Peut-être ? » Alors là, on les a bien fait marré ! « Et, vous êtes en Russie, en Sibérie et encore plus à Taiga ! Alors, Internet, c'est à la maison, un point, c'est tout ! » Y'a des fois comme ça, on prend ses rêves pour la réalité... « Bon, ben, tanpis ! » Mais dans un élan de pitié certainement face à nos mines déconfites (comment allions-nous faire à Tomsk en arrivant à 23h34 ?!), la fille nous a proposé de venir « checker » nos mails chez elle. Trop sympa notre sauveuse ! Voilà comment nous avons fini par obtenir le numéro de téléphone de notre accueillant et avons mis le cap sur notre étape suivante : trouver un téléphone !

Parcourant les deux artères principales de la ville à la recherche d'une cabine ou d'une nouvelle bonté d'âme prête à nous tendre son mobile, nous nous sommes retrouvés dans sur la place centrale où jouait un orchestre... devant Lénine (la statue, bien sûr... incontournable dans toute ville de Russie qui se respecte) ! Et oui, on vous l'avait dit, c'était notre jour de chance ; cette « ville-village » qui doit être morne et inanimée 90% de l'année, fêtait ses 140 ans en grande pompe. Plus loin, nous avons même eu droit au bal populaire local où pochetrons, ados, familles, femmes BCBG se côtoyaient lors de danses endiablées... Tout ça avant d'atterrir de nouveau au supermarché où André, l'adorable propriétaire, nous a gentiment prêté son mobile pour envoyer un SMS à partir d'un clavier cyrillique. Encore un grand moment ! Avec tout ça, nous n'avons pas vu le temps passer et déjà nous devions rejoindre la gare pour attraper notre micheline ! Fallait pas qu'on la rate celle-là !

 

7 – 9 AOÛT 2010 – J+364 - J+366 – ON A FAIT DANS LA DENTELLE

 

Tout arrive à qui sait attendre et bien que nous ne l'ayons pas vraiment choisi, on a appris à attendre ! Mais pas en vain ! Malgré notre arrivée tardive à Tomsk, notre accueillant et sympathique « coushsurfeur » Artem nous attendait pour nous mener à l'appartement qu'il nous prêtait gentiment. Un appartement rien qu'à nous, la classe ! Bon, le premier soir, on a continué d'être maudits parce qu'une fois de plus, il y avait un souci avec l'eau chaude et nous avons eu de nouveau droit à la « délectable » douche au baquet ! Heureusement qu'ils ont tous une bouilloire dans ces contrées ! Enfin... le cycle infernal sera rompu le lendemain par une douche chaude sinon brûlante en jets ininterrompus... Un délice que nous avions presque fini par oublier !

A croire que la guigne nous poursuivait..., le lendemain matin, nous avons assisté à une véritable déluge. On aurait dit qu'il faisait nuit en plein jour. Mais un coup de vent plus tard, le soleil revenait, nous permettant d'aller à la rencontre des particularités de la ville : ses maisons en bois. Tomsk, ville étudiante de Sibérie d'environ 500 - 600 000 habitants, est en effet réputée pour son architecture traditionnelle en bois où les moindres détails donnent une impression de dentelle aux constructions. Et grâce à notre hôte, sa femme et un de ses amis, nous avons eu le plaisir de contempler de nombreux spécimens, toujours plus soignés les uns que les autres ; certains ayant été expressément rénovés en 2004 pour la venue d'Angela Merkel en compagnie de son copain Vladimir Poutine. Une église luthérienne, toute belle, toute neuve, a même été construite pour l'occasion mais la chancelière ne souhaitant pas mélanger affaires et religion, elle n'a pas jeté le moindre coup d'œil au superbe édifice en bois.

Hormis la spécificité de son urbanisme, Artem nous a également révélé un autre phénomène extraordinaire comme la Russie sait si bien en faire : une ville fermée ! Oui, fermée ! Il s'agit d'un centre nucléaire très important de Sibérie autour duquel une cité a vu le jour et autour de laquelle des barrières ont été érigées pour en réguler l'accès. Comme une base militaire en gros mais avec plus de 100 000 habitants à l'intérieur de l'enceinte et tout ce qui fait qu'une ville vit (magasin, école...). Rien que ça ! Pour y accéder, chaque citadin, muni d'un permis spécial pour vivre en ces lieux, doit se soumettre au barrage militaire à chaque entrée, montrant patte blanche en toute circonstance. Pour les têtes de linotte qui auraient omis de prendre avec eux leur autorisation d'entrée, coups de fil à la famille, aux voisins ou toutes autres connaissances susceptibles de récupérer leur papier magique et de leur amener aux grilles de la ville, s'imposent. Bon, dans ces conditions, vous vous doutez bien que montrer l'appareil photo n'aurait pas été des plus judicieux, alors, on s'est contenté de regarder le spectacle des longues files de voitures en train de rentrer chez elles sous le regard inquisiteur du bataillon d'armée local.

9 – 11 AOÛT 2010 – J+366 - J+368 – DERNIER TRONÇON

 

Tout juste le temps de souffler hors du train que nous y étions de retour sur le quai pour l'ultime tronçon, la dernière étape : Moscou ! Mais avant de sentir l'inexorable fin, nous avions encore quelques 53 heures de trajet devant nous. Un voyage hors du temps... en suspension entre la Sibérie et l'Oural, entre l'Asie et l'Europe (séparation notifiée par un obélisque blanc le long de la voie pour le détail, mais trop vite passée pour le prendre en photo...).

Bon, on ne vous refait pas les classiques de nos activités pour tuer le temps, vous devez commencer à les connaître maintenant et nous aussi... Si nous parlions plutôt des nouvelles ! Et oui, ce séjour prolongé (1 nuit ne pouvant être ici considérée que comme une brève étape sur cette ligne ferroviaire !) nous a dévoilé comment la vie s'organisait à bord afin de faire varier les plaisirs une fois les heures de sommeil et de lecture rattrapées. Bien sûr, on a commencé par faire connaissance avec nos « voisins de couchette » ! Et nous sommes très bien tombés. Deux adorables femmes d'âge mur dont une accompagnée d'un garçon de 11 ans se sont occupées de nous comme deux véritables mamans ! Dès notre arrivée, elles nous ont expliqué comment organiser notre lit (la nécessité de mettre des sangles pour ne pas tomber la nuit, le sens pour se coucher afin d'éviter les courants d'air... On dirait pas comme ça mais c'est technique !), se sont empressées de demander à l'hôtesse deux tasses à café et ont surtout passé leur temps à nous gaver le gosier. Hop, un gâteau par-ci, hop, des pignons de pin par-là... Hop, des bonbons, du fromage, des pommes, du café, de la glace... Elles n'ont pas arrêté et impossible de leur résister ! Et à peine les avions-nous remercié par une petite tour Eiffel en porte-clef que nous en recevions un également en retour, un « protecteur » pour la fin de notre voyage. Encore une fois des gens adorables !

Bien sûr, on n'est pas restés bloqués comme des andouilles dans notre « cabine » pendant trois jours ; chacune de nos journées ont été ponctuées par des arrêts « longs » (de 20 minutes à 40 minutes environ) nous permettant de prendre l'air. Ce n'était pas que l'air était irrespirable dans le train mais rester confinés dans un espace de quelques 6 – 7 m² en compagnie d'inconnus, aussi adorables soient-ils, aurait pu finir par nous taper sur le système, alors, on a préféré être prudents. Et comme cela, on a pu constater l'autre vie du voyage, celle des quais. Ander pouvait ainsi se dégourdir davantage les doigts sur sa « gâchette » pendant que je procédais au ravitaillement auprès des différents marchands ambulants russes qui attendaient impatiemment la clientèle sur le quai. Mais en comparaison à leurs compères mongoles, ils étaient plutôt calmes... enfin, tout du moins, sur les quais, parce qu'à bord, armés de stocks en tout genre (pulls, boites à bijoux, sacs à main, livres, nourriture...), ils se sont avérés beaucoup plus loquasses pour recruter le chaland. Bien qu'ils n'aient pas eu à forcer beaucoup, les passagers, errant du wagon-restaurant à leur couchette, de leur couchette à la prise de courant pour recharger leur batterie, de la prise au « samovar » (la bouilloire traditionnelle russe), étaient prêts à se laisser séduire par un peu d'animation, tant commerciale soit-elle ! Et nous avec forcément ! Surtout que nos adorables compagnes de voyage étaient friandes de shopping, se faisant une joie de nous embarquer avec elles dans leurs dépenses. Essayage... négociations... marché conclu...

En toute convivialité ! D'ailleurs, parfois plus que convivial... En tout cas, plus qu'Ophély ne l'aurait souhaité. Patientant le temps de charger la batterie de l'ordinateur sur l'un des « plugs » situés au niveau des toilettes, la compagnie inattendue d'un russe bien lourdaud est venue la distraire. Distraction somme toute relative puisqu'il s'est avéré un peu trop entreprenant. Ah, les Russes, ils vont droit à l'essentiel ! En moins de temps qu'il le faut pour l'écrire, Ophély s'est vu proposer... une partie de jambes en l'air ! Elle a eu beau gentiment tenter de lui faire comprendre que ça ne l'intéressait pas, y'a pas eu moyen de le décourager et avant de finir par lui mettre une tarte, elle a déserté les lieux. Si seulement, il avait été séduisant. Mais rien du tout, il était moche comme un pou et empestait la cigarette ! Qui a dit que l'on s'ennuyait à bord du Transsibérien !

11 – 15 AOÛT 2010 – J+368 - J+372 – TERMINUS... MOSCOU, TOUT LE MONDE DESCEND !

Pour y goûter jusqu'au bout

Notre escapade dans la capitale a commencé par des complications logistiques. Nous qui pensions passer à travers les lourdeurs administratives russes, on s'était mis le doigts dans l'œil. Non seulement, tout étranger doit montrer patte blanche pour obtenir un visa hors de prix payé exclusivement rubis sur l'ongle avec des dollars en excellent état et datant de moins de 1991 (sous peine de ne pas être acceptés) mais il doit aussi se plier à un enregistrement de ce même visa dans chaque ville où il reste plus de 72 heures. Et quel enregistrement ! En tout cas pour nous qui restions dans un appartement privé, loué par nos amis Moldaves Olga et Victor... De la poste locale à la poste centrale, nous avons donc commencé le parcours du combattant et tenté de courir après notre timbre d'enregistrement de visa. En vain ! La première n'était pas habilitée et la deuxième nous demandait carrément la présence du propriétaire de l'appart. Et puis quoi encore ! Qu'ils aillent se faire voir ! On a décidé de se la tenter « rebelle au pays des soviets » en risquant les explications aux douanes si elles se décidaient à ne pas vouloir nous laisser sortir...

6 pieds sous terre !

Cette expérience nous a au moins offert de nous balader dans les vastes stations aérées du sublime métro moscovite dès les premières heures. Et quelle visite ! Il est de renommée internationale que le métro de Moscou est une véritable œuvre d'art mais il faut le voir pour bien en prendre la mesure ! En plus d'être magnifique avec ses plafonds ornementés, ses lustres dignes de Versailles, ses sculptures propagandistes, ses murs de marbre et ses escalators interminables, il est également d'une ponctualité à toute épreuve. Il nous a fallu tenir bon pour ne pas verser une petite larme en pensant à notre pauvre réseau RATP.

Good bye Lenine !

Nous ne pouvions envisager une visite de Moscou sans penser à assouvir notre appétit d'histoire soviétique et nous nous sommes concentrés à parcourir minutieusement les différents sites en hommage aux heures de gloire de la CCCP (URSS en écriture cyrillique). Tout d'abord, on s'est accordés une petite visite du côté du marché « Izmaylovo » pour chiner dans les stands divers objets d'époque. On a davantage fini entourés par quantités de « matrioschkas » et autres gadgets à touristes « made in China 2010 » mais nous avons quand même pu observer quelques intéressants spécimens ; de l'incontournable « chapka » au pin's « Micha 1980 » (mascotte des JO de Moscou) en passant par la combinaison orange de cosmonaute.

Nous avons également mis les pieds dans le Parc Muzeon des sculptures, « cimetière » arboré de nombreuses statues soviétiques (tous les grands de l'époque y sont : Staline, Lénine, Brejnev... et même le fondateur du KGB) démantelées en 1991 comme l'a été l'ex-URSS.

On a aussi tenté de reconstituer le jeu des 7 gratte-ciel de l'ère stalinienne : le ministère des Affaires intérieures, un hôtel, l'Université... Bien tenté mais « game over » ! Seulement 3 sur 7 !

Plus tard, partis pour aller voir l'une des plus grandes tours auto-portées au monde (plus de 500 et quelques mètres), on s'est retrouvés par hasard au pied de « Sovietland » ! Communément appelé « exposition des réalisations économiques de l'URSS », cet immense parc est un hymne à la gloire soviétique. De la navette spatiale Proton au Yakovlev 42, les plus grandes réussites du bloc de l'Est sont exposées en grande pompe ; même les lampadaires représentent des épis de blés ! Mais l'intérieur des grandioses pavillons de chaque « province » de l'ex-URSS relèvent plus du mercantilisme occidental que de l'idéologie socialiste.

Enfin, après Ho-Chi-Minh au Vietnam en 2005 et Mao à Beijing en 2010, on ne pouvait manquer de boucler le trio gagnant en allant voir de plus près le troisième « cireux » communiste de la planète : Lénine. Sagement allongé depuis 86 ans, Vladimir Ilitch, de son vrai nom de famille, continue de servir la cause comme relique sacrée depuis son mausolée.

La crème de la « Krem »

Ayant assisté comme bon nombre de Français à la conférence de presse « tout sourire » de Nicolas Sarkozy après son entrevue avec Vladimir Poutine, nous voulions nous aussi être reçus à coup de vodka dans les antres du pouvoir russe. Nous nous étions levés tôt et mis sur notre 31 (nos tenues Quechua les moins froissées) pour l'occasion, surtout qu'on nous avait promis une démonstration militaire en grande pompe. Mais voilà que malgré toutes ces précautions, le « Kremlin » avait décidé exceptionnellement d'offrir un jour « off » à ses soldats. Nous les avons malgré tout bien vu défiler mais aux bras de leurs mamans et copines, leur faisant découvrir l'enceinte à l'occasion de la « journée portes ouvertes ».

Face à cette déconvenue (nous qui pensions que notre blog internationalement réputé nous avait fait entrer dans le cercle intime des « stars »), nous avons été obligés de nous rabattre sur la relève de la garde au niveau de la flamme éternelle où les jumeaux sont spécialement appréciés lors des recrutements afin de permettre une symétrie parfaite.

Bon, cela n'a en rien entaché notre découverte des lieux. Ancien centre de l'Église orthodoxe, l'enchevêtrement architectural était superbe. Le jaune poussin des bâtiments officiels contrastait avec le blanc immaculé des édifices religieux et le rouge pourpre des murs d'enceinte. En revanche, on a du se contenter d'une pomme ramassée dans les jardins en guise d'apéritif. On a bien essayé de se faire inviter par Dimitri mais on a plutôt été accueillis à coups de sifflets (pour revenir dans la partie autorisée aux touristes) qu'à coups de vodka.

Les pieds en feu d'avoir parcouru de long en large le cœur de la Russie et le corps en nage face à une température extérieure supérieure à 35°, nous avons bien été tentés d'achever cette visite par l'activité estivale moscovite : la baignade dans les fontaines du jardin Alexandrovsky. Mais au lieu de ça, nous avons choisi de continuer à nous martyriser de chaleur... au niveau de l'estomac cette fois-ci en s'enfilant une gigantesque patate traditionnelle (cuite au four et agrémentée des toutes sauces diverses et variées) de chez « Kartoshka » !

Belle à en rougir !

Qui dit « Kremlin » dit « Place Rouge » ! Comment décrire la, certainement, plus belle place au monde sans lui porter préjudice ?! Impossible. Une fois de plus, nous ne pouvons que vous renvoyer vers les images... pour vous faire une idée de cette mosaïque incroyable entre les dômes bulbeux multicolores de la cathédrale Basile-le-Bienheureux (le simple d'esprit qui avait prédit à Ivan le Terrible qu'il serait damné après avoir assassiné l'un de ses fils et qui avait raison...), les clochers élancés aux étoiles rouges (étincelantes la nuit) du Kremlin, la façade enguirlandée du célèbre « goum » (où chacun se rue pour admirer cet étalage des plus grandes marques), le sobre mausolée du père du communisme Lénine en personne... Il nous a fallu plus d'un tour à 360° pour en avoir une vision intégrale. Et encore... si l'on peut prétendre avoir fait le tour de la myriade de détails architecturaux.

Il a bien fallu rentrer...

Après un gargantuesque buffet à volonté pour goûter une dernière fois à la gastronomie russe, nous nous sommes sentis obligés (trop dur !) de retourner fouler la place Rouge une dernière fois. Surtout qu'un petit Cognac directement apporté de Moldavie par nos amis Olga et Victor avait revêtu sa plus belle robe spécialement pour nous. Nous ne pouvions pas faire autrement que de trinquer à notre santé assis sur les pavés (comme le demande la traditionnelle photo porte-bonheur) ! « Noroc » !

Tout juste le temps de digérer que nous étions déjà en route vers l'aéroport international de Domodedovo où notre dernier enregistrement, notre dernier passage de douane, notre dernier vol (l'escale à Londres compte pour du beurre)... nous attendaient ! Cela commençait à faire trop de « dernier » à notre goût ! Nous ne pouvions plus le nier, ça sentait clairement le sapin ! Et pas que dans l'expression en plus puisque les fumées « catastrophiques » diffusées sur tous les médias européens (et que nous n'avions pas vu de tout notre séjour dans la capitale russe) étaient réapparues ! Peut-être pour nous signifier qu'il était temps de rentrer...